‹ La crise du clergéChapitre 25 sur 55 · DANS LES SÉMINAIRES J · texte numérisé non relu

DANS LES SÉMINAIRES J

sciences religieuses pour les pervertir et en fausser le sens : on n'en guéril pas : c'esl lu vraiment le péché contre le Saint-Espril (1).

Une telle attitude des étudiants ecclésiastiques est grosse de conséquences ; aussi la hiérarchie s'en estelle préoccupée.

Le 12 décembre 1904, Pie X, recevant, en une audience collective, une centaine d'archevêques et d'évêques de divers pays venus à Rome pour le cinquantenaire de l'Immaculée Conception, leur adressa, en italien, une allocution qu'il termina par les paroles suivantes :

Je ne vous fais, vénérables frères, qu'une seule recommandation : Veillez sur les séminaires et sur les aspirants au sacerdoce.

Vous le savez, il ne souffle que trop sur le monde un air d'indépendance meurtrier pour les âmes, et cette indépendance s'est introduite même dans le sanctuaire : indépendance non seulement vis-à-vis de l'autorité, mais encore vis-à-vis de la doctrine. Il en résulte que certains de nos jeunes clercs, animés de cet esprit de critique sans frein qui domine aujourd'hui, en arrivent à perdre tout respect pour la science dérivée de nos grands maîtres, des Pères et des docteurs de l'Eglise, interprètes de la doctrine révélée.

Si jamais vous avez dans vus séminaires un de ces savants au type nouveau tdi nuovo conio), délivrez-nous en au plus vite, et à aucun prix ne lui imposez les mains. Vous vous repentirez toujours d'en avoir ordonné, ne fût-ce qu'un seul, jamais de l'avoir exclu.

Sur Tordre du Pape, le texte de cette allocution

(1) J. Fontaine, S. J. Les Infiltrations prolestantes et le Clergé français, p. i7.

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l'ut adressé à tous les évoques <1«' France. La pluparl 1 "nt l'ait reproduire dans leurs Semaines religieuses (1).

Dan- beaucoup de diocèses, la recommandation étail inutile. Depuis deux ans, les évêques avaient ordonné aux directeurs de congédier les séminaristes coupables, sinon d'avoir lu les livres de M. Loisy, du moins d'y avoir trouve quelque plaisir, et tous les esprits faux et dangereux, c'est-à-dire trop curieux ou trop ouverts.

Si les directeurs suivaient ces instructions, leurs maisons seraient sans doute bientôt vides. Ils se verraient reprocher par les évêques de ne pas savoir s'y prendre pour développer et assurer les vocations. Ils seraient eux-mêmes congédiés et remplacés par des collègues plus avisés. Aussi n'appliquent-ils pas tous rigoureusement les ordres qu'ils ont reçus, et quelques-uns tolèrent-ils, ou même poussent-ils, sur le chemin de l'ordination, beaucoup de leurs « dirigés » profondément troublés. D'autres séminaristes, restent parce qu'ils le veulent, pensant qu'ils parviendront à réformer l'Eglise ou qu'il leur est permis d'interpréter symboliquement ses enseignements (2).

i L'évêque de Saint-Claude, Mgr Maillet, la fit imprimer en italiques. — Pie X a multiplié les recommandations du même genre. Le document le plus complet et le plus explicite où il les répète est l'encyclique Pieni l'animo, adressée aux évoques d'Italie, le 28 juillet 190 ».

(2) Dans son enquête Qu'esl-ce qu'un Dogme, la Quinzaine a publié le 16 juin 1905, un article signé F. P. Celte étude, très remarquable à divers titres et notamment par son peu d'orthodoxie, est l'œuvre d'un séminariste. Assurément, l'auteur est un

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