‹ La crise de la certitudeChapitre 54 sur 104 · Taine, ibid., p · texte numérisé non relu

Taine, ibid., p

telle est la loi de notre esprit, mais aussi parce que c'est la loi même des choses. La structure de l'esprit et celle des choses, loin de s'opposer, se correspondent harmonieusement. « Si l'on met en regard le monde idéal et le monde réel, on s'aperçoit que leur structure est semblable... Ainsi se justifie (le principe de l'induction) le jugement demi-scientifique demi-divinatoire par lequel nous affirmons que tout phénomène, changement, état, propriété, manière d'être, tout caractère permanent ou transitoire d'un objet a sa raison d'être... C'est sur cette supposition que se fondent tous les procédés de l'induction *. »

Acte de x4près cctte affirmation solennelle, nous ne pouvons gie, par pIus douter que Taine admette la valeur de l'induction, de"a el la valeur du principe inductif : tout être a sa raison sîqne.^ d'être, tout est explicable. Mais, si vous insistez pour ne pas vous contenter d'un acte de foi aveugle, qui rappelle un peu trop l'acte de foi de Reid en l'instinct de la nature; si vous demandez à Taine pourquoi tout a sa raison d'être, pourquoi tout est explicable, aussitôt notre philosophe se dérobe par une fin de non-recevoir : « Ici, dit-il, nous sommes au seuil de la métaphysique, 710US n'y entrons pas ^. » Pour nous, cette peur superstitieuse de la métaphysique ne nous arrêtera pas, et nous entrerons. Après avoir admis, avec Taine, que tout est explicable, il serait contradictoire d'ajouter : excepté le principe même que tout est explicable, et Taine aurait dû sentir, le premier, la confusion d'une telle contradiction.

Il nous a confessé dans un autre passage « qu'à défaut de la vue claire ;) de la convenance des deux termes de ce principe, il avait du moins « le sentiment confus

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