P. Bourget, Préface de ses oeuvres
l'autre cas, la vérité nous est enseignée par une personne étrangère, et nous ne la découvrons pas en nousmêmes, par aucun des critères que nous avons déjà étudiés, ni par intuition sensible ou intellectuelle, ni par raisonnement.
Le reste de la définition nous indique les différences spécifiques, qui distinguent le témoignage humain du témoignage divin. D'abord le témoin n'est pas un autre homme, mais Dieu lui-même, soit qu'il nous parle directement, soit par l'intermédiaire d'un homme de son choix, tel qu'un prophète, h'objet de ce témoignage est beaucoup plus vaste que celui du témoignage humain. Non seulement Dieu peut nous apprendre des vérités rationnelles, comme l'existence de sa divine Providence, mais encore des vérités au-dessus de la raison, qu'ici-bas nous ne ferons qu'entrevoir par des analogies lointaines, sans pouvoir jamais les comprendre pleinement. Tel est le mystère de la Sainte- Trinité, dont nous comprenons l'énoncé : un seul Dieu en trois personnes, sans en comprendre le nœud, parce que les termes de la proposition, étant tirés des choses humaines, et ne pouvant s'appliquer qu'analogiquement aux choses divines, il est impossible à notre raison d'en montrer ni l'accord ni le désaccord. La raison peut seulement y ajouter foi, sur la parole de Dieu.
Enfin, la troisième différence vient de la nature du moyen employé par le témoignage divin, qui est surnaturel ou en dehors des procédés ordinaires de la raison humaine. Notre raison n'adhère à la vérité proposée, ni à cause de ses propres lumières intuitives ou discursives, ni à cause des lumières des autres hommes qui en témoignent, — procédés ordinaires et naturels, — mais à cause de l'autorité de Dieu qui révèle, — procédé supérieur à la nature humaine. Ce nouveau critère, bien au-dessus des précédents, est donc un critère sur-
lion.
naturel dans son moii/\ comme dans son ubjef et aussi dans son principe K l'ossibi- Telle est la notion philosophique, admise par tous les '"Révéla-^ catholiques, du témoignage divin ou de la Révélation, et nous n'y trouvons rien d'impossible, rien qui ne soit parfaitement rationnel et convenable.
La Révélation ne répugne point du côté de Dieu qui en est l'auteur. Car si Dieu, souverainement puissant et souverainement bon, a dû créer l'homme naturellement pourvu des moyens suffisants pour atteindre sa fin naturelle, il est assez miséricordieux soit pour l'aider et le relever dans l'état de faiblesse ou de déchéance oii il serait tombé par sa faute, soit pour ajouter, en sa bonté, aux secours naturels et strictementsuffisants qui lui sont dus, des secours extraordinaires entièrement gratuits, qui relèvent au-dessus de sa condition naturelle. De l'homme déchu, il peut faire un homme régénéré, et même un enfant de Dieu par adoption, lui communiquer des lumières, des forces et une destinée supérieure à sa condition naturelle. En un mot, Dieu peut vouloir diviniser l'homme par sa grâce toute gratuite, et le destiner à partager sa propre béatitude.
Le souverain Bien étant souverainement prodigue de lui-même, Bonum est suidiffusiviim, notre hypothèse loin de répugner à Dieu, est donc parfaitement conforme à sa nature.
Elle ne répugne point du côté de Vhomme. Tous les hommes, en effet, peuvent être instruits, soit directement par Dieu, soit par d'autres hommes choisis et consacrés pour cette mission, ou bien par un magistère perpétuel institué par Dieu, et par lui assisté d'une manière indé-
1. « La foi est une vertu surnaturelle, qui nous fait croire les vérités révélées, non à cause de leur évidence interne, mais à cause de l'autorité de Dieu que les révèle, et qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper. » Conc. Vatic. De fide cath., a. 3.
fectible. D'autre part, quelque indignes et misérables que nous soyons, il nous reste toujours une âme faite à l'image de Dieu, un esprit capable de le connaître, un cœur capable de l'aimer et de se consacrer à l'aimer et à le faire aimer. Bien plus, l'homme étant, sur cette terre et dans tout l'univers physique, le seul être capable de reconnaissance et d'amour, seul capable de représenter en sa personne toutes les autres créatures, et de lui offrir les hommages de l'univers entier, il paraîtrait tout désigné comme l'unique sujet de ses libéralités et de ses munificences
La révélation ne répugne pas davantage du côté de V objet révélé. Si c'est une vérité naturelle facile à découvrir, comme l'existence de Dieu, la révélation peut la confirmer utilement. Si c'est une vérité naturelle plus difficile à découvrir, le magistère divin sera la voie la plus rapide et la plus sure. Si c'est une vérité au-dessus de la raison, comme le mystère de la Sainte- Trinité, son enseignement peut être utile et même indispensable au plan divin, car notre foi est ici-bas une préparation à la vision bienheureuse, en même temps qu'une épreuve d'humilité et d'obéissance, nécessaire au mérite et à la récompense future.
Enfin la révélation ne répugne même pas du côté de son mode surnaturel. Dieu est assez puissant pour parler à l'homme et l'instruire de bien des manières, en dehors de nos critères philosophiques, au moyen soit de signes intérieurs, soit de signes extérieurs à la portée de notre esprit. Dieu est assez fort pour éviter surtout ce « péril d'anthropomorphisme «, qui est le grand scandale de nos savants critiques contemporains. Rien en cela qui puisse être « déconcertant pour la philosophie' », rien qui ne soit parfaitement vraisemblable.
\. r.oisy, Autour d'un petit livre, p. 193.
Démonsirabililé de la Révélalion.
Preuves intrinsèques.
D'autre part, la raison humaine après avoir démontré la possibilité delà révélation divine, peut en démontrer le fait liistcrique, comme elle démontre tous les autres faits del'liistoire, au moyen du témoignage oral, historique ou monumental, et de fait nous la connaissons ainsi, comme on le prouve en Théologie, dans le traité de la Vraie Religion. Quant au caractère vraiment surnaturel et divin d'une révélation, ou d'une Religion qui s'en prétend dépositaire, il a aussi des notes distinctives que la raison peut constater et démontrer avec une parfaite assurance.
Ces signes sont intrinsèques ou extrinsèques. Les signes ou critères intrinsèques sont tirés du fond même de la doctrine révélée, et établissent par son caractère transcendant son origine divine. Telles sont la conformité, l'harmonie des dogmes révélés avec les besoins et les aspirations les plus intimes et les plus profonds de l'esprit et du cœur de l'homme ; leur aptitude spéciale à promouvoir la pureté des mœurs privées ou publiques, et jusqu'à l'héroïsme des « vertus réservées », ou du sacrifice de soi-même et du dévouement absolu au bien des autres hommes. Ce genre de preuves, quoique fort délicat à manier, est tellement éclatant, appliqué à la doctrine chrétienne, qu'il a toujours vivement frappé les esprits, provoqué les plus éclatantes conversions, et souvent occupé une place importante soit dans l'apologétique des anciens Pères, soit surtout dans celle des modernes.
« Ceci explique le grand nombre d'essais tentés au siècle qui vient de finir, et les formes si diverses qu'on a données à la défense de la Religion. Avec Chateaubriand, apologétique plutôt par le dehors du christianisme, par son côté poétique et artistique. Avec Lacordaire, apologétique chaude et concrète, par le fait de l'Eglise qui s'impose ci des « vertus réservées » dont elle est le prin-
LES CRITÈRES : g" LE TÉMOIGNAGE DIVIN 23o
cipe. Avec l'abbé Bougaud, apologétique plus affective et mystique, par la réponse que donne le christianisme aux besoins intimes de l'âme, à la nécessité d'une vie religieuse, ou par la transcendance du Christ, Avec Auguste Nicolas et Frantz Hettinger, apologétique plus intégrale et plus scientifique. Avec l'abbé de Broglie, apologétique plus historique, partant de la transcendance du christianisme en face des autres religions. Avec Ollé-Laprune et Yves LeQuerdec, apologétique psychologico-morale , fondée sur la convenance intellectuelle et morale du christianisme ou son identité avec les lois de la vie ^ ».
Avec Brunetière, ou des hommes d'état comme M. Balfour, dans ses célèbres Fondements de la croyance apologétique sociale, fondée sur ce que la religion chrétienne peut seule pourvoir aux nécessités de la vie sociale de l'homme.
Mais ces preuves tirées du caractère intrinsèque d'une Prcm-s
.... , extrinsè-
doctrine révélée sont moins décisives que les preuves qnes. extrinsèques, tirées des faits miraculeux que Dieu luimême a donnés comme signes de l'autorité de sa parole ou de celledeses prophètes. Les prophéties, lesmiraclesde Notre-Seigneur, des Apôtres et des fondateurs de la religion chrétienne, ainsi que le miracle perpétuel de l'existence, de la diffusion, delà fécondité et de la sainteté de son Eglise, sont les preuves décisives, sans réplique et à la portée de tous. Tel est bien l'enseignement positif des Conciles. Ecoutons celui du Vatican :
« Pour que l'assentiment de notre foi fût de tout point conforme à la raison, Dieu a voulu joindre aux secours intérieurs de l'Esprit-Saint , les preuves exté-
1. Le Bachelet, Etudes, 5 août 1897, p. 371. — Cf. Revue apologétique (Bruxelles), 16 janv. 16 fév. 1906, article du R. P. Lahousse, L'apologétique contemporaine ; De Broglie, Les Progrès de l'apologétique ; Le Bachelet, De Vapologélique Iradiliojinelle (Etudes, juillel, août 1897) ; Schwalm, Vapologélique contemporaine (Revue thomiste, mars 1897).
rieures de la révélation, à savoir des faits divins et principalement les miracles et les prophéties, qui faisant éclater la toute-puissance et la sainteté de Dieu, sont des signes absolument certains de la révélation et des témoir/nages à la portée de tous *. Par sa merveilleuse propagation, par sa sainteté éclatante et sa fécondité inépuisable en toutes sortes de biens, par sa catholicité et son unité, comme par sa durée qui la rend invincible et inébranlable, l'Eglise est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité, un témoignage authentique et irréfragable de sa divine origine ^ »
En conséquence, toute apologétique par les preuves intrinsèques, loin d'être complète et suffisante, n'est plutôt qu'une préparation des esprits et des cœurs à la preuve capitale qui est une preuve de fait: Dieu a vraiment parlé aux hommes ; il est vraiment intervenu dans l'histoire humaine ; il y a laissé des traces indéniables, l'empreinte ineffaçable de ses miracles, comme une signature authentique et inimitable de son œuvre et de sa religion.
La Tant que cette preuve essentielle reste à faire, la ré-
lioTest vélation n'est pas encore prouvée; mais une fois faite °"ièr"de et admise, la révélation ou témoignage divin devient *^'^"' *■ alors un nouveau critère très légitime de certitude.
En effet, une telle révélation ne peut ni se tromper, ni nous tromper, puisque, par hypothèse, elle vient de Dieu lui-môme, qui est la Vérité infinie et la Véracité même.
Tout motif s'appuyant ainsi sur l'autorité de la parole de Dieu est non seulement certain, mais infaillible. Aussi aucune certitude nest-elle plus grande, aux yeux de noire raison, que la certitude des vérités de foi.
i. Cf. G. Sortais, La Providence et le miracle devant la science moderne (Beauchesne, 1906). Cf. Revue du clergé fr., uov. 1906, p. "•43, 2. Conc. Vatic, sess. III, cap. 3 de fide.
D'où vient donc que la foi est un acte libre, et que, loin d'entraîner fatalement l'assentiment de l'esprit, elle a besoin d'être commandée parunacle de bonne volonté?
Cela tient à la manière indirecte dont notre esprit adhère à la vérité révélée, sans la voir directement, et souvent sans la pouvoir comprendre lorsqu'elle est un mystère.
Ce voile du mystère, quoique la raison l'ait souvent rencontré sur le chemin de la science, jusque dans les questions les plus naturelles et parfois les plus simples, déplaît à ses aspirations naturelles; c'est une gêne et une contrainte pour son orgueil ; il faut qu'elle sache s'humilier aux pieds de son Créateur ; il faut qu'elle reconnaisse ses limites et sa petitesse en face de l'océan divin, et partant il lui faut le secours et la motion de la bonne volonté avant de dire : je crois !
Ce secours et cette prémotion de la bonne volonté ^^^^^^ n'étant pas nécessaires dans les autres critères de certi- *"''a™"'' tude, — sauf pour les vérités morales, — on peut en conclure, par comparaison, en quoi ce nouveau critère de la révélation est supérieur ou inférieur aux autres.
En soi, il est infiniment supérieur, puisqu'il est le plus sûr ; plus sûr que n'importe quelle conclusion scientifique, ou que n'importe quelle autorité humaine. L'autorité divine étant le seul critère absolument infaillible.
Par rapport à 7ious, les critères les plus certains en eux-mêmes ne sont pas ceux qui nous frappent le plus, soit à cause de nos dispositions morales, soit à cause de l'infirmité de notre esprit, qui, en présence des vérités les plus hautes ou les plus profondes, se trouble parfois, et ressemble, suivant la comparaison d'Aristole, à l'œil du hibou en face de la lumière du soleil.
Quoi qu'il en soit de ces nuances, la révélation divine, une fois prouvée, devient un critère certain, et le plus
autres.
certain des critères, celui ({ui devrait nous donner la plus grande persuasion, si nous étions siraplement logiques.
Rapports A près l'cxposé de ces notions fondamentales, entrons
la raîson plus au vif dc la question, en montrant les rapports de
de h foi. la raison et de la foi, et en précisant les devoirs et les
droits de chacune d'elles, pour pouvoir, en connaissance
de cause, conclure à leur désaccord ou au contraire à
leur harmonie providentielle.
Et d'abord, quels sont les droits et les devoirs de la raison en présence de la révélation ? Pour être plus précis, nous les résumerons en cinq propositions. Premier 1° La vaison humalue^ sans aucun secours de la foi principe. ^^ ^^^, ^^^ seules forces, peut arriver à connaître une multitude de vérités naturelles. Cette puissance de la raison humaine, que la philosophie chrétienne n'a cessé de défendre contre les attaques du scepticisme ou contre les exagérations du iidéisme, est une vérité capitale qui découle comme un simple corollaire de ce que nous avons longuement établi sur la sûreté et la fécondité de nos critères naturels de certitude. Nous avons établi que les sens externes et internes, que l'idée, le jugement, la raison, soit inductive soit déductive, et enfin le témoignage humain, sont des instruments merveilleusement puissants pour l'acquisition des connaissances les plus variées et l'édification de toutes les sciences humaines, tant spéculatives que pratiques et morales. La puissance de la raison humaine est donc un fait primitif indéniable, sur lequel doit reposer toute science humaine et même toute foi divine raisonnable. En effet, Deuxième 2° La raisofi humaine peut et doit démontrer les principe. fQ-,ifjiQyyi0r^ifg (^g Iq^ fgi^ c'est-à-dire les motifs raisonnables que nous avons de croire. Ces motifs, nous l'avons
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VU, sont internes ou externes, et se ramènent finalement à un fait liislorique et à son harmonie providentielle avec les desiderata de la nature humaine. Or ces harmonies se prouvent par l'analyse psychologique du cœur de l'homme, et le fait historique par le témoignage de l'histoire. Rien en cela au-dessus des forces naturelles de l'esprit humain.
Et que l'on n'objecte pas que le caractère surnaturel et divin du fait historique ne peut se démontrer par l'histoire, qui ne fournit que des faits sans indiquer leur nature. Il se démontre aisément par le raisonnement sur ces mêmes faits : ce qui suffit. Ainsi l'histoire constate que certains faits avec leurs circonstances précises ont été prédits plusieurs siècles à l'avance ; et la raison, raisonnant sur ces données, conclut avec sûreté à une intervention divine.
Non seulement la raison, avons-nous dit, peut démontrer les motifs de crédibilité de notre foi, mais encore elle les doit démontrer, avant que nous puissions faire un acte de foi raisonnable, comme le demande l'Apôtre, i' rationahile obsequium vestrum * )),ou suivant l'aphorisme traditionnel, la foi doit se justifier par la raison, fides quserens intellectum. Et remarquons bien que pour se justifier, il ne suffirait pas qu'elle démontre seulement la probabilité de la révélation, ni même qu'elle accumule « des probabilités convergentes ». QueNewman et d'autres illustres convertis aient pu s'en contenter, c'est là une question de fait et non une question de droit. En droit, il nous est impossible de faire un acte de foi certain à ce qui ne nous paraît que probable, aussi Innocent XI, confirmant en cela la doctrine cons-
1. s. Paul, Rom., 13, 1. — « Les vérités de la foi, obscures en ellesmêmes, doivent être évidemment croyables aux yeiix de celui qui les croit, car il ne croirait pas s'il ne voyait qu'elles doivent être crues, ayant en leur faveur un miracle évident ou quelqu'autre preuve décisive. » S, Thomas, 2» 2», q.l, a. 4, ad 2.
tante des théologiens, a-t-il condamné la [)roposition soutenant '< qu'une connaissance seulemen' probable du fait de ia révélation, et nonobstant la crainte qu'on pourrait avoir que Dieu n'ait pas parlé, suffit à l'acte de foi K » Elle ne saurait donc suftire, en droit.
Mais en fait, la grâce de Dieu, vu sa toute-puissance, peut fort bien suppléer, par ses illuminations, au moins en certains cas, à ce qui pourrait manquer du côté de la connaissance incomplète des motifs de crédibilité. Les suppléances surnaturelles des motifs ordinaires de crédibilité sont toujours possibles. L'ignorance ou la faiblesse d'esprit d'un individu ne peut, en etîet, être un obstacle insurmontable à sa grâce. Quoi qu'il en soit, Newman reconnaît lui-même qu'il a exposé seulement un « fait personnel », sans chercher à le défendre ou à le proposer en modèle -.
Troi- 3° L'usage de la raison 'précède donc^ du moins loprincipe, g ïquement , cJiez le chrétien, Vusage de la foi. Chez le converti, la chose est claire, la raison a précédé la foi. Chez le chrétien, qui n'a jamais eu besoin de conversion, la raison a quand même une priorité logique. Car il a le droit et le devoir, lui aussi, dès qu'il est assez avancé en âge et en instruction, de rendre sa foi raisonnée et sûre d'elle-même. Pour cet examen, il n'est pas nécessaire que le croyant commence à douter réellement de sa foi, il lui suffit d'un doute fictif, c'est-àdire qu'il cherche à se la démontrer à lui-même, comme s'il en avait besoin. Et de fait, il a besoin d'éclairer ses convictions et de vérifier les fondements scientifiques sur lesquels elles reposent. Cet examen critique n'a rien que de très légitime, même pour la conscience la plus
1. « Assensus fidei supernaturalis et utilis ad salutem stat cum iiolitia solum probabili revelationis, iuio cuiu formidine, qua quis forrnidet, ne non sit locutus Deus. » Denzinger, n" 1038, p. 326.