‹ La crise du clergéChapitre 19 sur 55 · LA CRISE DE LA FOI · texte numérisé non relu

LA CRISE DE LA FOI

Tandis que l'intellectuel inventorie laborieusement ses croyances, la foi s'éteint souvent sans crise chez d'autres prêtres sincères, mais incapables de recherches d'érudition. Elle meurt comme une lampe dont l'huile s'épuise jour à jour. Ils observent, ils réfléchissent. Les remarques qu'ils font sans cesse sur le Clergé, sur le monde, les convainquent que le système théologique qu'ils enseignent ne peut pas être vrai.

Il défend de penser de peur de mal penser ; il commande de répéter et de croire des choses douteuses ou absurdes. Il anéantit la volonté, tout comme il opprime l'intelligence. Seul, dans son presbytère, le prêtre attend de son évoque l'ordre d'agir comme il attend de lui la doctrine qu'il doit enseigner. L'évèque les attend du Pape et quand cette hiérarchie se met en branle, le plus souvent ce n'est point par zèle spirituel, mais par passion, par intérêt. Ceux et celles qui ont fait vœu d'obéissance dans une congrégation religieuse sont encore plus exploités. Les aspirations les plus naturelles, les plus légitimes, sont tantôt brisées, tantôt tournées au profit de la caste...

Quelle différence entre ce que l'on expérimente dans l'Eglise et les descriptions qu'on vous en faisait pour vous capter, pour vous y fixer par des vœux perpétuels ! « L'Eglise, disait-on, commande avec amour, on lui obéit avec une confiance filiale, car l'Église est une famille. Dans l'Eglise seule, on peut trouver toute la vérité et toute la justice !...»

.\on, ce système n'est point divin, et la résistance

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qu'on lui oppose naturellement avanl <!" l'accepter, |.s souffrances qu'il cause quand on y est entré le montrent manifestement. Le prêtre de bonne foi s'en aperçoit maintenant, pour ainsi dire, aussi souvent qu'il exerce son ministère. Les expériences du confessions! lui montrenl particulièrement que la discipline sacramentelle, actuellement imposée, ue peut être pratiquée.

La même dissolution de la croyance s'accomplit chez des ecclésiastiques que leurs devoirs d'étal ont appelés a d'autres études que la théologie, l n savant religieux disait un jour : « Xous ne devrions jamais apprendre de sciences exactes, positives. Elle disciplinent l'intelligence. Ou veut ensuite se rendre compte de tout. On s'aperçoit peu a peu que ce que Ton nous sert est de L'imagination et ne répond pas à la réalité. Plus tard, les bases mêmes «le la foi ne résistent pas à ces observations. »

La crise peut être longue, mais, dans l'état actuel des sciences, son résultat est désormais certain pour qui voit les questions dans toute leur rigueur.

En tant que se donnant comme établi par Dieu incarné dans un homme, dans un Jésus infaillible, le Christianisme « orthodoxe » est démenti par l'histoire (1). Les principes de cette science et ses métho-

(1) Les objections contre tous les dogmes chrétiens peuvent être plus ou moins longues ou plus ou moins claires. Il en est une qui est brève et péremptoiiv. La parole que les trois synoptiques attribuent au Christ dans un discours sur les signes précurseurs de la fin du monde : « Je vous dis en vérité que cette génération ne passera point que toutes ces choses n'arrivent », cette

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