‹ La crise du clergéChapitre 16 sur 55 · SINCERES · texte numérisé non relu

SINCERES

Le Clergé de France a toujours compté dans son sein des hommes plus judicieux que dociles, plus travailleurs par goût et par devoir que par intérêt, curieux de savoir pour eux-mêmes le fond des choses et désireux d'enseigner une religion aussi pure et aussi vraie que possible. Ces prêtres ont subi au séminaire la suggestion confessionnelle et peut-être même, étant donné l'amour de la vérité qui les caractérise, ont-ils embrassé le sacerdoce avec plus d'enthousiasme que leurs congénères qui, plus tard, devaient rester parmi les timorés ou se classer parmi les ambitieux. Pour eux, la vie n'avait plus de mystères ; ils disaient avec assurance : « Je crois, je sais, je suis certain. » Ils étaient entrés pleinement dans la thèse catholique.

D'après elle, la révélation est un fait susceptible d'être démontré par les mêmes procédés que les

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autres faits I , Dieu ;i parle aux hommes el il a éta l»li une religion Facile à connaître pour qui se serl prudemment el sincèremenl de son Intelligence La vérité des prophéties, le grand nombre des miracles, la rapide diffusion «lu christianisme, !<■ témoignage des martyrs, telles sonl les preuves de la divinité du ( Ihrisl el de l'autorité de l'Eglise romaine 2 Cette Eglise peut imposer la croyance de dogmes incompréhensibles el la pratique d'œuvres pénibles. Du moment que la divinité de son autorité est solidement démontrée, il n'y a qu'à se soumettre. Cependant, pour que. dans une affaire de si grande importance la raison ne -"il pas trompée, [tour qu'elle rende à I >i"u une obéissance digne de lui et digne de l'homme, elle a le droit et le devoir d'étudier à fond le fait de la révélation. Le prêtre en a plus encore l'obligation, afin de pouvoir le prêcher et le défendre contre les objections du rationalisme contemporain.

Dans quelle déception le prêtre intelligent et sin-

Qu'iin incrédule refuse de bonne foi la religion nettement conçue el sérieusement examinée; qu'un catholique, un prêtre, l'abandonne de bonne foi après l'avoir connue, professée, pratiquée : voilà deux choses égalemenl impossibles aux yeux de toul croyant qui prendra la peine d'y réfléchir. Dieu même serai! en faute : il n'aurai! pas muni sa religion de signes assez visibles pour attirer ou y maintenir le bon vouloir sincère, et en même temps, il nous imposerai! cette religion comme condition normale du salut. » H. P. Longhaye, Lamennais, dan- Etudes, numéro du 20juin 1900, p. 782.

on trouve l'expression officielle de cette théorie dans les encycliques Qui pluribus juin, 9 novembre 18'i6 ; lmmortale l)ii, 1 novembre 1885 ; et le chapitre III de la constitution dogmatique de Fide caUtolica promulguée au concile du Vatican.

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