LA CRISE DE L’INDUSTRIE COTONNIERE
Ainsi que nous l’avons déjà dit, nous n’envisageons ici, l’étude de la situation de l’industrie cotonnière que comme Je complément indispensable de celle de la crise du coton, c’est pourquoi nous nous contenterons d'indiquer les grandes lignes de l’évolution parcourue.
Depuis l’instant où nous lavons laissé, deux faits nouveaux se produisent, importants pour l’industrie, ce sont : la réduction du pouvoir d'achat de toutes les populations du globe et les désordres d'Asie.
Ces deux points étant intimement liés à la crise générale, sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d’insister; nous nous bornerons à les préciser et à corriger certaines exagérations courantes à leur propos. Ces nouveaux facteurs sont, ou paraissent être, tellement importants qu'ils ont fait oublier aux industriels les maux antérieurs à 1929 et leur font croire que la seule solution actuelle consiste à rechercher un remède à la dépression générale, alors que seul, l’état d'équilibre de chaque système d'industrie semble devoir amener le retour à des conditions meilleures.
La réduction du pouvoir d’achat ne peut être miée; cette réduction qui s'étend à toutes les classes sociales, a atteint rapidement et profondément les populations rurales en raison de la chute des prix des produits agricoles. Le cultivateur constituant le principal client des manufactures de cotonnade, les lie à son sort. À cette réduction du pouvoir
d'achat, due aux circonstances économiques générales, on
peut ajouter celle résultant de l'aggravation de la dépréciation de l’argent-métal pour l'Asie, mais c’est là une question que nous préférons étudier, à propos des remèdes à base monétaire.
Quoiqu'il en soit, la crise n’a pas eu pour résultat d’arrêter les transformations des industries asiatiques que nous avons vues en pleine activité en 1928. Malgré les circonstances, le Japon, l'Inde et la Chine continuent à multiplier leur outillage et leur production.
De 1930 à 1933, le nombre de broches croît au Japon et le nombre de métiers reste stationnaire. Durant la même pérnode és Ccroissementemwsont-de 22% etr13 07 pour la Chine etre pourrie
La progression de l’industrie chinoise est proportionnellement la plus forte, mais cela tient beaucoup à létroitesse de la base de départ.
La progression japonaise, n’est pas comme on le voit, arrêtée, quoique son industrie se développe sur un rythme plus lent. Le maintien d’une situation, somme toute favorable, ne doit pas être cherchée dans l’abandon par ce pays de l’étalon-or qui n’a pas apporté le stimulant magique qu’on attendait. Si ce pays sait maintenir ses positions, cela provient de la politique d'action énergique de ses industriels. Au lieu de se lamenter, de rechercher dans des conférences stériles, des moyens plus ou moins saugrenus de compliquer les choses, ils forcent les marchés nouveaux et assurent leurs débouchés dans les autres. La recrudescence de la concurrence japonaise a été particulièrement violente ces dernières années, au Siam, dans les îles Philippines et les Indes Néerlandaises. Récemment, les produits nippons apparaissaient sur les marchés de l'Afrique Orientale, de
l'Amérique du Sud et même d'Europe. Pour ce dernier
point, il ne semble pas qu'il faille y voir une orientation nouvelle de la politique commerciale japonaise, mais plutôt une mesure transitoire permettant d'attendre de reconquérir le marché chinois.
Ceci nous mène à dire un mot de l’influence des troubles en Chine sur la consommation de ce pays et dont on fait si souvent état pour expliquer les difficultés de l’industrie cotonnière. Le resserrement du marché chinois, sous l’influence de causes politico-économiques, n’est pas à proprement parler un phénomène nouveau, le désordre qui règne en Chine n’a pas été considérablement aggravé par les opérations militaires récentes. Seul, le boycottage des produits japonais eut pu provoquer un changement d’orientation des échanges en Extrême-Orient. Mais ici encore, il est utile de savoir quelle à été la réaction du Japon et quel a été le résultat de sa volonté inébranlable.
Pour avoir une idée de l’ancienneté et de l’importance de la réduction des importations de cotonnades, d’origine non asiatique en Chine, 1l suffit de jeter un coup d’œil sur les quelques chiffres suivants relatifs aux exportations de la Grande-Bretagne dans ce pays :
Années Tisssu de colon (en milliers de yards carrés)
101 MmoreNnne) 200 04.716
LOS AR er nee 216.370
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