‹ La Crise des Eaux-de-Vie Naturelles et La Taxe DifférentielleChapitre 21 sur 87 · Taquet, p · texte numérisé non relu

Taquet, p

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toute sa lhberté. Aujourd'hui encore, quelques-uns demandent la réduction obligatoire de la production ; ils proposent soit l’arrachage proportionnel pour chaque viliculteur (par exemple un dixième des terrains plantés en vigne), soit l'arrachage des vignes médiocres, sacrilices qui pourraient être compensés par une prime. Mais il est difficile de conseiller un pareil remède et de le faire accepter à des populations qui ont déjà tant lutité et dépensé pour leurs vignes. D'ailleurs, l’arrachage serait la ruine pour beaucoup; les terres médiocres sont à peu près impropres à d'autres cultures et la destruction du vignoble entrainerait la misère et la dépopulation, car la vigne donne 300 fr. de salaires à l'hectare tandis que les céréales donnent à peine 50 francs (1).

D’autres s'en prennent non plus au vignoble luimême, mais au vin; ils demandent le « contingentement » à la vente, c’est-à-dire la restriction légale de la vente des vins récollés; une partie de la production serait obligatoirement conservée pour la consommation familiale ou la formation d'une réserve.

Enfin, on a proposé laréduction de la production par

la fixation d'un degré minimum pour les vins mis en

1. Lors de la discussion de la loi de finances de 1910, MM. Emmanuel Brousse et Razimbaud proposaient contre les vins d'Algérie l'interdiction de la plantation de la vigne dans les concessions gratuites et voulaient limiter à 8 millions d’hectolitres l’importation de ces vins.

me ne vente, mesure qui supprimerait les pelits vins de 5 et 6 degrés.

L'augmentation de la consommation est un autre remède qui serait, dit-on, en harmonie avec l'hygiène, car « par l'effet indiscutable d’une sorte d’homéopathie mystérieuse, le vin semble l'antidote de l'alcoolisme ; ce sont les régions qui boivent le plus de vin qui consomment le moins d'alcool » (1). Mais ce moyen possède un champ d'action bien restreint; on ne peut faire que celui à qui un verre de vin suflit, en boive deux, et il faut respecter les habitudes des diverses régions ; longtemps encore la bière restera la boisson du Nord et le cidre celle de l'Ouest. D'ailleurs, en matière d'alcool il ne faut pas compter sur ce remède ; «il serait criminel d'y songer ; si nous voulons faire vivre ceux qui produisent l'alcool, nous ne pouvons tuer ceux qui le boivent ». Laissons donc de côté la proposition rendant obligatoire «la ration d'alcool aux soldats » ; elle n’est pas plus sérieuse que celle des médecins qui rêvent « le bannissement de l’alcool des débits de boissons et son exil dans les flacons des pharmaciens » (2).

À côté de ces mesures restrictives de la production

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