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212 LA GRISE DU MONDE MODERNE RSR RP AT REA 2 RU te A Sn.
M. Massis s’en prend à ce qu’il appelle des « propagandistes orientaux », expression qui renferme en elle-même une contradiction, car l’esprit de propagande, nous l'avons déjà dit bien souvent, est chose tout occidentale: et cela seul indique déjà clairement qu'il y a là quelque méprise. En fait, parmi les propagaudistes visés, nous pouvons distinguer deux groupes, dont le premier est constitué par de purs Occidentaux ; il serait vraiment comique, si ce n’é-
tait le signe de la plus déplorable ignorance des
choses de l'Orient, de voir qu’on fait figurer des Allemands et des Russes parmi les représentants de lesprit oriental; l’auteur fait à leur égard des observations dont certaines sont très Justes, mais que ne les montre-t-il nettement pour ce qu'ils sont en réalité? À ce premier gTOUPEs nous :joindrions encore les « théosophistes » anglo-saxons et. tous les inventeurs d’autres sectes du même genre, dont la terminologie orientale n’est qu’un masque destiné à en imposer aux naïls et aux gens mal informés, et qui ne recouvre que des idées aussi étrangères à
mêler à des polémiques déplaisantes des choses qui, par leur nature, doivent demeurer au-dessus de toute discussion; il ÿ a toujours quelque chose de pénible dans le Spectacle de l’inrs ri c rte », bien que la vérité de la « doctrine cree » SOIT assurément, en elle-même, trop haute | subir les atteintes. ns ee
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l'Orient que chères à l’Occident moderne; | ceux-là sont d’ailleurs plus dangereux que de | | simples philosophes, en raison de leurs préten- | : tions à un « ésotérisme » qu'ils ne possèdent | | pas davantage, mais qu'ils simulent frauduleu- | sement pour attirer à eux les esprits qui cher- E. chent autre chose que des spéculations « pro- k | | | |
fanes » et qui, au milieu du chaos présent, ne savent où s'adresser; nous nous étonnons un
peu que M. Massis n’en dise à peu près rien.
Quant au second groupe, nous y trouvons quelques-uns de ces Orientaux occidentalisés dont nous parlions tout à l’heure, et qui, tout : aussi ignorants que les précédents des vérita-
bles idées orientales, seraient fort incapables
de les répandre en Occident, à supposer quil
en eussent l'intention; du reste, le but qu'ils
se proposent réellement est tout contraire à celui-là, puisqu'il est de détruire ces mêmes FE idées en Orient, et de présenter en même temps | Ë aux Occidentaux leur Orient modernisé, ac- È commodé aux théories qui leur ont été enselgnées en Europe ou en Amérique; véritables agents de la plus néfaste de toutes les propagandes occidentales, de celle qui s'attaque directement à l'intelligence, c’est pour l'Orient qu'ils sont un danger, et non pour l’Occident dont ils ne sont que le reflet. Pour ce qui est
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des vrais Orientaux, M. Massis n’en mentionne Î pas un seul, et 1l aurait été bien en peine de le = faire, car il n’en connaît certainement aucun: 4 l'impossibilité où il se trouvait de citer le nom | d’un Oriental qui ne fût pas occidentalisé eût dû lui donner à réfléchir et lui faire comprendre que les « propagandistes orientaux » sont parfaitement inexistants. | D'ailleurs, bien que cela nous oblige à parler de nous, ce qui est peu dans nos habitudes, nous devons déclarer formellement ceci : il n’y a, 1. à notre connaissance, personne qui ait exposé i À. + en Occident des idées orientales authentiques, EE sauf nous-même; et nous l’avons toujours fait D exactement comme l'aurait fait tout Oriental nu qui s’y serait trouvé amené par les circonstanê 4e ces, c’est-à-dire sans la moindre intention de « propagande » ou de « vulgarisation », et uniquement pour ceux qui sont capables de comprendre les doctrines telles qu’elles sont, sans qu'il y ait lieu de les dénaturer sous prétexte de les mettre à leur portée; et nous ajouterons que, malgré la déchéance de l'intellectualité occidentale, ceux qui comprennent sont encore moins rares que nous ne l’aurions supposé, tout en n'étant évidemment qu’une petite minorité. Une telle entreprise n’est certes pas du genre de celles que M. Massis imagine, nous n’osons
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