Revue vinicole, 1906, n° 15, p
a De
Charentes, ou encore la taxe différentielle réclamée par ces deux régions sera moins appréciée dans les pays producteurs de cidres ou de fruits ; la plupart des défenseurs de la taxe différentielle ne voient qu’un seul côté du sujet, celui qui les touche, et ils oublient qu'ailleurs un autre producteur français réclame précisément le contraire pour la sauvegarde de ses intérêls.
B. — Difficultés du contrôle. — Pour être efficace, la taxe différentielle doit être accompagnée d’un contrôle sévère à la production et à la circulation. Mais, ce contrôle est impossible, si en cas de litige, les difficultés relatives à la nature des spiritueux ne peuvent être tranchées avec certitude ; or la science est impuissante à reconnaitre d'une façon exacte l'origine des alcools ; une analyse chimique, quel que soit le savoir de l’opérateur, est sujette à l'erreur ; il faut craindre dans ces conditions que la taxe différentielle n'ait pour le commerce de graves inconvénients, le plus honnête négociant pouvant, sur la foi d'une analyse, être accusé de tromper sur la marchandise vendue.
Ilne faut guère compter sur la chimie pour vérifier la nature des spiritueux ; à la vérité, elle réussit à discerner un alcool d'industrie d'un alcool de vin distillé dans les conditions ordinaires, mais si ces produits sont tous deux soigneusement rectifiés, les caractères distinctifs
s’effacent. Et surtout en présence d’un alcool de cou-
page, ilest difficile au chimiste de déterminer même approximativement les proportions du mélange.
Il y a bien des règles, des méthodes, qui se basent sur certainsprincipes ; mais (en vraie analyse chimique, il n’y a que deux juges, la balance et la burette graduée et bien entendu leurs dérivés, tels que. les densimètres, pipettes, jauges, elc., mais tout cela est mathématique et identique pour tous et peut être vérifié par tous ; au contraire les règles tombent dans le domaine d’une philosophie scientifique discutable » (1). La proportion d'impuretés sur laquelle s'appuient les méthodes d’analyse peut différer à l'infini suivant le cru, l'année, le degré de rectification, le vieillissement ; il faudrait alors tenir compte d'éléments fort variés et posséder les étalons et types de comparaisons indispensables (2).
Ajoutons vite que les erreurs des laboratoires ne leur sont pas imputables, elles ne font que démontrer l'impuissance de la science, dont on proclame quelquefois trop tôt l'infaillibilité. Déclarer qu'une teneur minimum en impuretés est la marque d'authenticité des eaux-de-
vie naturelles, n'est-ce pas faciliter la fraude à laquelle