LA. CONTRACTION MONÉTAIRE UNIVEUSKLLK M
t)enbion de la frappe ar|sent dans les Hôtels de monnaie àe Y Union latine y ayant empêché F Allé magne de démonétiser tous ses thalers, elle en a conservé 5 ou G0() millions de francs dans sa circulation, et ces thalers ont encore aujourd'hui la valeur légale deTor pour tous les paiements. — quelle que soit leur importance — à solder sur le territoire allemand.
Il en résulte que la circulation fiduciaire de ces quatre pays, outre le portefeuille commercial, est, à la fois, gagée par de Tor et de l'argent. La Banque d'Allemagne \ est cependant tenue de rembourser tous ses billets en or ; 1 la Banque de France y la Banque de Belgique y la Banque de Hollayide ont le droit d'effectuer ce même remboursement, soit en or, soit en argent.
Le public ne se préoccupe nullement de cette anomalie; il sait que le billet de banque est remboursable en espèces et que ces espèces sont monnaies légales : cela lui suffit. Mais le jour où la Banque d'émission n'aurait plus, ou presque plus, d'espèces d'or en caisse, le public conserverait-il la même confiance dans son bon de monnaie remboursable à vue^ et ne faudrait-il pas le lui imposer par une loi de cours forcé? C'est une expérience que ni la Banque de France, ni la Banque d'Allemagne^ ni la Banque de Belgique y ni la Banque des Pays-Bas ne veulent tenter. La masse d'or qu'elles possèdent entraîne avec elle le boulet d'argent que les circonstances ont rivé à la circulation monétaire de leur pays respectif. Elles comprennent que l'effort de traction doit être en raison inverse de la masse motrice, et c'est pourquoi elles défendent énergiquement leur or.
L'Italie s'est mise, en fait, sous le régime du cours
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forcé pour conserver les 500 millions d*or qui existent dans ses Banques d'émission et son Trésor public.
Ce n*est pas non plus sur les 2.002 millions de francs d'or qui figurent dans les encaisses de la Banque de Russie, de la Banque d* Autriche-Hongrie et de la Banque d'Espag/ie (décembre 1893) que le libre commerce international peut compter pour faciliter ses transactions : Cet or, comme celui de l'Italie, est encore plus PRISONNIER d'É TAT quc Tor français, allemand, belge ou hollandais.
En résumé, de tous les grands pays de l'Europe, c'est l'Angleterre, et seulement rAnglete*'re,oi\ l'or circule librement et où, en temps ordinaire, on peut s'en procurer à coup siir.
Depuis que l'argent a perdu sa qualité d'instrument d'échange international, depuis que la suppression du pair bimétallique français a enlevé : 1» aux pays monométallique-argent la faculté de solder, avec leur monnaie habituelle, les paiements qu'ils ont à effectuer, dans les pays à double étalon, ou de convertir d'unemanière certaine cette monnaie d'argent en monnaie d'or pour leurs paiements à effectuer dans les pays monométaliique-or; 2» aux pays monométallique-or, la même faculté pour les pays à double étalon et les pays monométallique-argent : l'Angleterre est devenue le Clearing house des changes universels, l'unique marché de l'unique inarchandise acceptée comme base des transactions internationales. . . et la Banque d'Angleterre est aujourd'hui le pivot de ce marché.
Mais c'est aussi par l'intermédiaire plus ou moins direct de cet Etablissement privilégié que les pays à changes avariés, les pays à circulation papier ou argent,
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doivent passer soit pour convertir en or leur balance de paiements extérieurs, comme le font la République Argentine, le Brésil, le Portugal, la Grèce, etc.; soit pour se constituer des réserves d'or pour leurs besoins à venir, comme le fait la Russie ; soit enfin pour se procurer l'or nécessaire à la régularisation de leur ValutUy comme vient de le faire l'Autriche-Hongrie.
Et quelles sont les sources d'alimentation de ce réservoir qui doit répondre à tant de demandes? La circulation métallique de l'Angleterre (on l'estime aujourd'hui inférieure à 2 milliards de francs); le solde incertain du revenu extérieur des portefeuilles anglais, déduction faite d'une balance commerciale défavorable; la production disponible incertaine des mines d'or; les apports incertains de la spéculation cambiste et, enfin, rencaisse or de la Banque d'Angleterre dont la libre disposition est encore plus incertaine que toutes les autres sources.
En effet, d'après VAct de 1844, qui est sa Constitution, la circulation fiduciaire de la Banque d'Angleterre y ne peut dépasser : 1© une somme de 16.450.000 liv. st., (soit un peu plus de 410 millions de francs) représentant, à Torigine, un prêt de 14 millions de liv. st. fait par la Banque à l'Etat et successivement augmenté de 2.450.000 liv. (1855 à 1890); 2« une somme équivalente à l'encaisse d*or qu'elle possède : si ce stock est, par exemple, de 30 millions de liv. st., sa faculté d'émissions peut s'étendre à 4G. 450.000 liv. st., soit 1. ICO millions de francs.
Il résulte de cette disposition singulière que la faculté d'émission de la Banque d'Angleterre diminue avec rencaisse métallique elle-même et que lorsque, pour une raison quelconque, cette encaisse est entamée
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par des demaades d'or extérieures, le marché anglais perd à la foi» une portion de sa réserve d'or et une portion proportionnelle du crédit que la Banque peat légalement lui> consentir en dehors de sa circulation fixe de 16.450.000 liv. st.
C'est ce qui explique qu'à toute sortie d'or ua peu importante, et non contrebalancée par des rentrées, la Banque d^ Angleterre est dans la nécessité d'élever le taux de son escompte ; et, si les demandes d'or se continuent, d'accentuer cette élévation, de suspendre même tout nouvel escompte, jusqu'à ce que Tor revienne dans ses caisses,, puisque sa faculté d'émission diminue en même temps que sa réserve d'or.
La conséquence de ce fonctionnement c'est que la situation des pays qui ont besoin de l'intermédiaire du marché anglais pour leurs règlements extérieurs est toujours incertaine et que, dans les périodes de crise, ce marché leur fait absolument défaut... ou les ruine par ses exigences»
En réalité, les ressources du marché anglais d'or ne font face aux nécessités que je viens d'indiquer qu'en temps de calme général, avec cette réserve cependant que ces ressources, n'ayant guère à craindre la concurrence, se font généralement bien payer les services qu'elles rendent aux pays tributaires.
Mais-ce qui prouve d'une manière irréfutable que ces ressources sont essentiellement précaires, que la quantité d'or dont le Clearing anglais dispose est absolument insuffisante pour remplir le rôle universel que a disqualification de l'argent lui permet de jouer : c'est qu'à la première alerte, à la plus petite crise, le crédit de ce fameux marché s'effondre et sa caisse se ferme automatiquement.
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Sans rappeler les circonstances dans lesquelles, 1»» 13 novembre 1891, la Banque de France vint à son secours, le sauva peut-être en prêtant 75 millions de francs d'or à la Banque (TAngleterre (ce qui élevait d'autant sa limite d'émission) il me suffira de constater que dans une période de moins de 11 années (du 1er janvier 1883 au 15 décembre 1893) la Banque (^Angleterre a été obligée de modifier quatre-vingtneuf FOIS le taux de son escompte alors qu« la Banque de France n'a enregistré que sept variations ; et que, du 19 mai 1892 au 15 décembre 1893, cette dernière s'est invariablement maintenue au taux de 2 1/2 0/0. alors que celle-là a onze fois changé le sien.
Touô ces faits ne prouvent-ils pas jusqu'à l'évidence que la suppression du pair-bimélallique français ayant fait perdre la qualité dinsirument d' échange international à tout l'argent monnayé qui existait dans les diverses nations du monde en 1873, et les ayant privées de celui qu'elles auraient frappé depuis cette époque ; ayant enfin imposé au monde le régime monétaire d'accaparement dont nous venons d'étudier les conséquences, a déterminé une véritable contraction monétairo universelle ?