Taquet, p
: L] d’eau ; 2° d'une foule de corps organiques en petites
quantités, de « non-alcool » qui constitue les aromes très délicats du bouquet des grandes eaux-de-vie et les impuretés de certains produits d'imitation. La proportion de ces impuretés ou non-alcool varie pour les troissix rectifiés de 6 à 40 milligrammes par litre, s'élève usqu'à 200 milligrammes pour les eaux-de-vie de coupage et atteint 400 milligrammes pour les cognacs authentiques et même { gramme pour l'eau-de-vie de marc.
Si la nocuité des spiritueux variait, comme certains chimistes l'ont soutenu, avec la proportion d'impuretés, ce serait la condamnation des eaux-de-vie naturelles et la réhabilitation des alcools d'industrie (1). Mais la plupart des théoriciens sont moins affirmatifs et déclarent que le coefficient de non-alcool est un élément assez vague et que sa relation avec la nocuité des spiritueux n'est pas très connue. Dans la dose totale d'impuretés, il y a en effet des éléments plus ou moins nocifs, plus ou moins indifférents : le seul point certain admis de la généralité des hygiénistes, c’est que toutes les boissons conduisent à l'alcoolisme, quand on en fait abus. |
1. Quelques hygiénistes rejettent surtout certaines eaux-devie de marc et de cidre plus toxiques, à leur avis,que les alcools aromatisés du commerce ; cette idée avait prévalu dans une conception spéciale de la taxe différentielle frappant les alcools suivant le degré de rectification obtenu, mais elle ne répond nullement au désir des viticulteurs.
R. Herbin II
Des expériences faites à ce sujet, il résulte que dans les spiritueux, les impuretés ont un rôle nocif bien moins important que l'alcool éthylique lui-même ; elles sont en minime quantité alors que ce dernier esk en grande proportion et donne aux spiritueux la presque totalité de leur nocuité ; il est, sans doute, le moins toxique de tous ces produits, mais ilest si abondant qu'il joue le principal rôle comme poison. C’est donc surtout l'abus de l'alcool qu'il faut combattre et non sa qualité, ses
impuretés.
Tous les produits supérieurs qui composent le nonalcool et les essences végétales ont trouvé des défenseurs qui ont sérieusement contesté leur nocuité. M. Laborde a pu conclure à la suite d'expériences scientifiques que, des diverses essences entrant dans Ja composition de l’absinthe, seule l’essence d’absinthe serait nuisible : elle n’existe d’ailleurs dans cette préparation qu'en faible proportion, 30 à 40 centigrammes par litre, le surplus du non-alcool étant composé d’essences telles que l’anis et la badiane reconnues inoffensives. Mieux encore, il résulte des expériences de M. Joffroy que « la toxicité propre à l’absinthe ne serait pas supérieure à celle des autres spiritueux » (1); et
certains médecins lui reconnaissent même des qualités