‹ La crise des changes: la baisse de l'argent et ses conséquences, laChapitre 17 sur 48 · XXVI RÉPONSE ANTICIPÉE · texte numérisé non relu

XXVI RÉPONSE ANTICIPÉE

actuel de Tor dans la République Argentine, donne au producteur de blé argentin par rapport à la période antérieure à 1889-1890. Toutes les indications officielles que nous possédons aujourd'hui sur la cote du prix général des choses argentines devraient être comparées à la cote du prix général des mêmes choses avant 1889-1890, pour savoir dans quelle mesure Tagio sur Tor influe sur les prix d'exportation du blé : Mais ce que Ton peut affirmer, sans crainte d'être démenti, c'est que cette influence a existé au moins jusque vers le milieu de l'année 1893.

Voici en effet les renseignements officiels que Ton trouvera plus loin :

E;xportation des produits agricoles argentins

Moyenne annuelle par période Produits 1883-1887 1888-1892

' Tonnes Tonnes

Blé 523.427 1.395.294

Maïs 943.703 1.814.024

Farine 26.688 47.638

On peut également affirmer, en présence des chiffres donnés par le rapport officiel du Gouvernement Argentin (septembre 1893) que la fameuse crise extérieure de 1889-1890, n'a pas été si défavorable aux intérêts économiques de la République (qui a naturellement gardé, malgré sa faillite extérieure, tout l'outillage de production que l'argent étranger était venu installer sur son territoire) puisque le Ministre des finances, après avoir complaisamment énuméré tous les progrès réalisés par l'industrie et l'agriculture argentine, et indiqué dans quelle proportion l'exportation des produits argentins s'était élevée au cours

REPONSE ANTICIPEE XXVII

des dernières années, jusques et y compris le 1er semestre 189:^, ajoute textuellement:

tt L'augmentation de l'exportation a été const< tujite dans ces dix dernières années, ce (jui t< démontre, jusqu'à Tévidence, que la crise n*a « pas affecté le moins du 7nonde les sources pro- « ductricesdupays. »

Avec la République Argentine, le Portugal, la Grèce, l'Espagne, l'Italie, et en général avec tous les pays à monnaie-papier avarié, nous sommes en présence de crises de change que je désignerai sous le nom de Crises de papier. Ces pays n'ont plus de numéraire métallique, ils sont au régime papier-monnaie et par la force des choses — si leurs finances intérieures et leur balance extérieure ne s'améliorent pas — ce papier-monnaie finira par perdre une partie de sa valeur intérieure.... et le prix général des choses s'y élèvera jusqu'à une limite plus ou moins rapprochée des prix en or, si Vor continue à être l'unique numéraire métallique international.

Mais, en attendant cet équilibre final entre le prix général des choses intérieures et la prime sur l'or, ne comprend-on pas qu'il y aura toujours, et quand même, une période intermédiaire qui durera plusieurs années et pendant laquelle la prime sur l'or exercera fatalement son influence sur l'exportation des produits naturels indigènes, sur-

XXVIII REPONSE ANTICIPEE

tout si cette prime se manifeste brusquement, comme cela vient d'arriver pour le Portugal, l'Espagne et ritalie ?

Ne comprend-on pas que, même lorsque le prix général des choses intérieures se sera élevé et mis en équilibre avec Tor, une nouvelle hausse de Tagio suffira pour rompre Téquilibre conquis, et pour ouvrir une nouvelle période pendant laquelle la prime sur Tor provoquera à nouveau l'exportation des produits naturels indigènes T

C'est justement ce qui semble s'être produit pour la République Argentine à partir de la crise 1889-1890.

Et enfin, en constatant que ces crises de change se généralisent de jour en jour et que le nombre des pays où la circulation monétaire se maintient au pair de l'or devient de plus en plus restreint, ne comprend-on pas que la production de ces derniers pays, doublement battue en brèche par ces crises (à l'intérieur et à l'extérieur) doit nécessairement subir leur répercussion ?

Si l'on considère un pays, pris isolément, on peut dire à la rigueur : que la crise de ses changes le ruinera plus tard, que la répercussion de cette crise sur les pays au pair de l'or n'est que provisoire et qu'elle cessera dès que le prix général des choses du pays à changes avariés se sera mis en équilibre avec la prime de l'or. Mais s'il y a répétition pour le même pays et si les crises se multiplient, n'est-il pas évident que le provisoire pourra durer un nombre infini d'années... pendant lesquelles les intérêts économiques des pays au pair de l'or subiront les plus rudes épreuves ?

Et je ne veux parler, dans cette Réponse anti-

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