RETRACE
frappant à la fois le vin et l’'eau-de-vie. Quand le viticulteur ne peut vendre son vin en nature, il le transforme en alcool ; mais sous quelque forme qu'elle se présente, la récolte ne s'écoule à un prix rémunérateur.
La production de l'alcool est, en effet, en relation étroite avec celle du vin et les cours de ces deux produits réagissent l’un sur l’autre. La raison en est que «la valeur du vin de qualité inférieure, celui précisément qui pèse sur les cours et les effondre, est celle de l'alcool qu’il contient. La valeur de cet alcool constitue le prix minimum du vin » (1). Admettons en effet qu'avec 10 hectolitres de vin à 10 degrés on puisse obtenir 100 litres d'alcool à 90 degrés, le cours des 10 hectolitres de vin ne pourra descendre au-dessous du prix des 100 litres d’alcool;le vigneron préférerait en effet distiller et vendre son eau-de-vie, si elle devait s'écouler à un taux supérieur au vin qui la produirait. On a pu dire ainsi que la question de l'alcool était « le nœud de la crise viticole » (2).
Certains partisans de l'alcool envisagent même le cas où l'alcool produit ne pourrait se vendre à un prix rému-
nérateur ; même dans cette hypothèse, le viticulteur
1. Clémentel, Rapport au nom de la commission de la crise viticole sur toutes les questions se rapportant au régime de l'alcool. Chambre, 1902. Annexe n° 3024.