‹ La Crise des Eaux-de-Vie Naturelles et La Taxe DifférentielleChapitre 9 sur 87 · ET OR · texte numérisé non relu

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vés à la chaudière pour faire des eaux-de-vie de Montpellier. Mais pendant la crise, on songe à les détourner de la distillation pour les écouler dans la consommation directe. Le Midi tout entier voulut imiter l'Hérault qui s'était enrichi par l'aramon. Ces vins se vendaient bien quand la production suffisait à peine à la consommation, mais la généralisation de la culture intensive a amené une surproduction de vins légers qui font ainsi concurrence aux vins de bonne qualité et produisent la baisse générale des cours. Ces produits sont offerts sur le marché à des prix dérisoires parles propriétaires mal oulillés ou ignorants des soins à leur donner. Les cours des vins de bonne tenue ont pu se maintenir quelque temps rémunérateurs ; mais sous l'influence des modifications survenues dans l'organisation de la vente, il y eut un avilissement général du marché, et grâce à Jeur bas prix, les produits défectueux prennent aux bons vins leurs débouchés naturels.

L’écoulement de ces vins médiocres dans la consommation directe fut une faute de la part du Midi et diminua le nombre des consommateurs ; « en dehors des raisons physiologiques où morales, le buveur s’est éloigné des vins par la mauvaise qualité des produits qu’on lui a livrés sous ce nom pendant la période des grandes maladies de la vigne et il en est resté éloigné par la méfiance ». En outre, « la violente et injuste campagne menée contre le commerce des boissons a

amené un grand nombre de consommateurs à se retour-

SP ac ner vers la propriété au moment où celle-ci avait à se reprocher les abus du sucrage; nouvelle déception et nouveau recul ; aujourd’hui encore les achats directs à la propriété, sous l'influence des alléchantes publicités, font au vin plus d’ennemis que d’amis, ennemis d’autant plus obstinés qu'ils ont été davantage déçus » (1).

C. — La surproduction. — La reconstitution du vignoble, telle que l’a comprise le Midi, devait aboutir à la surproduction ; mais il ne faut pas exagérer les fautes des viticulteurs. L’abondance qui produisit l'encombrement du marché fut la conséquence non pas tant d’un excès de production naturelle que de l’utilisation des vins défectueux et des fraudes par sucrage et mouillage.

La surproduction naturelle qui serait imputable à la viticulture n'existe guère ; les récoltes abondantes qui coïncidèrent avec l'effondrement des cours dans les dernières années, n'étaient pas inconnues avant le phylloxera. C'est ainsi que les 63 et 83 millions d’hectolitres récoltés en 1874 et 1875 se vendent très bien alors que la mévente sévit sur les années bien moins abondantes de 1900 et 1901 avec 67 et 57 millions d’hectoliques. En 1908, la production des vins n’est donc pas supérieure à celle d'autrefois ; mais en 1875 la viticul-

ture produisait 600.000 hectolitres d’eau-de-vie, alors

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