‹ La crise des changes: la baisse de l'argent et ses conséquences, laChapitre 13 sur 48 · XVIII RÉPONSE ANTICIPÉE · texte numérisé non relu

XVIII RÉPONSE ANTICIPÉE

similaires des pays à circulation monétaire au pair de For, ne peuvent, logiquement, subir les contre-coups de cette perte au change.

Je crois nécessaire de répondre, en tête même de mon Etude, à ces deux objections fondamentales.

Ainsi que Ta fort justement constaté M. Léon Say dans sa Préface à la Théorie des Changes étrangers de M. Goschen, dont j'ai donné les passages saillants dans V Avant-propos qui ^vëch&e: la rupture de tout rapport entre l'or et l'argent, c'est-à-dire la dépréciation illimitée de l'argent par rapport à Tor, ou la hausse illimitée de For par rapport à l'argent, est une révolution qui a désorganisé tous les systèmes monétaires fondées sur une fixité légale de rapport entre Tor et l'argent, c'est-à-dire sur le Double-étalon ; et, par voie de conséquence, qui a produit les troubles les plus dangereux dans tous les autres systèmes monétaires fondés sur l'étalon unique.

Avant 1873 la cote des changes entre les pays à circulation métallique révélait assez fidèlement la situation respective de la balance des paiements extérieurs de ces pays, quel que fut leur régime monétaire : Double-étalon, étalon unique d'or, ou étalon unique d'argent. Quant un de ces pays métalliques se trouvait — par une raison quelconque — débiteur extérieurement, la cote de ses changes indiquait sa véritable position, mais la perte au change était alors toujours limitée aux frais de transport et de conversion, dans les pays créditeurs, du métal précieux, or ou argent, qui constituait la circulation monétaire du pays débiteur.

La perte au change ne prenait de grandes proportions que le jour où le pays débiteur extérieu-

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rement, ayant épuisé son stock de numéraire effectif pour ses paiements à Tétranger, passait, par la force des choses, du régime métallique au régime papier.

Voilà les diverses phases que M. Goschen décrit lumineusement dans sa Théorie des Changes étrangers^ publiée en 18()2.

Malheureusement, depuis la rupture* de tout rapport fixe entre l'or et l'argent, l'ancienne théorie des changes des pays métalliques entre eux, mais k étalon diflférent, n'est plus entièrement vraie. La dépréciation extérieure de la monnaie indienne, par exemple, n'a point pour cause réelle la disparition du numéraire métallique indien, mais uniquement la dépréciation, par rapport à l'or, du métal argent qui compose cette monnaie, ou encore la hausse de l'or par rapport à l'ancien prix marchand de l'argent.

On trouvera, au cours de cette Étude, des documents très complets sur les conséquences de ce nouveau phénomène qui pousse tous les pays, h Double-étalon, à accaparer l'or devenu Tunique instrument d'échange international, alin de maintenir k leur monnaie d'argent son ancienne valeur

bimétallique, et on jugera si, en présence de

ce nouveau facteur, le problème des changes doit se poser maintenant dans le monde comme il se posait avant 1878.

Je n'ai jamais dit que la crise des changes extérieurs d'un pays n'augmentait pas ses charges d'ordre extérieur dans la proportion môme de la

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