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BASIiS 1JI£ LA CONNAISSANCE tT UE LA CHOVANCE
Tandis que la plupart des positivistes sont pleins de dédain pour le critère de la conscience « qui fourmille d'illusions », comme Taine ne cesse de le répéter, chaque fois qu'il est contredit par son témoignage, — bon nombre de cartésiens et tous les subjectivisles exaltent ce témoignage de la conscience, dont ils font le point de départ et le pivot de leur philosophie : «je pense, donc je suis ».
Descaiies S. Augustiu avait déjà remarqué, avant Descartes, que s.AÎ.gus- devant ce critère de la conscience tout scepticisme venait se briser et se détruire en des contradictions manifestes. « Les Académiciens ont beau médire, leur répliquait-il, que je me trompe en affirmant qu'il y a des choses certaines; si je me trompe, donc je suis, si fallor, ergo sum, car pour se tromper il faut être ; donc je ne puis me tromper en affirmant mon existence. . . Alors même que je rêverais, je serais, car pour rêver il faut être ^ »
Or ce critère de la conscience est impliqué dans tous les autres. Il est impossible de rien connaître, sans se connaître soi-même de quelque manière ; une sensation, un acte de mémoire ou d'imagination, une pensée ou un jugement, une induction ou une déduction, une joie ou une souffrance dont on n'aurait pas conscience, seraient, comme s'ils n'existaient pas, nuls et non avenus pour nous. Delà à conclure qu'il est le seul et unique critère, il n'y a qu'un pas, et plus d'un philosophe a eu l'imprudence de le franchir.
Si la conscience était l'unique instrument de nos connaissances, nous ne connaîtrions que le moi et les états du moi. Et telle est bien précisément la prétention de tous les subjectivistes, que nous avons assez longuement réfutée dans les chapitres précédents.