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L'intervention sur le marché

La politique d'intervention pour la revalorisation d’un produit n’est pas un fait historique nouveau, mais qui à pris depuis quelques années une importance énorme. Sans reprendre l’étude de ces tentatives dont la plupart sont connues de tout le monde, il est bon de rappeler que toutes (à une ou deux exceptions près) ont subi le même sort : l'échec complet.

Les manœuvres du pool canadien pour retenir en dehors du marché de grandes quantités de blé et soutenir les prix n’ont pas vu un jour meilleur. Ce qui se produit toujours en pareil cas se produisit ici. Les prix, après avoir marqué

1. Econornisie français. 12 août 1933 « Le Drame américain ». 2. Ajouter les nouveautés par prix liés au dollar.

une ascension rapide, tombaient bien au-dessous du niveau auquel ils s'étaient maintenus avant sa création, et le Canada fut amené à la liquidation d'énormes quantités de blé.

La manipulation artificielle du marché du cuivre aboutit ainsi que nous l’avons déjà vu, à un résultat désastreux. La Copper Exporters, avait réussi, de juin 1927 à avril 1929 à élever les prix du métal de 12 1 /2 cents par livre à 24 cents et à le maintenir à 18 cents jusqu’en avril 1930. Mais comme on devait s’y attendre, cette hausse artificielle des prix stimula la production. Le résultat fut que la restriction de la demande pour le cuivre depuis la fin de 1929 ne fut pas accompagnée par une semblable réduction de la produclon. Les prix finirent par baisser sous l'influence du grossissement des stocks avec la rapidité que l’on connaît.

A côté de ces procédés d'intervention directe sur le marché, se place l’intervention indirecte sous forme de primes à la sortie.

Le Brésil, suivant en cela l'exemple du Chili pour les nitrates (augmentation des prix à la sortie par prélèvements et primes) est venu en aide à ses producteurs de café. Cette pratique étrange est purement artificielle. Toute charge destinée à majorer le prix de la marchandise tel qu'il résulterait de la libre concurrence peut agir comme un frein à la consommation ou comme stimulant pour créer une production concurrente, c'est ce qui se produisit effectivement. M. Daniel Serruys estime que toutes les mesures de restriction à la production, comme les prélèvements et primes à la sortie, ne font que bénéficier à |’ « outsider ».

Nous étudierons successivement, en ce qui concerne le

coton, les interventions sur le marché américain et sur le

marché égyptien, les deux séries de mesure s'étant opérées dans des circonstances différentes, ce qui n’empêcha pas

l’une et l’autre d'amener les plus déplorables effets. À. L'intervention sur le marché américain.

Nous savons que les Etats-Unis d'Amérique, constituent le premier producteur de coton; la baisse des prix de ce produit devait donc toucher gravement ce pays. La situation des producteurs américains est rendue encore plus grave par le fait déjà signalé, que la consommation mondiale du coton américain est en diminution, tandis que celle du coton d’autres provenances, n’a pas varié sensiblement.

La politique de retenue instantanée à la suite de ces circonstances débuta par la création de coopératives, lorsque les cours américains oscillaient entre 20 et 25 cents. Le marché ayant fléchi dans les environs de 14 cents, les coopératives qui portaient non seulement du coton brut, mais encore du termé qu’elles avaient accumulé pour soutenir les cours, se sont trouvées en si mauvaise posture, que l'intervention officielle s’imposa presque. « L’Agricultural Marketing Act » du 15 juin 1929, constitua le «€ Federal Farm-Board » dont l’action devait aider l’agriculteur américain à sortir de sa situation difficile. Le but était de mettre l’agriculture sur un pied d’égalité économique avec l’industrie. Pour réaliser ce dessein, deux grands moyens d'action avaient été proposés : développer les méthodes les meilleures pour assurer la vente des produits agricoles, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et chercher à protéger, à contrôler et à stabiliser les courants commer- Caux.

Pour l’application de cette politique à toute l’agricul-

Lure américaine, quatre méthodes avaient été explicitement prévues :

1° Réduire la spéculation sur les céréales;

2° Assurer l'emploi, dans la répartition, des méthodes les meilleures et éviter le gaspillage ;

30 Grouper les producteurs dans des associations afin de mieux assurer l’unité d’efforts pour la vente et favoriser l’établissement et le financement d'un système de vente agricole par le moyen d’associations coopératives appartenant aux producteurs et dirigées par eux;

49 Aider, par la pratique, d’une production et d’une répartition ordonnée, à prévenir la formation d’excédents dans les diverses branches de la production agricole, les contrôler de facon à ce que les marchés intérieurs restent avantageux et que les excédents d’un produit ne nuisent pas au prix de vente.

Cet institut de sauvetage devait s'occuper des produits les plus divers, mais les céréales et le coton constituaient la majeure partie de ses occupations.

Rien ne pouvait être aussi encourageant que ce programme permettant de favoriser la vente effective sur le marché des produits agricoles. De plus, il faut bien le reconnaître, les Etats-Unis qui produisent 50 % du coton récolté dans le monde, dont les ressources financières paraissent alors illimitées, pouvaient croire à la possibilité d’influencer les prix en intervenant sur le marché. Si l’opération qu’on allait entreprendre n’était soutenable, ni théoriquement, ni financièrement, les raisons qui la condamnaient n'étaient pas de nature à frapper et à convaincre l’opinion publique et à en empêcher l’exécution.

Le programme primitif tracé à l’activité du « Federal Farm-Board » ne fut pas d’ailleurs scrupuleusement res-

pecté, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par la lecture des comptes rendus annuels du « Federal Farm-Board ». Ces comptes rendus, en plus de leur utilité pour connaître la nature exacte de la politique suivie permettent de saisir sur le vif, les difficultés avec lesquelles le Board a eu à lutter, les changements d’orientation de son action, enfin les aveux d’impuissance de ses dirigeants qui non seulement faisaient prévoir la faillite de cette tentative, mais démontrent l’impossibilité de réussir aucun essai analogue.

Le moyen capital auquel le Board eut recours tout d’abord fut la constitution d’un système d’associations coopératives de vente appartenant aux producteurs et gérées par eux, associations assez importantes pour réaliser les économies qui résultent d'opérations effectuées sur une grande échelle et pour exercer un contrôle effectif sur la vente de chaque production. Durant la première année de son existence, le Board a consacré la plus grande partie de son activité à les constituer. Au moment de son entrée en fonctions, 1l existait aux Etat-Unis environ, 12.000 coopératives agricoles de vente, dont le plus grand nombre ne possédaient qu’un faible rayon d’action. Le Board s’est employé à encourager leur groupement en associations régionales et nationales, susceptibles d’adopter des plans uniformes pour la vente de leurs produits; il en est ainsi arrivé à faire créer des organismes nationaux de vente coopérative pour divers produits, dont le coton.

A côté de ces mesures prises pour perfectionner le système de vente, le Board en a mis d’autres en œuvre à l’effet de réduire la production excédentaire et d'atteindre à la plus grande stabilité des prix possible.

Le but envisagé primitivement n’est pas la stabilisation

si l’on donne à ce mot le sens d’une égalisation ou d’une fi-

LES REMÉÈDES 139

xation rigide des prix, mais une action stabilisatrice qui aurait pour effet de limiter les fortes variations de prix et d’amortir les chocs résultant de violentes fluctuations. Ge résultat ne devait d’ailleurs être recherché que dans la mesure où il pouvait réellement profiter au fermier, non seulement au moment de l'intervention, mais durant un certain nombre d'années.

Cette action assez modérée devait se modifier devant le développement de la crise générale non prévue quand fut institué le « Cotton Stabilization Corporation ».

Lorsque se produisit la crise des valeurs boursières, les prix tombèrent rapidement. Il fallut protéger les fermiers et prévenir un recul général du prix des produits agricoles, recul qui aurait eu des répercussions sur la situation économique des Etats-Unis dans son ensemble. C’est pourquoi le Board prit la décision d'offrir aux coopératives de leur faire des prêts complémentaires, c’est-à-dire, complémentaires à ceux faits aux fermiers par les banques. De plus, il entreprend des opérations pour son propre compte et cherche à « barrer les prix » en se déclarant prêt à racheter à un prix fixé à l’avance.

C’est alors que commence la période difficile, malgré la situation privilégiée dont bénéficie le Board. Cette colossale entreprise subira le sort des expériences précédentes.

Les achats du Board augmentèrent rapidement et à tel point qu'il s'était déjà, à la date du 15 mars 1931, engagé pour 156.000.000 de dollars pour la stabilisation des céréales, 65.000.000 de dollars pour celle du coton et 250.000.000 pour les autres produits, soit en tout pour 471.000.000 de dollars sur les 500.000.000 de dollars votés par le Congrès.

Malgré l’ampleur de l'opération, les prix continuaient

à baisser. « L’explication de ce désastre est que le barrage

a cédé; la masse qu'il devait contenir est trop grande, elle continuait à s’écouler sur le côté avant que le barrage fût lui-même emporté! ».

Quoi qu'il en soit, le « carry over » augmentait chaque année et cette institution viciée à la base non seulement était impuissante à l’éviter, mais favorisait l'augmentation de la production. En achetant à un prix fixé à l’avance, on donnait au producteur la certitude de s'assurer un bénéfice et dans une pareille période d'incertitude, il donnait naturellement la préférence aux produits sûrs. Il suffit de consulter les chiffres de la production américaine en 1931 et 1932 pour être convaincu de ce fait. Cette production excessive entraîna l’effondrement des cours.

Les rapports annuels du Conseil fédéral agricole font ressortir les difficultés où le gouvernement américain se débattait pour réglementer les cours.

Voici quelques extraits édifiants :

19 Au cours d’une opération de stabilisation, il est inévitable qu’une quantité considérable du produit doivent être retenu si on tient à exercer un effet matériel sur le marché. De plus, l’accumulation de telles quantités, qui appartiennent presque entièrement à l’offre visible, exerce une influence adverse sur les cours.

L'annonce que ces accumulations ne seront pas mises en vente, ne suffit pas à rassurer les acheteurs, à moins que le volume ainsi retenu ne mette entrave à l’achat d'offres en harmonies avec la demande. Même dans ce cas, la demande diminue ou se limite aux besoins immédiats et

les achats à terme en vue des besoins à venir, sont réduits

d'autant.

1, Rapport de M. Serruve,

2° Ces achats effectués sur le marché au comptant ne peuvent pas eux-mêmes maintenir les cours; d’autre part, ils font beaucoup de tort aux opérations légitimes faites sur le marché à option car ils détruisent le parallélisme des cours au complant et des cours à terme. Dans ces conditions, toute opération de stabilisation doit s'effectuer sur toute la ligne, le résultat inévitable étant d’entraîner des achats à terme considérables.

30 Des opérations sur le marché à terme ayant été commencées, 11 est impossible de trouver un endroit favorable où s'arrêter.

40 Le problème de l’emmagasinage présente de sérieuses difficultés au cours des opérations de stabilisation.

9 Les opérations de stabilisation qu’effectue une corporation, telles qu’on les considère généralement, se traduisent d'habitude par des achats et non des ventes.

Il en est particulièrement ainsi quand les cours sont bas et le marché actif. Les ventes tendent rapidement à faire baisser les cours et les planteurs s’en plaignent vivement.

L'ancien président des Etats-Unis M. Coolidge, a fait preuve de vues économiques pleines de sagesse, lorsqu'il a démontré, dans une étude publiée en août 1930, que les efforts faits en vue de contrôler arbitrairement les prix des produits, sont loin d’avoir été couronnés de succès, il en donne les raisons suivantes! :

« La valeur est une question d’opinion et les travaux des Congrès n’ont qu'un bien faible pouvoir sur ce que les hommes pensent ».

Lorsque le consommateur achète un produit, ce produit sort du marché el disparaît. Lorsque les institutions publiques ou privées achètent en vue de fixer un prix arbitraire,

1, Cité par M. Abu Steit dans La politique cotonnière de l'Egypte.

le produit reste encore sur le marché. Chaque consommateur sait cela et attend la revente. En soutenant les prix, on ne fait qu’user d’un expédient de caractère local ou provisoire qui ne peut, habituellement, que rendre les choses pires qu'elles ne l’étaient.

Mais parce que le tout est plus grand que la partie, même le Trésor des Etats-Unis n’est pas assez puissant pour fixer d’une façon arbitraire les cours des grands produits mondiaux avec un succès permanent.

En 1931, la situation créée par le Board était telle que le Congrès international du coton de Paris a émis le vœu suivant

«€ Considérant que ce Congrès, comprenant les représentants de plus de vingt nations intéressées dans la filature et le tissage de coton, estime unanimement qu’une évolution normale des prix, exclusivement déterminée par la loi de l'offre et de la demande, est conforme aux intérêts des deux parties sur le marché cotonneir.

» Considérant que le Congrès à donné la plus grande attention à la situation dérivant du fait qu'environ 3.000.000 de balles de coton américain sont contrôlées par la «Cotton Stabilization Corporation » et par les associations coopératives cotonnières.

» Il est décidé que ce Congrès fait respectueusement appel au « Federal Farm Board » pour que, en vue de corriger les récentes interventions qui se sont produites sur le marché du coton, le « Federal Farm Board » annonce un programme défini dans lequel 1l déclarera que le coton devra être vendu quotidiennement par quantités déterminées qui ne seront pas assez considérables pour troubler le marché ».

M. Arno $. Pearse dit de son côté ;

€ L'intervention du gouvernement sur le marché des Etats-Unis a été désastreuse el elle exercera probablement un effet plus déprimant encore dans un avenir rapproché. Le gouvernement américain à détrôné le « King Cotton » et institué une dictature à caractère socialiste. Il a spéculé sur le coton plus que ne l’ont jamais fait les « Trusts Privés».

Les vœux et la tendance de l’opinion publique n’eurent d’ailleurs pas pour effet d'améliorer sensiblement les choses et même Jusqu'à un certain point, le troisième rapport annuel du « Farm Board » masque un recul de ses dirigeants dans la voie où 1ls semblaient vouloir s'engager.

En stabilisation, l’opiuion du Board est moins favorable. Dans ses deux premiers rapports, 1l admettait nettement l’impossibilté d'aider la production par des opérations de stabilisation des prix quand il n'existe pas de contrôle à la production.

Dans sor premier rapport, le Board expliquant de la facon que nous avons vue, son insuccès dans lexpérience de stabilisation, imsistait surtout sur la nécessité de combiner les opérations au comptant aux opérations à terme.

Dans son deuxième rapport, le Board reprend :

«Les prix ne peuvent être maintenus élevés artificiellement par de telles méthodes pendant longtemps. L'expérience de ces deux dernières années montre qu'il est vain de s'engager dans des achats stabilisateurs pour plusieurs années en procédant à une accumulation; stabilisation veut dire vente aussi bien qu’achat ».

Mais le troisième rapport proclame ce fait des plus surprenants, que la stabilisation à procuré un gain de six millions de dollars.

Il y a d’abord, dit-il, une perte réelle de 239.051.478 dol-

lars, mais le gain dû au relèvement des prix est de

245.051.478 dollars, soit un gain de six millions de dollars. Ce gain, malheureusement est établi par une série de calculs théoriques recherchant les prix quieussent été praliqués sans la stabilisation. Ces calculs sont basés sur l'écart existant entre les prix enregistrés sur le marché de Liverpool et ceux enregistrés sur le marché américain. Un écart étroit est, d’après le Board le signe d’un relèvement des prix nationaux.

En plus de l'arbitraire d’une semblable étude statistique, 1l faut reconnaître que les stocks considérables constitués par le Board, et de l’aveu même de celui-ci, si l’on s’en tient à ses deux premiers rapports, ont avili les prix de Liverpool et l’écart a en effet, bien diminué, mais dans ce sens seulement. En d’autres termes, le Board n’a pas relevé les prix nationaux, mais a baissé les prix mondiaux.

De plus, en recherchant son gain, le Board oublie de tenir compte des frais permanents de stockage. D’après le compte rendu du rapport de M. C. William, fourni devant le Comité du Sénat, les frais par balle et par année sont inférieurs à deux dollars pour l’assurance et le stockage. Mais à cela 1l faut ajouter l'intérêt de l’argent investi. Le coût moyen doit être d’après ce rapport, de six dollars, soit 1 1/5 cent la livre et par an, alors que le Board se base sur le coût moyen de 1,93 dollar par livre.

En tenant compte de ces divers chiffres, M. E. Boyle estimait qu’à la clôture de son troisième exercice, le Board accusait une perte de 144.000.000 de dollars rien que pour le coton.

On voit quel était en 1932, la situation difficile de l’institut de sauvetage créé en 1929; aussi le « Farm Relief Bill », signé le 12 mai 1933 par le président Roosevelt,

prévoit-il quelques mesures destinées à le dégager des stocks énormes dont la charge est écrasantet,

Si nous avons insisté sur l’étude de cette tentative américaine, cela tient à ce qu’elle a une valeur éducative de premier ordre et que son échec est complet, malgré ce que peuvent en dire ceux qui désirent voir de telles pratiques s’introduire dans notre pays.

B. L'intervention sur le marché égyptien.

L'Egypte fournit 5 à 6 % de la production mondiale, mais en coton de choix. Longtemps trompés par la qualité même de leur produit, les planteurs égyptiens ont cru détenir le monopole de la production d’une fibre particulière dont on ne pouvait se passer. C’est ce qui explique et excuse la politique d'intervention pratiquée par les pouvoirs publics. Nous avons vu d’ailleurs ce que pense M. Todd de cette idée de la position privilégiée du coton égyptien, mais le passage suivant d’un rapport de cet expert bien connu permet de complèter sa pensée :

«La production mondiale forme aujourd’hui une espèce d'échelle avec, près du sommet, le coton égyptien, au centre, le coton américain, puis une multitude d’autres cotons de toutes variétés, s’échelonnant à la suite de l'américain ou entre celui-ci et l’égyptien, de façon qu'il existe actuellement une échelle des valeurs allant du plus bas au plus haut, d’où il s'ensuit qu'aucune classe de coton n’est à l’abri de la concurrence des autres grades d’une classe immédiatement supérieure ou inférieure. »

D'autre part, le professeur Bresciani, fut amené à conclure à la suite d’une étude statistique serrée, de l’élasticité de

1. Le LCarm Board a terminé ses opérations le 30 avril, on évalue à plus

de 50 millions de dollars la perte subie qui résultera des opérations sur le Coton, Noir Er HS SD AL06

la demande du coton égyptien, à lPexistence de celle-ci. Il s'ensuit donc, que si le gouvernement veut fixer un prix d’achat du coton supérieur au prix du marché, la demande grandement réduite l’obligera à acheter des quantités plus fortes que celles primitivement prévues.

Cet écart, entre la quantité du coton qui doit réellement être retirée de la circulation et celle que l’on pouvait estimer suffisante a décongestionner le marché avant le début de toute intervention, est encore aggravé par le fait que les filateurs adoptent dans ces circonstances la politique du minimum d'achat compatible avec leurs besoins journaliers.

Toutes ces considérations, qui semblent suffisantes pour arrêter les pouvoirs publics sur la voie fatale de lintervention, n'empêchent pas le gouvernement égyptien de céder à diverses reprises devant la poussée de lopinion. Voici comment M. Hichmat Abu Steit explique cette mauvaise orientation de l’opinion générale égyptiennet

CIT est généralement admis qu'il vaut mieux éviter les interventions consistant en achats de coton sur le marché. Cependant, estiment les partisans de l’intervention, il est des circonstances provisoires qui peuvent fausser le hbre jeu de la loi de l'offre et.de la demande rendant impérieuse l'intervention pour aussi longtemps que ces circonstances anormales dureront. Donc, les partisans n’admettent pas une intervention permanente. Mais ce qui est critiquable, de leur point de vue, c’est qu'ils exagèrent l'influence de la spéculation et la présentent comme le seul facteur responsable de toute baisse des cours du coton. Pour rendre cet

argument plus convaincant, tout au moins en apparence,

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