Brunetière, Les diffirul/és de croire
tible de progrès ou de diminution », il ne peut admettre que des vérités relatives, provisoires, toujours changeantes et en progrès, et c'est l'hypothèse fondamentale de tout son livre.
Léqui- « Si l'on suppose, dit-il, que la vérité, en tant qu'ac- """^"^ cessible à rintelligence humaine, est quelque chose d'absolu, que la révélation a eu ce caractère et que le dogme y participe ; que ce n'est pas seulement l'objet de la connaissance qui est éternel et immuable en soi, mais la forme que cette connaissance a prise dans l'histoire humaine, les assertions du petit livre sont plus que téméraires, elles sont absurdes et impies ' . » lo II y a dans ces dernières paroles que nous avons
de k soulignées, sur le fond et la/ormedu dogme révélé, — ^ilTo^ qui sont bien loin d'être également immuables, — tout muaMe. uu lot d'équivoqucs et de malentendus, que nous voulons bien croire involontaires, mais que le lecteur nous saura gré d'éclaircir et de préciser avec soin. Occuponsnous d'abord du fond même de la vérité dogmatique, nous parlerons ensuite de sa forme ou de son revêtement humain.
Il y a dans toute vérité, ou plutôt dans toute connaissance humaine ou purement naturelle de la vérité, une partie relative et changeante et une partie absolue et définitive. C'est celle-ci qui est à proprement parler la vérité, dans le vrai sens de ce mot, la vérité acquise à la science. L'autre partie est le côté humain, hypothétique, approximatif, imparfait et perfectible de toutes Diiaiiié nos connaissances. C'est précisément cette dualité eséiémenis. scntieliede parties, dans toutes les sciences humaines, qui en permet l'évolution et le progrès. Si tout y était définitif, il n'y aurait pas de progrès possible sans doute ; mais il n'y en aurait pas davantage si tout