‹ La Crise des Eaux-de-Vie Naturelles et La Taxe DifférentielleChapitre 44 sur 87 · Taquet, p · texte numérisé non relu

Taquet, p

— 16 = hygiéniques et curatives (1). Il est donc possible de mettre en doute la nocuité de l’absinthe elle-même qui était cependant si violemment attaquée.

D'autre part, les observations cliniques n’établissent

L 1 pas que les impuretés des spiritueux, les essences, soient une cause d’alcoolisme, indépendante de l'alcool lui-même (2). Elles démontrent seulement que l’alcoolisme se manifeste sous des aspects différents suivant la boisson qui l’a produit et que la nocuité des essences et des impuretés intervient à un moment donné pour imprimer aux manifestations du mal, tel ou tel caractère spécial ; mais elles ne prouvent pas que ces phénomènes se produisent avant et indépendamment de l’intoxication générale et définitive due à l’alcool lui-même.

Elles établissent, par exemple, que « l'alcoolisme par l'absinthe a des conséquences plus redoutables pour le buveur que l'alcoolisme par les autres boissons, mais elles ne prouvent pas que l’homme devient alcoolique s’il n'abuse pas de l'absinthe ou même qu'il le devient plus rapidement par l’absinthe que par toute autre boisson » (3).

1.Ajoutons cependant qu'il s’agit de témoignages rapportés à . la Commission extra-parlementaire de 1902 par M. Cusenier. Taquet, p. 103, 549 et 550. £ TER

2. 11 faut naturellement s’en tenir à la distinction que nous avons établie entre les diverses essences ; on peut admettre les essences végétales, mais il convient de repousser toute essence minérale ; et lorsque nous parlons de l’absinthe, nous entendons par là l’absinthe véritable préparée par distillation

et non à froid.

Page 1