Cf. UAmi du Clergé, février
nature
couvrir. Comme il y a une critique grammaticale, philologique, ou bien d'art, de peinture, de musique, etc., il y a aussi une critique d'histoire : celle qui doit nous occuper ici.
La recherche de la vérité en histoire, ou la critique historique, n'est pas une nouveauté. De tout temps, les hommes ont eu besoin de connaître la vérité historique, et l'ont recherchée par des moyens plus ou moins primitifs, plus ou moins perfectionnés. Mais cet art si délicat, si susceptible de perfection croissante, a pris, dans le cours du siècle dernier, un tel développement et de telles proportions, en présence de la richesse de plus en plus encombrante des manuscrits sortis de la poussière des bibliothèques ou des archives, qu'il a semblé que la critique ne datait que d'hier. Ce qu'il serait plus exact d'affirmer, c'est qu'il y a vraiment un état d'esprit nouveau parmi certains critiques contemporains, et que cet état est caractérisé par une intransigeante sévérité, jadis inconnue, à l'égard du « document » et par un dédain complet à l'égard des « traditions » et de la tradition elle-même.
Pour étudier les documents écrits, la critique mo- ses méderne a tracé des règles très détaillées et très complexes, ""' *^' dont l'exposition seule suffirait à remplir de gros volumes. Elle dislingue la critique textuelle, la critique littéraire, et la critique réelle.
La critique textuelle a pour but de vérifier si l'on possède un texte dans sa pureté primitive, et au besoin de le rétablir par des suppositions plus ou moins vraisemblables. Ce travail exige déjà la connaissance à fond de la paléographie, et une longue pratique de cette science.
La critique littéraire vient ensuite. Après s'être assuré qu'on possède un texte original, il faut en dégager les idées et les faits qu'il contient. Pour cela, il
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faul préciser le genre littéraire et la manière de l'écrivain. Est-il un poète, un moraliste, ou un simple historien, écrivant l'histoire pour l'histoire ? Il y a, par exemple, tel genre littéraire, comme la parabole, dans lequel l'écrivain n'affirme absolument rien quant à la réalité des faits. Son but est uniquement d'écrire une leçon de morale, et non pas d'histoire ^ L'auteur n'est pas un historien. Si, au contraire, il est historien, a-t-il été témoin oculaire ou auriculaire ? S'il a suivi ou refondu des documents antérieurs, que valaient ces documents ou ces sources ; quelle est l'autorité de sa compilation ou de sa refonte ? Autant de règles différentes.
Enfin la critique réelle ou '< haute critique », comme on l'appelle aujourd'hui, porte sur l'objet même du manuscrit, discute la sincérité et la véracité de l'auteur, juge de l'autorité de son témoignage, en un mot de sa valeur historique. C'est la dernière recherche de la critique, et aussi la plus ardue et la plus délicate.
En trois mots, la critique textuelle vérifie la pureté des textes, la critique littéraire en donne l'intelligence, et la critique réelle en établit l'autorité historique. Gomme on le voit, sous des formes nouvelles, ce triple travail n'en est pas moins identique au fond à celui que la philosophie traditionnelle avait déjà tracé : établir l'authenticité, l'intégrité et la véracité d'un manuscrit. Nous ne pouvons donc que lui donner notre entière adhésion, vanter la rigueur de ses méthodes nouvelles et le choix très complexe et très savant de ses procédés et de ses moyens d'investigation. Tout cela constitue un progrès très réel et très sérieux.
Son Mais pourquoi ne parler que des règles à suivre dans
de la Ira- la critiquc des « documents» ; pourquoi garder un si-
dition orale.