‹ La crise du clergéChapitre 31 sur 55 · LE RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

LE RECRUTEMENT

être même vers la sienne, par l'instituteur qui les

voit dociles en classe.

La loi militaire Je deux ans semble aussi devoir apporter des modifications dans les statistiques sacerdotales. Telle vocation qui aurait résisté à l'épreuve d'un an de caserne, ne résistera pas à une expérience moitié plus longue. Le cas se présentera certainement. Toutefois, il serait illogique de le généraliser. L'amour de l'idéal est assez fort pour surmonter un tel obstacle. D'autre part, il ne faut même pas compter que cet obstacle débarrassera l'Eglise des pseudovocations. Elle élève ses clercs d'une manière si spéciale qu'un séminariste sans argent ni énergie, mais doué de sens pratique, se dira toujours, à la fin de son service militaire, que, s'il veut avoir du pain, il lui faut rentrer.

On a fait d'ailleurs ces études psychologiques avec la loi militaire de 1889 qui a supprimé l'immunité du Clergé en astreignant les élèves ecclésiastiques à un an de service. Cette loi n'a pas diminué considérablement les ordinations. Dans les premières années qui ont suivi son application, surtout de 1891 à 1894, leur nombre a subi un notable fléchissement. Il provenait non pas de défections, mais d'une sorte de vide momentané, produit dans les cours des séminaires (1).

(1) La loi de 1889 n'en a pas moins eu une grande influence sur révolution du clergé. Durant leur temps de caserne les séminaristes découvrent des perspectives autres que l'horizon très restreint, physiquement cl moralement, dans lequel ils ont été

|,r, LE RECRUTEMENT

Quoique les circonstances présentes tendent ;i réduire partout le nombre des vocations ecclésiastiques, il semble bien que, même dans les provinces de France les moins religieuses, elles ne doivent pas si tarir. L'Eglise a fondé tant de bourses, elle offre la pension dans les petits séminaires à un prix si peu élevé, que des familles enverront longtemps leurs enfants y prendre l'instruction, alors même qu'elles . spèreraient que, résistant à la formation qui leur est inculquée, ils ne deviendront pas prêtres (1).

Il peut y avoir un péril pour l'Eglise à ce que son personnel diminue notablement, mais il y en a un autre plus grand c'est que, pour maintenir le nom-

confinés. Ils entendent critiquer les actes de l'autorité et pri ttnent des tendances île liberté et d'indépendance dont il- ne se ronl jamais eomplèleraent.

1 Tour conjurer 1>- <il'els désastreux de la présente situation, il s'est fondé, en 1905, une alliance des Grands Séminaires. Elle a tenu sa première réunion au mois de juillet IMG. Quatre sujets S onl été principalement étudiés : « La préservation des séminaristes-soldats, l'organisation des études troublées par la loi du service de deux ans, lé fléchissement des vocations ecclésiastiques et les devoirs écrits dans les grands séminaires. » i9 diocè- . maisons étaient représentées officiellement par 65 conssistes, dont 30 supérieurs. Le secrétariat avait reçu 145 adhésions personnelles.

En la seconde de leurs assemblées plénières, tenues du 4 au - - tptembre 1906, les .-venues ont pris relativement aux sémina- - - les deux décisions suivantes :

o On n'appellera ni à entrer dans les ordres sacrés, ni a y continuer leur ascension, les sujets qui n'auraient pas fini de satisfaire aux obligations du service militaire de deux ou trois

ans.

« Les séminaristes-soldats seront invités à prétendre aux grades de sous-olliciers ou même d'officiers d'administration ou de réserve. »

Page 1