‹ La crise de la certitudeChapitre 72 sur 104 · Lagrange, La méthode historique, p · texte numérisé non relu

Lagrange, La méthode historique, p

BASES DE I.A CONNAISSANCE ET bE LA CROYANCE

comme faux. On repousse le faux, on achève et on perfeclionne seulement l'inadéquat, en y ajoutant ce qui lui manque pour êlre complet, sans en rien retrancher. El voilà en quoi consiste précisément l'évolution et le progrès de la science humaine. Gomme le char mystérieux d'Ezéchiel, la vérité avance toujours, sans revenir jamais sur ses pas.

Or le dogme, lui aussi, qui est venu accroître et enrichir immensément cette seconde partie, la partie stable et déhnitive de la pensée humaine, participe à celte loi d'évolution, Dieu ayant voulu accommoder son enseignement aux lois et au mouvement progressif de l'intelligence humaine, qu'il voulait instruire et perfectionner. Additions 11 est d'abord incontestable que, depuis la création giessWes d'Adam jusqu'au jour de la Pentecôte, la révélation a

la

tion.

Révéla- suivi une série d'étapes toujours croissantes et de plus en plus lumineuses ; il est certain que l'idée que l'homme se fait de Dieu, par exemple, agrandi de siècle en siècle, à travers les trois grandes époques paradisiaque, patriarcale et mosaïque de l'Ancien Testament, et le développement progressif du Nouveau Testament. S. Paul lui-même, dans une de ses épitres^ a comparé ces âges de la révélation aux trois âges de l'évolution humaine : l'enfance, l'adolescence et la maturité. Il était donc bien loin de rejeter toute idée d'évolution et de progrès, comme dérogatoire à la nature divine de la révélation. Et S. Thomas a insisté plus d'une fois sur ce merveilleux accroissement de la révélation primitive à travers les siècles, en montrant que sa substance et son fond sont restés identiques, comme l'explicite est identique à l'implicite -, et nous dirions volontiers: comme

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