DANS LES SÉMINAIRES
Un moraliste très délicat, M. Desjardins, étudiant le conflit du catholicisme et de la critique (2), a pensé particulièrement à ces derniers séminaristes :
A ces jeunes gens, écrit-il, qu'une telle crise déchire, peutêtre y ;i-t-il à dire cependant quelque chose.
Supposons qu'en effet, la thèse de littéralité, de l'historicité exacte ne puisse plus, honnêtement, être maintenue ni pour la Création, le Déluge et l'histoire des Patriarches, ni pour les faits miraculeux en.général, ni pour les gestes de Jésus que rapporte le quatrième Evangile, est-il inéluctable que la foi catholique soit emportée du même coup ? L'efficacité d'une croyance moins appuyée à l'histoire, plus intimement expérimentale, sera-t-elle moindre ?
S'ensuivra-t-il un appauvrissement de la spiritualité, une perte de force et de joie ? Enfin, le point de vue du pur symbolisme est-il franchement extra-chrétien, ou même antichrétien ?
Les critiques profanes n'ont pas autorité pour répondre là-dessus. Tout ce qu'ils peuvent alléguer, ce sont les précédents que fournit l'histoire.
Or, l'histoire de la chrétienté fait voir qu'en tout temps, et particulièrement quand la vie religieuse fui ardente, une interprétation symbolique de l'histoire sainte s'est produite.
Voilà ce qu'aurait à peser, dans le silence de sa cellule, le séminariste que la critique travaille et trouble. A lui de voir, avec une attention acharnée, si vraiment l'alternative est aussi inexorable que le lui prophétisent ses supérieurs : ou la renonciation à la franchise de son jugement, ou la perle du trésor de consolations ej de vertus qu'ont amassé pour lui cent générations d'hommes au cœur profond.
sujet exceptionnel, mais il peut être néanmoins allégué, ce me semble, en preuve des idées hardies qui se sont infiltrées clans certains noviciats ecclésiastiques.
(2) Paul Desjardins, Catholicisme et critique. Réflexions d'an
profane sur l'affaire Loisy, mai l'J05.