‹ La crise du clergéChapitre 33 sur 55 · I .S LE RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

I .S LE RECRUTEMENT

dans le Clergé séculier? C'est un problème que tranchera l'avenir I .

Lorsqu'on regarde cette situation à la lumière < !<• l'histoire, elle ne peul apparaître que critique pour le catholicisme.

Il a été établi en France par des Familles épiscopales.

Après l'effondrement de l'empire romain, sur tout notre territoire; il ne subsistait plus qu'un seul pouvoir digne de ce nom : l'épiscopat. Il se lit une puissance de toutes lis faiblesses, une richesse au milieu de toutes les ruines. Le peuple, qui disait ses évêques et qui avait besoin de trouver en eux des protecteurs et des défenseurs, les choisissait ordinairement riches et souvent de familles illustres. On voyait de véritables dynasties épiscopales et même, comme la loi du célibat ecclésiastique n'existait pas encore, parfois un fils succédait à son père dans l'administration d'un diocèse. Ce fut ainsi que s'établirent les gigantesques assises de l'Eglise sur notre sol, qu'elle acquit la force non seulement de résister aux

(1) Outre leurs noviciats proprement dits, des congrégalimis ont établi sur la fronlière des établissements ou alumnals deslinés a favoriser les vocations sacerdotales séculières ou religieuses. Voici l'adresse de quelques-unes de ce- pépinières:

Alumnals de Bure, par Grupont (Belgique; : — de Zepperen, près Saint-Trond Belgique) ; — de Taintegnies, près Tournai Belgique) ; — du lii/et, près Armenlières Belgique] : — œuvre des vocations tardives a Sarl-les-Moines, par lieux [Belgique) ; — alumnals de Vinovo, près Turin (Italie) ; — de Calahorra, colegio >. Aguslin Espagne).

Toutes ces maisons appartiennent aux Assomplionnisles.

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barbares, mais encore de les dompter, et qu'elle fonda l'immense richesse qui lui assura la domination pendant tant de siècles. Cette fortune continuellement augmentée et l'union avec le pouvoir civil lui conservèrent un recrutement capable de maintenir son prestige. La décadence, fatale après les découvertes scientifiques, est venue avec l'ébranlement de la vieille foi, la sécularisation de la société et la sécularisation des biens ecclésiastiques. Dès lors, son recrutement est toujours allé en diminuant de qualité. Les aristocraties de l'intelligence, de la naissance et de l'argent ont donné de moins en moins leurs enfants à une institution relativement ruinée et qui semble sans avenir, parce que ses prétentions à l'immutabilité et à l'infaillibilité l'isolent du progrès vital et la pétrifient dans le passé. L'abstention de ces classes est-elle irrémédiable, et l'Eglise restet-elle vouée à une sélection à rebours ? Pourtant, il est bien sur qu'elle ne peut plus se maintenir en France que par un Clergé, comme le dit l'Evêque de Châlons (1), « d'une éclatante et solide valeur ».

Mais l'Eglise peut-elle encore se procurer ce clergé ? Son apologétique, condamnée à défendre une fausse théologie, peut-elle jamais être solide ? Et les directions imposées par Pie X ne compliquent-elles pas singulièrement la situation ?

Elles sont suivies, depuis 1905, dans la plupart

(1) Mgr Lalty, nommé archevêque d'Avignon, le 12 septembre

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