‹ La crise de la certitudeChapitre 39 sur 104 · Cf. S. Thomas, De Veritate, IX, 18, a · texte numérisé non relu

Cf. S. Thomas, De Veritate, IX, 18, a

LES CRITERES : 2 L'IDEE

ment contredite par l'expérience. Si nous pouvions voir tout en Dieu, il serait bien inutile de recourir à des observations multiples de la nature, comme nous le faisons, pour connaître la vérité. 11 nous suffirait de nous livrer à la contemplation intérieure de la lumière divine pour tout découvrir, tout comprendre, et édifier toutes les sciences.

Le réalisme outré des ontologistes ou des Platoni- La vérité ciens est donc faux. L'universel n'existe comme tel, Dieu, formellement, ni en lui-même, ni dans les individus, ni en Dieu ; mais il vient de Dieu, source première de toute vérité, et il se révèle à nous à travers la transparence des êtres de la nature, qui en sont autant d'expressions fidèles et variées, les mieux appropriées à notre humaine nature. En ce bas monde, nous ne voyons la Vérité que dans le miroir de la création, par le reflet plus ou moins voilé des créatures, « per spéculum et in a?nigmate >■> comme dit S. Paul \ Il nous suffit de savoir que cette lumière vient de Dieu ; or c'est ce reflet luimême qui nous révèle l'existence du foyer invisible de toute vérité, et qui nous élève jusqu'à Lui.

Telle est la lumineuse théorie que résume admirablement S. Thomas, lorsqu'il nous dit que notre science est une empreinte dans nos esprits des choses créées, comme les choses créées sont elles-mêmes une empreinte visible de la science invisible de Dieu : « Sicut scientia in nobis est sigillatio rerum in animabus nostris, ita e converso formée (rerum) non sunt nisi quaedam sigillatio divinae scientiae in rébus. ' » L'objectivité de la science humaine ne pouvait être plus solidement assise, ni plus lumineusement expliquée.

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