‹ La crise du monde moderneChapitre 62 sur 147 · J. PERRET RE RON · texte numérisé non relu

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des sciences, des reflets et des applications des principes fondamentaux; et 1l y a ainsi, en toute civilisation normale, des « arts traditionnels », qui ne sont pas moins inconnus des Occidentaux modernes que les « sciences traditionnelles »4. La vérité est qu'il n'existe pas en réalité un « domaine profane », qui s’opposerait d’une certaine facon au « domaine sacré »; il existe seulement un « point de vue profane », qui n’est proprement rien d'autre que le point de vue de l'ignorance?. C’est pourquoi la « science profane », celle des modernes, peut à juste titre, ainsi que nous l'avons déjà dit ailleurs, être regardée comme un «savoir ignorant » : savoir d'ordre inférieur, qui se tient tout entier au niveau de la plus basse réalité, et savoir ignorant de tout ce qui le dépasse, ignorant de toute fin supérieure à lui-même, comme de tout principe qui pourrait lui assurer une place légitime, si humble soit-elle, parmi

1. L'art des constructeurs du moyen âge peut être mentionné comme un exemple particulièrement remarquable de ces « arts traditionnels », dont la pratique impliquait d'ailleurs la connaissance réelle des scienses correspondantes.

®. Pour s’en convaincre, il suffit d'observer des faits Coinme celui-ci : une des sciences les plus « sacrées », la cosmogonie, qui à sa place comme telle dans tous les Livres inspirés, v compris la Bible héhraïque, est devenue, pour les modernes, l’objet des hypothèses les plus purement « profanes»; le domaine de la science est bien le même dans les deux cas, mais le point de vue est totalement différent.

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