‹ La Crise CotonnièreChapitre 39 sur 53 · LOS DR PCR RP · texte numérisé non relu

LOS DR PCR RP

LOS ER Er. ——

Une partie de la régression de ces importations d’origine européenne fut compensée par l’accroissement des produc-

tions nationales el Japonaises, Le boycottage des produits

nippons semblait devoir modifier les choses. Malgré les apparences, il n’en fut rien.

Ecrivant dans le Chinese Economic-Journal, M. Ho- Ping-Yin, Directeur du bureau chinois du Commerce extérieur signale que les usines cotonnières de Wuchang et de Hankow ont pour la plupart repris leur activité au début de 1933 et que leurs produits jouissent d’une bonne vente (c’est déjà là un point à méditer). Une idée de la situation générale des fabriques textiles chinoises en 1932 ressort, dit-il, de l'information qui émane de la Chinese Cotton Millowner’s Association »

QC Il y a en Chine 128 usines cotonnières, dont 84 seulement sont chinoises. Plus de la moitié du total se trouve dans la province de Kiangsu dont 28 à Shanghaï et 21 dans les autres parties de la province. Neuf sont installées dans la province du Honan, 7 dans celle de Hupch et 19 réparties dans les autres provinces. À l’exception de trois usines appartenant à une Société anglaise, toutes les autres entreprises étrangères sont japonaises. Bien que le nombre de fabriques chinoises soient plus élevé que le total des Etablissements étrangers, leurs capitaux ne représentent que la moitié environ de ceux des firmes étrangères.

…La production annuelle des fabriques japonaises atteint à peu prés la moitié de la production totale chinoise. »

Au cours de ces derniers mois(début 1933), les Japonais ont envoyé de grandes quantités de tissus de coton dans la vallée du Yangtsé, tandis que des agrandissements étaient envisagés aux usines japonaises de Tsingtao. »

Plus profonde a peut être été, la modification du marché hindou depuis 1928. Les droits d'entrée décrétés en 1927, à l’instigation des nationalistes, se montrèrent insuffisants

à arrêter l’afflux des tissus anglais et japonais. La campa-

gne de Gandhi en 1930 préconisant le boycottage des fiiés et des tissus étrangers de toute origine amena une amélioration de la situation locale et une réduction massive des importations. La Grande-Bretagne supporte la presque totalité de la diminution des importations de filés et se trouve être la principale victime du boycottage des tissus. Le Japon maintient ses positions de 1929 pour les flés, perd un peu pour les tissus, mais améliorait en 1931 sa participation relative de 18 %,. Ainsi, les droits d’entrée qui avaient été portés à 20 % de la valeur en 1931, constituaient une barrière très sérieuse pour les produits du Lancashire. Récemment (en juin 1933) l’industrie cotonnière anglaise a enregistré aux Indes, un sérieux avantage sur le Japon. Le gouvernement des Indes procéda en effet à une revision de ses tarifs douaniers concernant les articles de coton et augmentent considérablement les droits des marchandises de provenance non britannique. Le droit d’entrée en question est porté, en ce qui concerne les cotonnades brutes écrues de fabrication étrangère à 75 % ad valorem avec minimum, pour les autres, le droit est porté à 75 % sans minimum. Les cotonnades anglaises sont donéravant frappées d’un droit de 25 % ad valorem. L'industrie de Lancashire se trouve donc fortement avantagée vis-à-vis de ses concurrents étrangers sur le marché hindou. L’avenir seul indiquera le bénéfice résultant de cette nouvelle mesure pour la Grande-Bretagne, pourtant, nous ne pensons pas qu’elle constitue un événement modifiant à l’avenir les échanges en Extrême-Orient. En effet, la nouvelle orientation de la politique hindoue est due à la pression toujours plus grande de la concurrence japonaise sur le marché considéré, elle s'inspire du désir d’écarter un con-

current redoutable pour l’industrie locale, en conservant

le fournisseur dont elle à encore besoin et qu’elle sait pouvoir éliminer aisément quand le pays sera en mesure de se suffire à lui-même.

En résumé, la crise n’a pas empêché le Chine et l’Inde de poursuivre leur essor. Le Japon a marqué un léger temps d'arrêt, mais au moindre signe d'amélioration de la situation générale, il faut s'attendre à le voir reprendre ses conquêtes. L'industrie cotonnière de la Grande-Bretagne souffre d’un malaise chronique qui ne cesse de s’aggraver. Il est à craindre que les petites concessions consenties au début de 1933 par les Trade-Unions, dont nous avons parlé précédemment, et les nouveaux tarifs douaniers hindous ne répandent dans le Lancashire une vague d’optimisme exagéré entravant toute réduction de l'outillage.

Nous ne parlons pas de la situation aux Etats-Unis, l’industrie cotonnière américaine travaillant en champ clos se trouve dépendre uniquement de la situation générale de la République.

Nous savons que devant la restriction générale de la consommation individuelle, les planteurs font, pendant plusieurs années, un effort insignifiant pour réduire Ja production, mais les industriels en font un encore plus dérisoire pour réduire leur outillage. Voici quelques chiffres qui permettent de se rendre compte de l’incompréhension

totale de la situation de la part des usiniers :

Année 1927 1930 1931 1932

Broches existant dans les filatures (énEnNTNIeTS EPP CENT EE T 172.623 166.263. 160.021.162-463

Métiers existant dans les tissages CID ee 2.228 3.085 2.964 3.021

Ainsi, au point de vue de l'outillage, l’industrie coton-

nière se trouve en 1933 dans des conditions presque aussi

désavantageuses que celles de 1928. Cet état de chose actuel n’est pas seulement préjudiciable à l’industrie, mais encore à la culture cotonnière. L’excès des machines réduit au chômage, pèse sur les prix et empêche une baisse qui permettrait un accroissement des débouchés. De plus, l’abondance des moyens de transformation persuade le planteur de la nécessité d’une production semblable de matière première et crée un état d’esprit hostile à la réduction des cultures du coton. Enfin, au moindre signe de reprise, on assiste à une demande exagérée de coton brut, provoquant une hausse considérable et factice des cours, ce qui, en définitive, est préjudiciable à tous.

Après cette étude très rapide de la crise cotonnière depuis 1928 dans laquelle nous nous sommes efforcés d’analyser les facteurs importants nouveaux, évitant une énumération de faits dont beaucoup n'ont qu’un caractère passager, nous croyons possible, quoique cela soit toujours dangereux, de risquer quelques pronostics sur son avenir.

En raison de l’intensité de la crise générale, il est probable que la courbe de la consommation restera pendant un certain temps encore sensiblement horizontale. La réducton des stocks doit donc être demandée uniquement à la baisse de la production, mais il est à redouter que le léger mieux enregistré ces deux dernières années dans la réduction des ensemencements de coton, ne se trouve annihilé par la politique interventionniste des Etats-Unis. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point.

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