Taine, De l'Fntellif/ence. t. II, p
Taine lui-même, qui ne peut se tenir longtemps dans ses positions systématiques, parce qu'elles sont intenables à la raison humaine. De même qu'après avoir nié l'idée, comme une illusion de conscience, il en a rempli son ouvrage, de V Intelligence., et a constamment parlé de l'idée comme si elle existait réellement, ainsi après n'avoir admis que la connaissance des faits sensibles, il en suppose et même en défend éloquemment l'interprétation idéale par une faculté supérieure aux sens et à l'expérience. Citons au hasard ses propres témoignages :
« Le lecteur, dit-il, voit maintenant comment se forment les axiomes. Non seulement l'expérience faite avec les yeux ou avec l'imagination n'est qu un indice [\iOViV la raison), mais encore cet indice peut manquer (par exemple, dans la construction impossible d'un myriagone, dans le prolongement également impossible de parallèles à l'intini, etc.). Sous le travail de Vœil u admet externe ou interne, il y a un sourd travail mental... lleVes- Mais quoique la raison soit le véritable ouvrier de la de"s'usde conviction finale, l'indice que fournissent les sens est très précieux. Car les témoignages de l'œil et de l'imagination devancent et confirment les conclusions de l'analyse ; nous sommes conduits à l'axiome par une suggestion préalable, et nous y sommes maintenus par une vérification ultérieure. L'évidence sensible sert d'introduction etde complément à l'évidence logique *. » Très bien Imaiscommenous voilà loindu pur mécanisme de l'association des images, et comme nous nous rapprochons de cette seconde vue idéale de l'intelligence, qui lit au dedans des données sensibles, intus légère, lanatureou forme idéale qu'elles expriment! Voilà Taine devenu Thomiste et Aristotélicien sans s'en douter !