LE CONFLIT
conflit qui existe entre la vieille foi et la science s'élève dans son intelligence. Quelques-uns l'ont entrevu à propos des grandes controverses suscitées par les ouvrages de Renan, mais Renan était tellement déconsidéré auprès du Clergé qu'il n'en a guère troublé la foi. Les discussions engagées autour de M. Duchesne ont eu plus d'effet. Depuis il n'est guère de presbytère que n'aient ému les disputes du « loisysme ». Cette fois, c'était un prêtre qui avouait que l'histoire est incapable de prouver la divinité du Christ.
Au fur et à mesure qu'on approchait du vingtième siècle, la conscience des prêtres est devenue le théâtre d'une longue et pénible lutte.
S'ils sont vraiment et foncièrement timorés, l'issue n'en est pas douteuse, ils conservent les opinions qu'on leur a inculquées. La méditation, la messe, de longues prières quotidiennes, l'exercice continu de leur ministère empêchent leurs convictions d'être emportées par la critique.
Mais que d'efforts sont ordinairement nécessaires pour assurer la victoire finale ! Les prêtres timorés ont beau ne point ouvrir de mauvais livres et s'interdire de penser, ils n'en ressentent pas moins de nombreux sujets de trouble; des problèmes angoissants se posent pour eux-mêmes, quand, par devoir d'état, ils lisent les auteurs réputés les plus orthodoxes.
Mgr Latty, dans une lettre approuvée par le Pape (1), défend l'authenticité du verset des trois
(1) Instruction et ordonnance concernant les deux derniers écrits de M. l'abbé Loisy (Cliûlons, 1904).
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témoins célestes. Mgr L<' Camus, dans une lettre approuvée par 1«' même Pape I . dit que ce versel a porte des signes manifestes d'interpolation ». Qui constituer juge ? L'Eglise .' I n décrel du Saint-( > H i » • < défend de le révoquer en doute 2). Les spécialistes du sujet, c'est-à-dire les paléographes? Ils sourient m montranl que le versei esl apocryphe.
Alors que devienl l'autorité de la Vulgate qui le renferme et que les papes el les conciles on1 déclarée authentique avec lentes ses parties? Ces! ainsi qu'une toute petite question entraine les plus graves conséquences. Souvent, actuellement le doute s'élève chez un prêtre à propos de controverses sur l'Ecriture sainte. Quelquefois il naît fortuitement. Un tel consulte saint Cyprien, par hasard. Il est stupéfait de voirie- falsifications de son traité de V Unité de l'Église. Si les ouvrages d'un Père onl été pareillement altérés, d'autres ne l'ont-ils pas été? Les Évangiles eux-mêmes sont-ils indemnes de toute fraude 3
Quelle confiance ajouter à beaucoup de témoignages ecclésiastiques '.'
Parfois, chez le piètre timoré, le doute s'éveille il, vaut une objection particulièrement nette. Elle constitue un petit problème à éclaircir. S'il se résout conformément à l'enseignement traditionnel, l'abbé
1 F auss< exégèse, mauvaise théologie. Lettre aux directeurs de mon séminaire [Paris 1904 .
2 Houlin, La Question biblique aa XIX' siècle, ch. xiv.
3 Houlin, La Question biblique au XX* siècle, ch. XIII.