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(.railleurs, n'était pas nouvelle. Quelques œuvres de ce genre existaient déjà. Un de leurs initiateurs parait avoir été un prélat du dix-huitième siècle, l'incrédule cardinal de Loménie de Brienne, Etant archevêque de Toulouse, il demanda au Clergé et aux personnes pieuses de contribuer à l'entretien des séminaristes pauvres par la fondation de bourses entières ou partielles (1).
Malgré toutes les entreprises établies en leur faveur depuis 1878, les vocations ont lentement diminué. En 1888, on comptait 2,169 succursales vacantes, et il y eut 1,679 ordinations. En 1903, il y avait 2,560 succursales vacantes, et on compta 1,645 ordinations.
pauvres désireux d'entrer dans l'Eglise ». « Pour leur en donner les moyens, dit le prospectus, il a été fondé un Comité composé de propriétaires dont les produits sont offerts directement à la clientèle catholique, et qui donnent, sans préjudice pour la qualité des marchandises livrées, une remise pour cette œuvre. L'Œuvre sacerdotale a été approuvée par Son Éminencele cardinal Coullié, archevêque de Lyon et de Vienne, el par Sa Grandeur Mgr Henri, évêque de Grenoble. Elle â été honorée d'un Bref de Sa Sainteté Pie X ».
(1) A Paris, l'œuvre est plus ancienne. En 1644, fondée par le célèbre M. Bourdoise et M. Fraget, curé de Saint-NicoIas-du- Chardonnet ; elle fonctionna presque sous la même forme qu'aujourd'hui, et s'appelait La Bourse Cléricale'
Bessuscitée après la Bévolution, dans des conditions assez différentes, l'œuvre subsista jusqu'à l'épiscopat de Mgr Darboy, qui ne crut pas nécessaire de la maintenir.
Le cardinal Guibert, aux prises avec des difiicultés inconnues à son prédécesseur, encouragea la réorganisation de l'œuvre qui fonctionna, dès 1882, sous le nom d' (JE livre des Vocations. D'heureux résultats, bientôt obtenus, la firent ériger canoniquement par ordonnance archiépiscopale du 25 mars 1883, avec le titre à'.Œarre des Petits Séminaires de Paris. Un peu plus tard, les
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Trois causes "ni cependanl empêché les postes vacants d'être plus nombreux encore. Depuis trente ans, les évoques ont supprimé il»' petits postes où la présence d'un prêtre était devenue complètement inutile. De 1898 à 1901, un certain nombre d'évêques, prévoyanl la loi des associations, ont absolument refusé à leurs séminaristes la permission il entrer dans les congrégations et, depuis 1900, des conarrésranisles sonl rentrés dans leurs diocèses respectifs et en ont complété les cadres.
Cette esquisse d'ensemble présente dans le détail une certaine variété, selon que l'on considère le nombre et la qualité di - recrues. Dans le diocèse de Cambrai par exemple, qui est resté l'un «1rs plus catholiques et des plus riches de France, le Clergé - culier les a surtout tirées, durant la plus grande partie du dix-neuvième siècle, de la classe inférieure, mais très honnête et très religieuse, des petits fermiers. Le grand nombre des collèges ecclésiastiques fondés dans cette région (il y en a vingt-trois a modifié peu à peu le recrutement qui s'opère maintenant presque- exclusivement dans la petite et la moyenne bourgeoisie. La haute bourgeoisie et la noblesse, sauf rares exceptions, n'ont pas donné huis enfants au Clergé diocésain. Ils allaient de
bourses accordées par l'Etat aux élèves des séminaires ayant été supprimées, le cardinal Guibert voulut que l'œuvre continuai à Lenir ses protégés jusqu'au sacerdoce et, le ' avril issu, une ordonnance archiépiscopale la constituait définitivement sous le nom (l'Œuvre des Séminaires de Paris.
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préférence dans les Ordres religieux, notamment chez les Rédemptoristes, les Jésuites et les Dominicains (1).
Dans quelques autres régions, comme la Bretagne, la Savoie et le Béarn, il semble bien que l'Eglise a sinon gagné, du moins qu'elle n'a rien du tout perdu dans son mode de recrutement. 11 n'en est pas de même pour la plupart des diocèses du Midi et du Centre, et c'est de leur l'ait que la statistique accuse la diminution des vocations. Depuis 1904, « les entrées dans les petits séminaires ont diminué ici d'un quart, là des deux tiers, et en moyenne dans l'ensemble du pays de moitié » (2).
La crise de la foi, qui sévit dans le Clergé, accentuera cette baisse. Beaucoup de prêtres, qui sont décidés à ne pas sortir de l'Eglise, le sont également à n'y pas faire entrer de nouvelles recrues. Ils croiraient commettre un crime en orientant des jeunes gens vers le sacerdoce (3).
(1) Ce recrutement de certaines con'grégalions dans la bourgeoisie industrielle du Nord explique en partie pourquoi elles se sont opposées, de toutes manières, au mouvement démocratique, et ont entraîné avec elles beaucoup de patrons catholiques de la région.
(2) La Croix, 4 janvier 1906.
(3) Dans un article publié par Y Enseignement chrétien, en mars 1900, sur la Crise des petits séminaires, M. l'abbé Paul Lahargou dit que ces deux phrases lui paraissent « très près de la vérité ». Mais comme il ne veut pas reconnaître qu'il existe dans le clergé une crise de foi, il attribue exclusivement cette conduite à un motif qui d'ailleurs mérite d'être noté: « Les pasteurs d'àmes, ditil, n'osant exposer à un lendemain plein de troubles des enfants dont ils craignent de ne pouvoir, faute de ressources pour euxmêmes, seconder la vocation et soutenir la marche versl es autels. »
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Cette disposition coïncidanl avec deux grandes conjonctures politiques, la séparation de I Eglise «•! de L'Etat, el lo loi qui fixe à deux ans la duréedu service militaire, produira fatalement, e1 au moins momentanément, une notable perturbation dans les œuvres des vocal ions.
Il n'v a pas de doute en effet que La séparation de l'Eglise «'t de l'Etat u'empêchera, au moins d'ici que L'Eglise se soil réorganisée, nombre de parents de laisser leurs curants se consacrer à son service, et surtout de les y pousser. Depuis nos cinq cardinaux jusqu'aux derniers vicaires de nos campagnes, les ecclésiastiques ont trop crié, et avec trop d'unanimité, que le nouveau régime constitue pour eux une persécution el une ruine.
Sous le régime du Concordat, c'était la mère de famille qui était ordinairement l'auteur de la vocation de son fils : elle considérait l'état ecclésiastique comme doux, honorable et sûr. Le père ne faisait souvent que tolérer la direction que sa femme donnait à l'enfant, et cette tolérance était uniquement inspirée par la certitude que son iils aurait, dans un étal peu fatigant, un traitement et une considération de fonctionnaire.
Maintenant que le prêtre ne sera plus fonctionnaire, et en attendant que L'Eglise ait reconstitué .ses propriétés et ses revenus, les bons enfants sur lesquels le curé jetait son dévolu, parce qu'ils étaient attentifs au catéchisme et sages durant les offices, seront dirigés sur d'autres carrières tranquilles, peut-