‹ La crise du clergéChapitre 18 sur 55 · LA CRISE DE LA FOI · texte numérisé non relu

LA CRISE DE LA FOI

le prêtre qui jusqu'alors avait la direction de sa consscience et il entend des rengaines comme il en sert lui-même aux fidèles qui l'interrogent au confessionnal, des affirmations que dénie souvent l'effarement d'un regard. — Oh ! qui peindra le regard de deux prêtres se consultant sur leur foi ?

Enfin il se ressaisit et prend la résolution d'examiner les fondements de la révélation. Il se dit que la réflexion, la recherche scientifique ne peuvent pas être un crime et que la foi qui se conserve par l'ignorance et la paresse, la foi qui coexiste souvent avec l'hypocrisie, la déloyauté, la dépravation, ne peut pas être une vertu. Son directeur de conscience lui a imposé la prière et la cessation de toute étude. Mais la prière, dans le cas présent, serait-elle autre chose qu'une auto-suggestion ? la cessation des études, autre chose qu'une abdication de la raison humaine ? Il essaierait d'étouffer la voix du doute, il ne le pourrait pas. La conscience lui crierait sans cesse que l'adhésion à un système dogmatique est réformable ; que la fausseté des prétendus faits sur lesquels elle reposait a été démontrée. La théorie de la culpabilité de celui qui perd la foi, telle que l'ont élaborée les théologiens catholiques, est une défaite du fanatisme religieux. La théologie musulmane, elle aussi, dit que la foi à Mahomet ne peut être perdue

la foi qu'ils ont déjà reçue par les enseignements de l'Église, jusqu'à ce qu'ils aient terminé la démonstration scientifique de la crédibilité et de la vérité de leur foi ! » Canon 6, chapitre III, de FUle catholica, concile du Vatican.

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ns péché ; elle défend pareillement d'écouter les objections de la raison.

Dans l'état actuel des questions scientifiques, les objections contre le catholicisme sonl si nombreuses el >i claires que beaucoup d'ecclésiastiques Bincères n'échappenl plus à une crise totale. Souvent, autrefois, un prêtre était âgé quand il arrivail à soupçonner la fausset»"- di' son dogme. La mort le frappait avant qu'il eût pu se la démontrer. Les livres traitant scientifiquement l'étude de la religion étaient rares, et il n'arrivait pas à les connaître. Xon seulement il commençait ses investigations sans guide, sans secours mais encore avec de fausses méthodes, des restes de préjugés. Les obstacles sont moindres aujourd'hui.

Cependant, les sentiments que l'ecclésiastique doit à son (''ducat ion, l'habitude de vivre au milieu des exercices du culte, la crainte de tomber dans le vide l'empêchent longtemps encore de procéder rigoureusement dans son enquête. Il s'arrête à des systèmes théologiques malvenus, plus ou moins tolérés par 1 Eglise, et qui, semble-t-il, permettraient à la rigueur de sauver l'essence de sa doctrine. Il se dit comme les théologiens de toutes les religions mis en présence des difficultés : « Il doit y avoir quelque manière de s'en tirer ! » Enfin la vérité se découvre de plus en plus. Lne question se pose : « Suis-je encore chrétien ? » Il faudrait pour y répondre, établir la balance de ce que l'on garde et, du ce que l'on rejette. L'opération est douloureuse. Ordinairement, le prêtre se refuse pendant longtemps à y procéder.

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