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l'on dit à l'enfant que sur chaque bouteille d'alcool on devrait inscrire le mot « poison »; on lui distribue des étiquettes portant avec l’habituelle tête de mort, posée sur deux fémurs entre-croisés, l'inscription « l'alcool tue »; on lui parle de delirium tremens, de manifestations tétaniques, de dégénérescence de la race et tout cela pour un petit verre, pour le petit verre que l'enfant voit chaque jour aux lèvres de son père! A la caserne, la propagande est la même.
Souvent même ces conférences s’agrémentent d’expériences ; «pour inspirer aux hommes une crainte salutaire, dit M. Lauraine, on a tué, avec l'alcool, une infinité d’innocents cobayes et on a fait frissonner les masses avec le spectacle de chiens atteints de delirium tremens alcoolique » (1).
On a souvent critiqué les exagérations et les expériences des hygiénistes; le vin et les eaux-de-vie ne sont pas destinés, dit-on, à être injectés, comme on le fait, dans les veines ou tous organes autres que les voies digestives d’un animal, un lapin par exemple, la démonstration nous laisserait sceptiques. De telles expériences et toutes celles qu'on a faites à doses massives par injections hypodermiques ne prouvent rien.
On a parlé de déchéance physique el sociale; mais
1. M. Lauraine, cité par la Reoue vinicole, 1905, n° 9, p. 54.
à la thèse de l’ «alcool-poison », certains savants ont opposé celle de l « alcool-aliment ». Les premières expériences faites en Amérique par Attwater ont été vulgarisées en France et en Allemagne par Duclaux el Von Leyden ; ils affirment ct concluent de leurs études que l'alcool est une substance alimentaire » (1).
Et d'ailleurs, avant de parler de dégénérescence des races, il serait bon de considérer les nations grandes consommatrices d'alcool, la France, l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique ; sont-elles inférieures, à quelque point de vue que l’on se place, aux nations réputées sobres comme l'Italie ou l'Espagne et surtout aux nalions qui ne boivent pas d'alcool, comme la Turquie (2).
L'opinion est soulevée contre l'alcool ; on le charge d'iniquités; on oublie ses mérites pour songer uniquement aux maux qu’il engendre ou qu’onlui fait engendrer par l'abus.
L’antialcoolisme comporte d’ailleurs des degrés différents ; quelques hygiénistes, les plus zélés, s’attaquent à toutes les boissons alcooliques et dans leur exagération, il y a quelque part de raison, car l’alcolisme vient de toute boisson alcoolique, du vin ou de la bière ; aussi dans les études faites sur le sujet qui nous occupe,
il faudrait tenir compte de l'alcool consommé non seule-