‹ La crise du clergéChapitre 17 sur 55 · LA CRISE DE LA KOI · texte numérisé non relu

LA CRISE DE LA KOI

cère ne tombe-t-il pas en prenant au pied de la lettre cette théorie ! Il cherche à conserver sa foi et à reconquérir un monde qui lui échappe, et voilà que plus il étudie raisonnablement, plus il lui semble nécessaire de reviser complètement l'enseignement de son séminaire, plus impérieusement se dressent devant lui les problèmes les plus graves. Les quatre évangiles sur lesquels repose le fait de la révélation du Christ et qui doivent prouver sa divinité ont-ils vraiment une valeur historique ? Le texte des prophéties est-il authentique et l'interprétation n'en est-elle pas forcée ? Les points d'interrogation, puis les négations s'accumulent. L'enseignement du séminaire s'écroule, se découd sans cesse davantage, au fur et a mesure que continue l'investigation. Les miracles de l'histoire ecclésiastique se répartissent en deux catégories : les uns sont accompagnés de témoignages insuffisants qui ne permettent pas de recevoir les faits ; les autres, bien documentés, se réduisent à des phénomènes explicables d'après les lois de la nature. La diffusion de la foi chrétienne, qui semblait merveilleuse dans les temps d'ignorance où les apologistes en ont fait une preuve, s'explique facilement. L'argument du témoignage des martyrs n'est pas recevable ; toutes les religions en comptent ; ils ont été moins nombreux qu'on le prétend, et beaucoup de leurs actes ont été falsifiés.

Le jour où le prêtre découvre cet ensemble de ruines est un jour affreux. On lui a enseigné qu'il ne pouvait pas douter sans commettre un crime, et voilà

qu'il se sent en train de perdre totalement la loi. ( >n lui avait «lit que, pour rejeter nu seul dogme, on est hérétique el damné, et voilà qu'il découvre plusieurs points faux ! Le systè lui-môme tout entier ne

- ■ spliquerait-il pas naturellement .'...

Pauvre prêtre ! En voyant ainsi s'effondrer toutes

- - croyances, il lui semble qu'il devient fou. Il se rejette dans la prière, il demande a Dieu un miracle...

M le miracle est possible. Le matin, a la messe,

tenant entre ses mains ce que la foi lui enseigne être Dieu l'ait homme, il lui dit qu'un jour il a cru entendre son appel et qu'il lui a répondu en sacrifiant sa vie tout entière. 11 le supplie de ne pas permettre qu'il apostasie ; il lui demande, pour rallumer sa croyan !e, un miracle, celui qui arrivait souvent, parait-il, au moyen âge, une goutte de sang dans le vin nu sur l'hostie qui sont la chair et le sang du Christ.

Hélas ! sa foi n'est plus assez forte pour produire l'illusion, et elle est trop forte encore pour qu'il ne tremble point a la pensée de profaner un si grand mystère. Mais s'abstenir de le célébrer serait se déshonorer aux veux de ses paroissiens, et il le leur doit. 11 ne s'appartient plus. Il doute, et cependant il croit toujours offenser le Dieu de vérité en se recueillant pour voir on est la vérité 1 . Il consulte

(1) « Anallième à qui dirait que les fidèles sont dans la même condition que ceux qui ne sont pas encore parvenu- à la foi seule véritable, de telle sorte que les catholiques peuvent avoir une juste cause de suspendre leur assentiment pour mettre en doute

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