LE RECRUTEMENT I
bre, elle ne se préoccupe pas de la qualité. Alors, pour toute la France, le mode de recrutement sacerdotal deviendrait de plus en plus ce qu'il est actuellement dans quelques régions que les ecclésiastiques appellent les « mauvais diocèses ».
Là, les élèves du séminaire sont uniquement tirés de familles pauvres et souvent sans aucune foi. L'Eglise constitue pour eux une carrière dans laquelle ils sont décidés, coûte que coûte, à entrer. Leur année de caserne leur apparaît leur meilleure année d'apprentissage. Les directeurs ne sont pas dupes de leurs sentiments, mais ils n'y peuvent rien. Ils ne choisissent pas les matières premières, ils les reçoivent et ils n'opèrent pas avec elles comme ils le voudraient.
11 est évident que, si un tel mode de recrutement persévérait et se généralisait, l'Eglise de France, honorable durant tout le dix neuvième siècle, connaîtrait une manière d'exister très nouvelle, ou plutôt elle prendrait le chemin d'une triste et rapide fin.
Le fâcheux état de ces quelques séminaires seraitil compensé par les vocations de bon aloi des jeunes gens de familles distinguées, autrefois élevés dans les collèges congréganisteset qui, séduits par l'idéal, se décidaient le plus souvent à l'embrasser, non pas dans le Clergé séculier, mais dans la société religieuse qu'ils avaient sous les yeux ? Les noviciats de ces congrégations ont été transportés non loin de la frontière, afin de les y attirer encore. Cette habileté réussira-t elle, ou bien se décideront-ils à entrer