LES FACULTÉS CATHOLIQUES
scientifiques vis-à-vis delà théologie. L'école la plus large essayait de couvrir de quelques adages ce que Ton considérait comme des hardiesses de critique : « Nihil pium, nisi verum, disait-elle (1). La vérité est la piété de V histoire (2) ». Mais comme cette école ne soumettait à l'examen que des points subsidiaires, les résultats ne présentaient guère de témérité. Ses œuvres d'érudition sont estimables, elles n'ont pas eu de portée. Quant aux travaux les plus vantés sortis des quelques foyers d'instruction qui ont existé dans le Clergé de France jusqu'à 1875 : l'école des Carmes, la chapellenie de Sainte-Geneviève, les Facultés d'Etat de théologie, où sont-ils ? Que reste-t-il des œuvres des cardinaux Meignan et Bourret, de Mgr Freppel, de l'abbé Fouard ? Et leur influence n'a-t-elle pas été néfaste, au point de vue strictement scientifique (3)? Il manquait à leurs auteurs la première condition de toute recherche féconde : la liberté.
Les Facultés catholiques, établies en 1875, devaient continuer les mêmes errements. Du moment qu'elles étaient catholiques, elles obéissaient en tout aux théologiens, et ceux qui les fondaient avaient surtout pour but de former non pas des chercheurs impartiaux, des penseurs désintéressés, mais des défenseurs de l'autel et même du trône. Il semble donc
(1) Mot de l'abbé J.-B.-C. Pascal. Voyez Controverse de l'apostolicilé, p. 90.
(2) Mol de Mgr Casimir Chevalier.
(3) Sur leurs méthodes, voyez La Controverse de VapostoUcilê et La Question Biblique.