‹ La crise de la certitudeChapitre 65 sur 104 · Pie IX, Encycl., 9 novembre · texte numérisé non relu

Pie IX, Encycl., 9 novembre

Irièiiie principe.

"240 BASIiS DE LA CONNAlSSANi^K Kl" DE LA CROYANCE

procédés spéciaux. Mais après avoir reconnu cette juste autonomie, elles doivent se garder avec soin de faire opposition à la vérité révélée, de tomber dans des erreurs, en sortant de leur propre domaine, et en envahissant et bouleversant celui de la foi '. »

Certes, en demandant à chaque science de demeurer chacune dans son domaine naturel, en respectant les vérités acquises dans les sciences limitrophes, l'Eglise ne fait que rappeler des règles de simple bon sens, et aucun savant, digne de ce nom, s'il est de bonne foi, n'y pourra voir un ordre tyrannique, ni un obstacle au progrès.

L'autonomie d'aucune science, en effet, ne saurait être complète et sans limite ; elle sera toujours limitée par l'autonomie des sciences voisines et dominée par les principes des sciences générales et supérieures, telles que la logique et la science des premiers principes de la raison, cin- 5" On ne saurait donc admettre la licence ^V ambition

sans limite., ni Vindépendance absolue de la raison. La licence n'est pas la liberté, mais l'abus de la liberté et le désordre. L'ambition sans limite de la raison qui voudrait à elle seule résoudre tous les problèmes religieux et moraux, et supprimer, avec tous les mystères, notre besoin d'une religion et d'un secours d'en haut, serait une pure folie, et sur ce point des voix autorisées ont déjà proclamé sans réplique la « faillite » de la science

1. « Tantum abest ut Ecclesia humanarum artium et disciplinarum culturœ obsistat, ut hanc multis modis juvet atque pronioveat. Non enira comnioda ab his in humanam vitam diraanantia aut ignorât aut despicit ; faletur imo, eas quemadnioduni a Deo, scientiaiuni Domino, profectse sunt, ita, si rite pertractentur, ad Deum, juvante ejus gratia, perducere... Nec sane ipsa vetat ne tiujusmodi disciplinae in suo quaeque ambitu, propriis utantur principiis et proprio mettiodo ; sed justam hanc libertatem agnoscens, id sedulo cavet, ne divinœ doctriuce repugnando, errores in se suscipiant, aut fines proprios transgressas, ea quee sunt fidei occupent, et perturbent. » Conc. Vatic, Gonstit. Dei Filius, c. 4.

qinenie principe.

humaine, lorsqu'elle sort ainsi de son propre domaine. Quant à son indépendance absolue, c'est encore là une prétention qui dépasse sa nature essentiellement faillible, contingente et subordonnée à' la Raison suprême de Dieu, qui a toujours droit de corriger ses erreurs. Ce n'est pas elle qui fait la Vérité, c'est la Vérité au contraire qui doit la régler, et régir la liberté de sa pensée.

«Etre libre sans une loi, avouait un illustre libre-penseur, c'est être abandonné. La vraie liberté, celle qui fait de l'homme une image de Dieu, c'est la liberté réglée, dominée, sanctifiée, réalisée par la loi morale... Qu'est-ce que la pensée vague, sans direction, reflétant comme dans un prisme tous les phénomènes du monde, accueillant la vérité et l'erreur sans discernement, et se laissant couler au hasard comme une source qui s'épanche? Cette pensée est un rêve \ »

Tels sont les droits et aussi les devoirs de la raison humaine, en face desquels nous allons mettre, dans un parallèle encore plus instructif, les droits elles devoirs de la foi. Il s'agit bien entendu ici de la foi en une révélation véritable, de celle qui peut se justifier aux yeux delà raison, en lui montrant ses titres authentiques, puisque tel est, comme nous l'avons déjà dit, le premier de ses devoirs, d'être raisonnable.

Or, nous pouvons ramener ces droits et ces devoirs de la foi divine à trois propositions.

1° La foi peut confirmer les données de la raison et ^ . ^

I '^ ' Premief

y ajouter des connaissances qui dépassent sa portée. P''nc'pe. Qu'elle puisse confirmer très heureusement les vérités morales ou religieuses déjà acquises par la raison, sur l'existence de Dieu, par exemple, l'immortalité de l'âme, les sanctions de la vie future, et même compléter ces solutions toujours si incomplètes ou si vagues de la

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