‹ La Crise des Eaux-de-Vie Naturelles et La Taxe DifférentielleChapitre 60 sur 87 · Trescaze, Dictionnaire général, p · texte numérisé non relu

Trescaze, Dictionnaire général, p

La prime de 220 francs est en effet bien tentante ef pour le bouilleur que la Régie n'exerce et ne connait même pas, la fraude est bien facile. « Il ne faut jamais mettre personne entre son devoir et son intérêt, position d'autant plus dangereuse que la tentation est plus puissante. En matière d'impôt, la résistance. est bien faible; frauder l'État, n'est qu’un péché fort véniel pour beaucoup et la crainte de la Régie n’est souvent qu'un aiguillon qui ajoute à l'intérêt l’attrait du jeu et des risques (1). » Le privilège est en somme une taxe différentielle de 220 francs au profit du fraudeur.

Aux termes de la loi, le bouilleur de cru, c'est le propriétaire ou fermier récoltant qui distille exclusivement les produits de sa récolte. Ainsi, « le bouilleur apparait simplement sous les apparences d’un brave cultivateur utilisant à son gré les produits de sa vigne ou de son verger et en üirant le plus de profit possible ce qui est bien son droit » ; il semble n’exercer qu’une faculté légitime, librement et sans odieuse contrainte ; « mais grattez le bouilleur et vous trouverez le fraudeur » (2).

M. Plichon (3) remarque « qu’à toutes les années de

grande production de vin ou de cidre succède pour le

1. Rapport de M. Yves Guyot sur diverses pétitions rela= tives au privilège des bouilleurs de cru. Chambre, 1888.

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