‹ La crise du clergéChapitre 27 sur 55 · I II · texte numérisé non relu

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Les apologistes catholiques <>nt immédiatement répondue M. Desjardins que l'alternative est o vraiment inexorable •> el qu'en la mettant en doute ou <'ii essayant de la tourner, on commet une déloyauté I .

i Bulletin de littérature ecclésiastique, juin 1904; Etudes, 20 juillet; Revue idéaliste letln' * I • - Mlt l'imis). 1" août. Sur l'orthodoxie du symbolisme, voyez ci dessus p. 75, note 1.

LES SEMINARISTES SOCIAUX

Lorsqu'on parle de la crise de la Foi et de l'état des séminaires avec les dociles lecteurs de la Vérité Française, de V Autorité, de la Gazette de France et autres feuilles orthodoxes, ces respectables interlocuteurs s'écrient promptement : « Et les séminaristes sociaux ! » L'existence de tels individus semble être une des preuves les plus péremptoires et les plus connues des périls que courent actuellement l'Eglise et la Société. Pour juger de la gravité de ce cas spécial, il faut raconter l'histoire de ces jeunes ecclésiastiques.

Vers 1880, lorsque le Clergé eut reconnu l'utilité des patronages et des cercles d'ouvriers pour continuer et fortifier l'éducation des écoles cono'réy:anistes, les directeurs des séminaires jugèrent qu'il y aurait lieu de conseiller à leurs élèves les plus intelligents la lecture de livres ayant trait à ces œuvres. Ils leur permirent aussi de se réunir une fois par semaine, durant une récréation, afin d'échanger leurs idées.

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Ces petites réunions prireni le nom de « conférences d'oeuvres ». Elles avaient d'abord un bul tout pratique : comment fonder, administrer, diriger un patronage paroissial, ou même des cercles d'ouvriers .' Elles devinrenl bientôt un peu théoriques : que répondre aux ouvriers qui, par hasard, s'intéresseraienl à la question sociale, el comment les détourner de prêter l'oreille à la propagande socialiste ?

Les petits groupes d'œuvres se trouvèrent ainsi promptement amenés à s'occuper de questions qui jusqu'ici avaient été soigneusement exclues des séminaires. Les directeurs leur permirent de s'y arrêter. 11 leur parut qu'on pouvait rendre à l'Eglise ses paissants moyens d'action sur le peuple en s'intéressant à ses affaires et à son bien-être matériel. Dans une société de plus en plus démocratique, les prêtres devaient connaître quelque chose des relations qui existent entre les patrons et les ouvriers, de l'organisation et du fonctionnement des caisses rurales, des syndicats agricoles, des patronages. Le succès qu'avait remporté le Clergé belge et allemand, en s'occupant des classes inférieures semblait un exemple bon à suivre, et les directeurs si concentrés qu'ils fussent dans leurs séminaires, n'étaient pas éloignés de croire que les prêtres auraient bientôt l'obligation de prendre une part active à de telles entreprises.

Les conférences d'œuvres affectèrent d'abord un caractère mystérieux.

Les séminaires étaient alors des milieux extrême-

ment conservateurs, où toutes les idées nouvelles faisaient scandale. Les élèves s'y occupaient d'un programme strictement théologique. Ils pouvaient ne guère travailler, mais ils ne devaient pas travailler en dehors du programme. On comprenait qu'à la rigueur, on put y faire rentrer les œuvres ; mais, à beaucoup d'ecclésiastiques, la question sociale semblait tout au moins une question étrangère. A certains, elle n'était pas éloignée de paraître contraire au sens chrétien.

Le commun du Clergé vivait dans une pleine confiance sur ce qu'il appelait la parole de Dieu, c'est-àdire la prédication. 11 croyait qu'après avoir prêché toutes les vertus chrétiennes, il n'avait pas à se mêler d'aucune des nouveautés que prônaient des intrigants ou des agités.

En ce temps-là, un bon prêtre, du type ordinaire et moyen, considérait une ligue anti-alcoolique comme une entreprise étrange, où pouvait se fourvoyer un pasteur protestant, mais dans laquelle un ministre authentique de Jésus-Christ ne devait pas se commettre. Son devoir à lui était de prêcher contre l'intempérance du haut de la chaire de vérité. Ce que des politiciens ou des naïfs appelaient question sociale, c'était à son avis, une question morale, qui, elle-même, se ramenait à la question religieuse. Ces équations ont encore aujourd'hui des partisans.

De tels préjugés ne rendaient pas sympathiques dans les Séminaires ceux qui occupaient leurs loisirs à étudier la Reforme sociale de Le Play où :1e ManUel

(V Economie politique de Liberatore, ouvrages que les directeurs recommandaient comme fondamentaux et classiques 1 .

Leurs lecteurs lurent bientôt appelés des « séminaristes sociaux », et cette dénomination avait nu sens péjoratif. Les réunions hebdomadaires ne bénéficiaient que d'une tolérance plus ou moins étroite. Les supérieurs laissaient faire le plus souvent, uniquement par politesse pour un jeune professeur qui avait suscite OU pris sous sa protection ces nouveaux

économistes. Si l'un de ces jeunes professeurs devenait lui-même supérieur, il donnait à la petite réunion une sorte d'autorisation et de recommandation qui la mettait a peu près à l'abri du persiflage, mais <pii l'exposait parfois a des manoeuvres de jalousie. Souvent aussi, en devenant supérieur, les professeurs

1 Voici la lisle des auteurs qui étaient principalement lus par les séminaristes sociaux : les abbés Delabaye (du diocèse d'Orléans, pseudonyme Jean des Tourelle.-ï, Garnier, Gayraud, Klein, Lemire; Naudet, Hoblot, (pseudonyme Jacques Debout), Sheban, les Pères Charles Antoine et Debon, MM. George Ponsegrive (pseudonyme Yves Le Querdec), Goyau (pseudonyme Léon Grégoire), Paul Lapeyre.

Les ouvrages suivants obtinrent une faveur lus marquée : 1 onsegrive : Le Catholicisme et la vie de l'esprit 1899] : Grégoire : Autour da Catholicisme social 1897); Le l'api', les Catholiques et la question sociale (1895); Klein: L'Eglise et le Siècle, discours traduits de Mgr Ireland (1894] : Lemire : Le Cardinal Manning ci son action sociale 1893 . Les discours du comte Albert de Mun étaient aussi très goûtés. On regardait comme une seconde encyclique celui qu'il prononça à Saint-Etienne (18 décembre 1892). Dans beaucoup de groupes, le Manuel social chrétien redit. 1894) et le Catéchisme social is'.is du 1'. Debon étaient classiques. Ce Manmi cite les ouvrages de Léo Taxil et du pseudo docteur Bataille; le Catéchisme a des références pareillement dénuées de tendance- bypercriliques.

prenaient peur, abandonnaient extérieurement les sociaux et ne les encouragaient plus que dans l'intimité. De par la force des préjugés et des traditions, le patronage d'un supérieur ne pouvait jamais entraîner de bien grandes faveurs. Quelquefois, il arrivait qu'une reconnaissance officielle était retirée et que la conférence d'oeuvres n'était plus que tolérée (1). Le comble des grâces paraît avoir été atteint au séminaire d'Aix. Les sociaux y possédaient une petite bibliothèque et on permettait qu'ils reçussent une revue documentaire publiée par les Assomptionnistes, Les Questions actuelles, (2). Ordinairement, les sociaux n'avaient le droit de se réunir que pendant une récréation et au grand air. L'hiver, quand il pleuvait, ils ouvraient leur parapluie, ou, s'il faisait froid, ils croisaient les mains dans leurs manches. Quelques-uns n'en appelaient pas moins la conférence d'un nom pompeux : groupe d'études sociales.

La publication de l'encyclique Rerum novarum, sur la condition des ouvriers (16 mai 1891), améliora beaucoup cette situation. Les séminaristes sociaux semblèrent rentrer pleinement dans la ligne de con-

(1) A Lyon, par exemple, de 1898 à 1901, il n'y eut plus de conférence d'oeuvres oflicielle sous la supériorité de M. Lebas (mort en 1903), supérieur général de la Société de Saint-Sulpice. M. Lebas, qui, sur ce terrain, était d'un libéralisme relatif, laissa se former des groupes intimes qu'il conseillait discrètement par l'intermédiaire de ses dirigés.

(2) Plus tard, dans divers séminaires, on permit la lecture de l'Association catholique, de la Démocratie chrétienne, delà Revue catholique des Institutions et du Droit et de la Correspondance hebdomadaire.

duite préconisée par le Pape. L'encyclique devinl leur charte : dans quelques séminaires, on la prenait comme texte d'études. Bientôt après, le 16 février 1892, vint ce qu'on appela « l'encyclique du ralliement ». Léon XI 11 détachai! à jamais l'Eglise de Prancedes anciens partis avec autorité ei simplicité, toul comme autrefois ses prédécesseurs déliaienl les peuples du serment de fidélité envers les empereurs ei les n>is. Quelle joie ce fut parmi les séminaristes sociaux ! Ils croyaient qu'il n'y avait que des malentendus entre l'Eglise ei la Société moderne, et que ces malentendus étaienl désormais dissipés. Ce fui le temps iIimi l'esprit nouveau », selon l'expression de Spuller ; ce fui une renaissance. Pour les jeunes clercs, il y eu1 là un épanouissemeut incomparable, un vrai printemps de cœurs purs, dévoués et pleins d'espérance il).

La plus touchante union régnait parmi eux. Ceux dont les années d'études étaient achevées et qui s'en allaient dans le ministère restaient en correspondance avec ceux qu'ils avaient reçus dans la Conférence. Le p<tit groupe du Séminairede Paris, pour que ces liens fussent plus étroits et plus durables, fonda une sorte de correspondance circulaire qu'il appela Vidée chrétienne. Dans le même temps, des échanges de lettres commencèrent entre les élèves de divers séminaires. Les ardents se renseignaient sur ce qui se passait ici ou là. Ils se communiquaient les meilleurs

(1) Voyez mon Américanisme, et le livre de MM. Georges Goyau et Jean Brunhes, Du Toast à l'Encyclique, Paris, LecofTre (1892].

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dissertations et rapports <jui avaient pu être élaborés dans leurs conférences.

Des années se passèrent ainsi durant lesquelles les séminaristes sociaux recrutèrent leurs petits groupes avec le plus grand entrain et les plus grandes espérances, et aussi les plus grandes illusions. Ils ne remarquèrent point que le Pape restreignait sans cesse davantage l'application des principes de de l'encyclique Renan novarum. Le premier grand coup de barre réactionnaire fut la condamnation de l'Américanisme. Léon XIII, en 1899, proscrivit, comme doctrines, des tendances que les abbés démocrates, les séminaristes sociaux des années précédentes, tiraient des exemples plus ou moins authentiques des catholiques des Etats-Unis. Les abbés démocrates prétendirent qu'ils n'étaient point atteints par cette condamnation, et les séminaristes sociaux le crurent.

Les directions pontificales ne purent donc enrayer le mouvement qu'elles avaient favorisé. Il prit de l'extension. Un séminariste du Nord, l'abbé Leleu, eut l'idée de réunir tous les groupes pour un échange de correspondances et d'en faire comme une grande réunion fraternelle. Il commença un essai de fédération, et l'abbé Thellier de Poncheville (1), qui lui succéda, put mener l'œuvre à bonne fin.

Les correspondances manuscrites circulaient difficilement. Quelques séminaristes lisaient trop tardi-

1 Fils de l'ancien député, président des Congrès catholiques du Nord.

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vemenl à leur gré, ou 1 » i • • n perdaienl beaucoup de temps à recopier pour eux-mêmes Les documents et les informations qu'ils désiraienl conserver. Frappé de ces inconvénients, un séminariste de Lyon, L'abbé Antoine Martin, eut L'idée de Lithographier les circulaires.

Tous Les trimestres, Les nouvelles feuilles devaient publier une courte chronique analytique de ce qui se passait dans les séminaires eo rapport avec celui de I.Y'Mi. des renseignements et <lrs réponses, <1<'S demandes d'enquête. L'abbé Martin exposait ainsi leur programme :

Nous n'avons rien à cacher, ne faisant qu'user de notre libre initiative pour le bien, mais nous avons le devoiij aussi de ménager les susceptibilités, de respecter les embarras el le silence souvent voulu de m>s supérieurs, le devoir impérieux d'éviter des indiscrétions ou des imprudences qui pourraient compromettre des confrères moins compris de leur milieu. Nous travaillons à l'union! La charité est la vertu unitive. Donc aucune communication qui n'ait été concertée avec nous. Nous n'aspirons pas à devenir officiels, mais nous tendrons, avec l'aide de Dieu, et dé nos amis, à obtenir l'approhaiinu canonique, hiérarchique qui accroîtra les « grâces d'état » et décuplera nos énergies. I

La circulaire qui réalisa ce programme s'appela le Trait d'Union. Elle remporta un grand succès dans le petit monde des séminaristes sociaux. Ils

(t) Extrait d'une lettre-circulaire datée du 20 novembre 1899. Le premier numéro lithographie de la Correspondance entre les groupes d'études sociales du Trait d 'Union fut celui d'octobre IS'J'j.

avaient beaucoup travaillé jusque-là ; mais les résultats auxquels ils avaient abouti ne correspondaient aucunement aux énergies dépensées. Tous n'étaient que des autodidactes, privés de livres scientifiques indispensables, formés d'après une méthode dénuée de critique, dans des conceptions surannées. Aucune revue rédigée par les séminaristes ne pouvait corriger les vices de ces recherches, mais, en se communiquant le récit de leurs inexpériences, en recueillant des faits et des appréciations, ils entraient cependant dans une voie de progrès. Les tendances des bulletins étaient d'ailleurs essentiellement pieuses. En tout, ils cherchaient ingénieusement l'édification. Ils la trouvaient souvent d'une manière touchante. Par exemple, en consacrant dans la correspondance un petit coin pour les séminaristes « encasernés », on demandait à leur intention des secours surnaturels et naturels, c'est-à-dire des prières, des mortifications, des renseignements qui pussent les aider, des livres, des brochures, des journaux pour leur distraction.

Le Trait d'Union circula dans une vingtaine de séminaires, représentant à peu près la région du sud-est (1). Dans les autres'régions, on créa d'autres

(1) Le Trait d'Union était lu à Aix. Autun, Avignon, Belley, Besançon, Chambéry, Digne, Dijon, Grenoble, Lyon (Alix et Saint-Irénée), Moutiers, Romans (séminaire du diocèse deValence), Marseille, Viviers, Fréjus, Saint-Dié, Nîmes, Gap, Bourg, Saint- Jean de Maurienne; en dehors du sud-est, à Paris, Audi, Evreux, Oxléans, Reims, Lille, Cambrai, Nevers, Toulouse, Bourges, et au Séminaire français à Rome.

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organes : le Lien à Evreux, La Chaîne I à Audi, Caritas dans le Nord. Pour Paris el les diocèses voisins, il v eut, indépendammeni de \'/</<:r chrétienne, un Bulletin d'Etudes so<i<//cs, fondé ru janvier L901.

Les démocrates chrétiens comptaient si bien sur 1rs espérances <jue donnait cette jeunesse, qu'ilsinvitèrent, en L900, les principaux séminaristes sociaux à une réunion amicale d'études, convoquée à l'usine du Val des Bois, chez M. Léon Ilannrl, du 11) au 26 août. Il s'y trouva une soixantaine de congressistes. Les principaux d'entre eux, ouln- M. Harmel, étaient les chanoines Dehon, Perriot et Raux, les abbés Gayraud et Vercesi, Mgr Cauly, qui représentait le cardinal-archevêque de Reims (2). L'évéque de Cahors, Mgr Eluard (3), plus tard archevêque d'Auch, présida le banquet final. Il fut déclaré « précurseur, docteur et protecteur de la démocratie » et « père des séminaristes ».

Cette réunion causa du scandale dans le monde conservateur. La participation qu'y avaient prise des séminaristes parut un fait grave et plein de menaces

(1) La Chaîne passait dans les séminaires d'AIbi, Mende, Pamiers et Toulouse, Rodez, Tarbes. Le Lien, fondé en octobre 1900 pénétrait dans les séminaires de Baveux, Saint-Brieur, Orléans, Quimper, Rennes, Strasbourg.

'ii M. de Mun fut empêché de venir au Congrès. Le cardinal vice-camerlingue assista à une ou deux séances et bénit les congressistes au nom de Léon XIII. Il figure dans la photographie ]Mi-e des congressistes.

:: Mgr Enard présida même dans son diocèse un « Congrès de Séminaristes » qui mit en fureur la presse réactionnaire.

pour l'avenir. Les partisans du trône disaient avec autant de dépit que de raison : « Les séminaristes sociaux seront les abbés démocrates de demain. »

Au mois de juillet 1901, la Semaine Religieuse de Cambrai signala le danger que faisait courir aux séminaristes, pendant les vacances, les deux journaux démocrates de l'abbé Dabry et de l'abbé Naudet.

Le 10 août, l'un des plus acharnés adversaires du « ralliement », M. l'abbé Maignen (1) fit connaître en gros, dans la Vérité Française, l'organisation régionale des Séminaristes sociaux, leurs cinq bulletins, leurs congrès, notamment ceux du Yal des Bois, « dont il est assez diilicile, disait-il, de se procurer le compte rendu » (2).

Le secrétaire du Lien, M. Emile Bauny, était particulièrement malmené. Il avait recommandé « une attitude, sur tous les points, irréprochable ». M. Maignen voyait là une « tactique » qui enlève à la régularité « tout son prix ». « De la part des séminaristes, ajoutait-il, il y a beaucoup d'enfantillage et d'illusion, mais que penser des hommes, des prêtres, qui abusent de l'inexpérience et de la générosité des jeunes clercs ? »

\j Autorité [\.Q août) reproduisit en partie l'article de M. Maignen en concluant ainsi : « Pour ces mal- Ci) Sur M. l'abbé Maignen, on trouvera de nombreux renseignements dans V Américanisme, notamment p. 't78.

(2) Le 1er octobre 1901, la Revue du Clergé français publia le compte rendu de cette réunion au Val, et, le 17 août, la Justice Sociale celui de la réunion régionale du Sud-Est.

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heureux, le séminaire social aura été simplement le conservatoire des défroqués èl «1rs renégats. C esl réalité au secours des loffes el à l'œuvre «les

en

apostats que se consacre la Funeste propagande des séminaristes sociaux. » (1)

Les évoques s'émurent. A Evreux, Mgr Meunier refusa de prendre connaissance du Lien et, sur lo témoignage d'un archiprêtre, il le condamna en le qualifiant de « satanique ». A Orléans, MgrTouchet, apprenant l'existence de cette même revu»', dit à son secrétaire : « Je verrai. Ou je ne dirai rien, ou je briserai tout. » Il vit et ne dit rien.

Le cardinal Coullié demanda à l'abbé Martin de lui communiquer la collection entière du Trait d'Union.

Le 30 août, la Semaine religieuse de Quimper publiait un « communiqué de l'évéché » pour attirer l'attention « des vénérés confrères sur une propagande très active qui se fait auprès des séminaristes en vacances... Il s'agit non seulement des journaux La Justice Sociale et La Voix du Siècle, mais encore et surtout de certaines correspondances ». On faisait remarquer 1' « analogie » entre « ce travail souterrain » et les « programmes élaborés, depuis longtemps, dans les loges maçonniques ».

Le communiqué se terminait en priant « les vénérés confrères » d'observer les séminaristes en vacances dans leurs paroisses, de scruter leur esprit, de sur-

(1) Article de Paul de Léoni.

veiller leurs lectures et leurs fréquentations. « Il y va du suprême intérêt de l'Eglise. »

Cette note fut reproduite ou commentée par une vingtaine de Semaines religieuses, par divers journaux de Paris et de province (1).

Du moment que les francs-maçons avaient été mis en cause indirectement et par analogie, le journal des pieuses calomnies, le Père Duchêne du catholicisme, leur imputa naturellement et rondement les méfaits que Ton venait de découvrir. Dans le numéro des 1-2 septembre, la Croix de Paris publia une note intitulée « Les Séminaristes et les Loges », tandis que la Croix du Dimanche (2j insérait l'entrefilet suivant (6 septembre 1901) :

...La secte... s'en prend aux jeunes prêtres et aux séminaristes qu'elle juge à cause de l'inexpérience de la jeunesse plus accessibles à ses suggestions', elle leur envoie des journaux spéciaux, des circulaires rédigées avec une habileté satanique pour captiver leur attention et les détourner peu à peu du devoir.

Le but final de cette manœuvre est de provoquer un schisme, des hérésies et finalement l'anéantissement progressif de la religion en France.

Plusieurs évêques se sont émus et ont mis en garde le Clergé contre ces manœuvres.

(1) Notamment par la Gazelle de France, V Autorité (2 septembre), le Nouvelliste de Lyon (8 septembre^, YEcho de la Marne (14 et 28 septembre), le Mémorial des Pyrénées (26 septembre).

(2) La Croix du Dimanche était une édition hebdomadaire de la Croix de Paris, à l'usage de la province. Celte publication continuait d'être dirigée de Belgique par les Assomptionnisles.

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A la suite de L'entrefilet de la Croix de Paris « Les Séminaristes et les Loges », un séminariste du Nord demanda a ce journal de bien vouloir L'éclairer sur

a infiltrations sournoises <!<• la franc-maçonnerie et lui signaler les passages tendancieux de ces correspondances reçues librement a la conférence des œuvres de sou séminaire, et dont il voulait combattre efficacement la déplorable influence.

Le secrétaire de la Croix lui répondit :

7 septembre.

La nécessite d'informer le public de tout ce qui se passe

est un devoir trop impérieux pour un grand journal comme

la Croix [.mu- qu'il néglige un document ; c'est à ce titre que

nous avons reproduit L'article de la Semaine Religieuse de

Qu imper. Nous devons toutefois dire que npus recevons quel-

ques-unesdeces feuilles sansy avoir jamais trouvé rienàrepren-

dre. Nous en citons inrine avec éloge des passages dans la

Chronique de la Bonne Presse. Ne vous émeuvrz donc pas

outre mesure, cher monsieur l'abbé, de ce communiqué, peu

fait pour votre région.

[Signature illisible]

Secrétaire général.

Comme le Trait d'Union était la principale « des circulaires rédigées avec une habileté satanique pour détourner peu à peu du devoir » les séminaristes, le directeur, l'abbé Martin, envoya de son côté a la Croi.v du Dimanche une longue lettre explicative, que celle-ci se garda bien de reproduire intégralement.

M. Martin écrivit aussi à l'évêque de Quimper,

Mgr Dubillard(l), pour lui demander : l°si le communiqué était de lui (il avait ouï dire que c'était l'œuvre d'un secrétaire) ; 2° s'il avait lu les dits bulletins ?

L'évéque lui répondit :

19 septembre.

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