‹ La Crise des Eaux-de-Vie Naturelles et La Taxe DifférentielleChapitre 5 sur 87 · Clémentel, Rapport cité · texte numérisé non relu

Clémentel, Rapport cité

retrouverait par la hausse des vins ce qu'il aurait perdu dans la distillation : supposons, disent-ils, que sur une récolte totale de 70 millions d’hectolitres de vin à 6 francs, les viticulteurs en transforment 20 millions, la perte subic serait de 120 millions de francs en admettant que l’eau-de-vie ne puisse se vendre; mais les 50 millions d'hectolitres de vin non-distillés verront leur cours s'élever de 6 à 12 francs ; la viticulture aurait ainsi un bénéfice de 180 millions de francs grâce au dégagement du marché (1). La distillation fait en effet disparaître les vins défectueux ou trop abondants qui avilissent les cours ; elle est ainsi la soupape de sûreté des années -d’abondance et la meilleure régulatrice du marché des vins.

La distillation a encore d’autres avantages ; la conservation du vin est onéreuse et difficile; elle exige des soins nombreux, un matériel et des locaux importants ; l’eau-de-vie, au contraire, tient dix fois moins de place et se bonifie en vieillissant.

D'autre part, la constitution d’un stock d'alcools naturels ferait l'office d'accumulateur et de volant; ceux-ci emmagasinent la force motrice pour la restituer au fur et à mesure des besoins ; de même, le stock des eaux-de— vie emmagasinerait la valeur et régulariserait les cours

en la transportant d’une année à l’autre ; lorsque la

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