I. Mai km
// décembre. — Mise à l'index du livre de l'abbé E. Lefranc (pseudonyme), Les Conflits de la Science et de la Bible (Paris, Nourry, 1906) el de La Question Biblique au \ \ siècle.
/.". décembre, — Un prêtre catholique, curé d' paroisse
de France, très préoccupé par la crise religieuse el lecteur, depuis des années, < i u journal protestant l'Avant-Garde (1), demande à ce journal de mettre à l'enquête les questions de savoir :
I Si les intérêts supérieurs du pay- el du christianisme réclament l'adhésion au protestantisme;
-i. au contraire, le génie français ne répugnerait pas au protestantisme el s'il ne vaudrait pas mieux chercher une forme religieuse différente.
II v eut presque unanimité pour répondre non à la première question.
Décembre. — Un ancien prêtre, M. Edouard Bourdery, ronde à Nantes-Chatenay, une a mission catholique libérale. »
Après quelques années du ministère pastoral dans l'Eglise réformée où il ne trouva pas les éléments nécessaires à la Réforme du catholicisme, M. Bourdery entreprend de sa
propre initiative, ce mouvement nouveau qui a p • bul
d unir à la conservation île la tradition catholique, l'esprit évangélique I*' plus libéral el le plus avancé ».
(1) Publié à Orlliez; parait tous les deux mois.
M. Bourdery no croit pas qu'un schisme basé sur des raisons purement politiques ou même canoniques soit viable aujourd'hui. Il ne croit pas non plus que le protestantisme français soit assez réformable pour être adapté aux nécessités de la mentalité française ; ni enfin qu'aucune œuvre individuelle puisse se substituer au catholicisme romain en un pays où V impersonnel seul est apprécié.
(Test pourquoi sa mission catholique libérale commence par adopter l'édition française du prayer-book américain qui contient la formule du gallicanisme adaptée aux besoins d'une République comme la nôtre et d'une civilisation non moins avancée.
M. Bourdery se trouva bientôt à la tête d'un groupe qui s'augmente de jour en jour. Il célèbre un culte régulier, 20, rue des Usines, dans une salle louée à cet effet.
Le programme de la mission catholique libérale se résume en trois points : « 1° conservation de la tradition catholique ; 2" abolition de tout ce qui est contraire à l'Evangile, papauté, confession, commandements d'hommes, vieux contraires à la conscience et à la dignité humaine, etc.: 3° adaptation à la tradition catholique de tous les progrès faits en dehors d'elle, et libre interprétation des dogmes. »
1907. — 6 janvier. — Un groupe d'anciens prêtres fonde, à Paris, une association qu'ils appellent Le Soutien Amical. Elle se propose, avant tout, de fournir à ses membres des moyens d'existence par le travail.
Son but, parfaitement défini, est de créer entre les anciens prêtres catholiques des relations cordiales et un lien de solidarité; d'aider le prêtre catholique rentré dans la vie civile à trouver une situation en rapport avec ses aptitudes, ses connaissances et ses facultés; de créer à son endroit un courant d'opinion favorable; d'attirer sur une catégorie d'hommes trop souvent victimes de préjugés injustes la sympathie des esprits généreux et môme la bienveillance des pouvoirs publics.
Le Soutien Amical entend rester entièrement en dehors de toute idée confessionnelle (1).
(1) L'Exode, n° 1.
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L'Association ouvre aux prêtres qui viennenl chercher une
situation à Paris i maison qui s'appelle • l'Eta| i
partir du mois d'oclobre, elle publie un journal, maintenant Dj mensuel, intitulé : L'Exode, organe du mouvement : //<</•* de Rome.
Le siège du Soutien Ami, -ni esl : 73, me tin Moulin-Vert,
Paris (U ,
tO janvier. — Sous le titre • Confessions . un ministre qui reste dans une Eglise donl il ne partage plus les croyances el qui signe un « Undistinguished heretic », publie, dans The
IndependentiV'w -1 ork), s apologie de «ceux qui restent».
Celte publication suscite une intéressante controverse dans les numéros des 1 el 15 révrier de la môme revue : on y voil comment la question esl envisagée dans les milieux protestants des Etats-Unis.
janvier. — Un prêtre du centre de la France publie l'ouvrage suivanl : L'Évangile de l'Esprit. Saint-Jean, traduit et commenté par Alta, docteur en Sorbonne (1). Le livre esl dédié Au Pape de génie qui haussera l'Eglise catholique du christianisme matériel au christianis spirituel ».
5 février. — Le Siècle publie l'information suivante .
De nombreux diocèses, on nous signale des prêtres quirenlrent , dans la vie civile. Voici quelques noms pour le seul dioéèse d'Arras :
M. Auguste Gorillot, licencié es lettres, professeur de rélliorique au petil séminaire d'Arras;
M. Alexandre Famien, vicaire à Pont-à-Vendin;
M. Joachim-Pierre Carpenlier, licencié es lettres, professeur au petit séminaire d'Arras;
M. Iiemy Lorlhioy, professeur d'allemand au collège d'Aire;
M. Jules Eloy, vicaire à Berck :
M. Théodule Godet, curé de Magnicourt.
Dans différents diurèses, les évoques s'émeuvent de cet exode. Ils s'empressent autour de ceux qui s'eu vont pour les faire
(1) Paris, Cliacornac, 1907, in-12, 484 p.
revenir. Ils s'empressent plus encore autour de ceux qu'ils croient tentés de s'en aller. On se hâte de payer les traitements ; on donne les paroisses à choisir. Jamais les évoques n'ont été si aimables pour leurs subordonnés.
— Vn prêtre du sud de la Fiance publie La controverse du Quatrième Evangile, par Jean d'Alma (1). 11 fixe la composition de cel évangile au règne d'Adrien.
28 février — Publication du livre de M. Henri Loriaux : L'Autorité des Evangiles. Question fondamentale. (Paris, Nourry.)
L'auteur est un prêtre dans le ministère. Gomme M. Le Morin, il s'adresse aux évèques et leur demande des éclaircissements sur la crise de la foi. « N'avez-vous à résoudre, leur dit-il, pour le moment, que des questions d'administration ? » Après avoir rigoureusement examiné l'autorité historique des Evangiles, il propose en s'inspirant d'un moi de Veuillot, de définir l'Église chrétienne :
Une société de braves gens qui croient à la divinité de Jésus sur la foi de copies altérées, de manuscrits perdus, rédigés on ne sait où ni quand, par des auteurs inconnus qui se contredisent et qui n'ont pas été les témoins de ce qu'ils racontent.
Cette définition, dit-il, est « le résumé des constatations inattaquables que nous avons été amenés à faire ».
2 mars. — Premier numéro du Chrétien qui remplace le Chrétien Français « dans le même espril », avec M. André Bourrier, pasteur à Sèvres, pour rédacteur du journal et l'œuvre, « II n'y a de changé' que la propriété et la responsabilité. »
/ ' avril. — Dans la Rivista di Cultura (feuille de couverture), don llomolo Murri répond ainsi à une lettre « X. Prescia » :
« Les prêtres intelligents qui ont le malheur de perdre la foi
(1) Paris, Nourry, 1907, in- 12, 255 I 559 p.
M'i'i NDH i
peuvent ralre deux clioses : ou jeter la soutane aux orties el m ralre libres-penseurs, ou |eter la science aux orties el B6 faire officieux.
En France, il-- choisissent généralement la première alternative, en Italie, la seconde
i es deux onl ;'i peu pies lu même valeur morale. La première ;i l'avantage d'une plu- grande sincérité el le scandale qu'elle cause es! moins nuisible.