‹ La Crise CotonnièreChapitre 31 sur 53 · En 1931, sur le marché de Lyon · texte numérisé non relu

En 1931, sur le marché de Lyon

Moyenne Viscose le: choix 150 D. ......................... fr27805 Coton jumel 84 100 ?2peigné .................. tr.53 .20

Une réduction certaine du coût de revient est à prévoir dans l’industrie du textile artificiel, et cette réduction sera sûrement plus rapide que celle qui pourrait résulter pour le coton d’une modification de l’organisation de la production où l'outillage n'intervient dans les prix de revient que pour une très faible part.

Dans de telles conditions, il est certain que la consommation de soie artificielle ne devait pas se ressentir de la crise pour les objets de nécessité où elle entrait en concurrence avec le coton.

Nature de l’industrie de la soie artificielle.

Un autre facteur expliquant la résistance actuelle de cette industrie et la rapidité de son développement réside dans sa nature elle-même. Employant des matières premières bon marché, souvent faciles à se procurer sur place, la nouvelle industrie devait tout naturellement avoir une place privilégiée dans la politique de nationalisme économique qui fait rage depuis la guerre.

Quelques chiffres permettent de mesurer l’extension géographique de cette industrie

En 1913 l’Europe fournit 84% de la production mondiale en 1925 ) 43% »

en 1930 » 30% »

Capitaux inveslis el organisalion de la production.

Les énormes investissements de capitaux! el leur extraordinaire enchevêtrement dans l’industrie de la soie arti-

1. Ces investissements étaient évalués à livres sterlings : 170.000 .000 en 1932 et se répartissaient ainsi :

HDALSSUMIS EPP EEE 63.000.000 ENS oooppeave 11.350.000 Grande-Bretagne : 46.000.000 Allemasner.r € 10.950 .000 Italie : 24.000.000 . 24.000.000 DNS ocoovoone 14.700 .000

ficielle sont encore un facteur favorable pour son développement.

Un rapprochement international des producteurs semble s'imposer dans l'intérêt de tous, rapprochement qui est facilité par la concentration de cette industrie (ainsi aux Etats-Unis, deux sociétés concentrent plus des 3/4 de la production). Dans cette organisation, on est bien obligé de voir un élément de force qui manque totalement à l’industrie du coton, sauf, dans quelques rares pays. Aïnsi, nous croyons que le fondement d’un solide et rapide développement est actuellement déjà fermement établi pour la soie artificielle. Aux prix actuels, elle est à même de concurrencer d'importantes catégories de fils de coton et de laine peignée. D'autre part, les qualités de cet article s’améliorent continuellement en solidité, durabilité et en apparence.

Cependant, il faut se garder de croire à l’antagonisme absolu entre les deux textiles. Actuellement, on estime que 20% de la production de la soie artificielle sont absorbés par l’industrie cotonnière pour la fabrication des tissus mixtes ou plaqués dont l’usage se répand de plus en plus. Donc, pour certains articles, loin de s’exclure, ils allient leurs qualités propres à leur profit réciproque.

Malgré cette note optimiste pour le coton, et malgré la confiance qu'il continue à inspirer, on est bien tenté de voir dans la soie artificielle un terrible concurrent à venir,

en raison du rythme de sa progression (v. $ 8).

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