Clémentel, Rapport cité
2. Clémentel, id. « Nous lisons, en effet, dans la Grande Enclycopédie de Berthelot : 1 étant le pouvoir toxique de l'alcool éthylique, 5 le pouvoir toxique de l’alcool amylique, le , pouvoir toxique du mélange est porté à 8 ».
nale se trouvent souvent en lutte (1): pour l'hygiène, l'alcool est l'ennemi; pour le fisc, il est la bète de somme.
Jusqu'ici, en France, le point de vue social et hygiénique n'a guère été envisagé. Si nous exceptons les récentes surtaxes sur l’absinthe et les apéritifs, le législateur n'a guère songé qu’à l'intérêt du Trésor. Mais dans quelques pays étrangers, se manifeste une tendance à faire passer le souci de l'hygiène et de la santé publique avant l'intérêt fiscal, et la législation tend à frapper les boissons selon leur toxicité. L’impôt idéal pour les hygiénistes est celui qui répondrait à ce but ; mais, au moins, demandent-ils que la loi frappe les spiritueux d’unenocuité constante et particulière !
C’est surtout contre l’absinthe que la campagne a été menée à l'étranger ; d’ailleurs,au Parlement français ont été déposées de nombreuses propositions tendant à l'interdiction de lafabrication et de la vente des essences d’absinthe et de l'absinthe elle-même ; citons celles de MM. Breton et Ferdinand Buisson en 1909 (2).
1. Il arrive cependant que, sans poursuivre le même but, l'hygiène et le fisc aient parfois recours aux mêmes moyens; c’est ainsi que l'augmentation des droits est une arme contre l’alcoolisme et répond en même temps aux besoins du Trésor.
2. La Ligue nationale contre l'alcoolisme énumère ainsi les raisons pour lesquelles il faut combattre l’absinthe : « Attendu que l’absinthe rend fou et criminel, qu’elleprovoque l’épilepsie et la tuberculose, qu’elle tue chaque année des milliers de Français, qu’elle fait de l’homme une bête féroce, de la femme une martyre, de l'enfant un dégénéré... » (Cité par la Revue vinicole, 1908, n° 27, p. 159.)
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Il est possible encore de combattre l'alcoolisme en favorisant les eaux-de- vie naturelles contre les alcools d'industrie. S'il est impossible d'exclure totalement ces derniers de la consommation, il faut au moins ne les y admettre que dans la mesure nécessaire : on a proposé d’abord de réserver aux eaux-de-vie naturelles la préparation exclusive des spiritueux composés en arguant que la cause principale de leur nocuité était la mauvaise qualité des alcools qui y sont employés (1). Les hygiénistes vont plus loin et demandent qu’on favorise les produits les moins nuisibles en proportionnant le droit au degré.de toxicité (2).
La taxe différentielle établie au profit des alcools naturels, chassera les spiritueux additionnés d’essences, en rendant aux eaux-de-vie proprement dites leur place dans la consommation directe et leur ancien rôle comme bonificateur des alcools d'industrie rectifiés. Elle égalisera dans une certaine mesure les prix de revient, permettant ainsi au consommateur de choisir entre le bon et le mauvais produit.