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cependant à bâtir une « pseudo-métaphysique » quelconque, d’autres reconnaissent plus franchement cette impossibilité; de là le « relativisme » sous toutes ses formes, que ce soit Île « criticisme » de Kant ou le « positivisme »
d’Auguste Comte; et, la raison étant elle-même toute relative et ne pouvant s'appliquer valablement qu’à un domaine également relatif, il est bien vrai que le «relativisme » est le seul aboutissement logique du « rationalisme ».
Celui-ci, du reste, devait arriver par là à se détruire lui-même : « nature » et « devenir ». comme nous l'avons noté plus haut, sont en réalité synonymes; un « naturalisme » con-
séquent avec lui-même ne peut donc être qu une
de ces « philosophies du devenir » dont nous avons déjà parlé, et dont le type spécifiquement moderne est | « évolutionnisme »;: mais c’est précisément celui-ci qui devait finalement se retourner contre le «rationalisme », én reprochant à la raison de ne pouvoir s'appliquer adéquatement à ce qui n’est que changement et pure multiplicité, ni eniermer dans ses concepts l’indéfinie complexité des choses Sensibles. Telle est en effet la position prise par cette forme de |’ « évolutionnisme » qu'est l « intuitionnisme » bergsonien, qui, bien entendu, n'est pas moins individuasste et,
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antimétaphysique que le « rationalisme », et qui, s'il critique justement celui-ci, tombe encore plus bas en faisant appel à une faculté proprement infra-rationnelle, à une intuition sensible assez mal définie d’ailleurs, et plus ou moins mêlée d'imagination, d’instinct et de sentiment. Ce: qui est bien significatif.
c'est qu'ici 1l n’est même plus question de « vérilé », mais seulement de « réalité », réduite exclusivement au seul ordre sensible, et conçue comme quelque chose d’essentiellement mouvant et instable; l'intelligence, avec de telles théories, est véritablement réduite à sa partie la plus basse, et la raison elle-même n’est plus admise qu’en tant qu’elle s'applique à façonner la matière pour des usages industriels. Après cela, 1l ne restait plus qu’un pas à faire : c'était la négation totale de l'intelligence et de la connaissance, la substitution de L’ « utilité » à la « vérité »; ce fut le « pragmatisme », auquel nous avons déjà fait allusion tout à l'heure: et, 1c1, nous ne sommes même plus dans l'humain pur et simple comme avec le « rationalisme », nous sommes véritablement dans l’infra-humain, avec l’appel au « subconscient » qui marque le renversement complet de toute hiérarchie normale. Voilà, dans ses grandes lignes, la marche que devait fatalement suivre
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et qu'a effectivement suivie la philosophie « profane » livrée à elle-même, prétendant limiter toute connaissance à son propre horizon: tant qu'il existait une connaissance supérieure, rien de semblable ne pouvait se produire. car la philosophie était du moins tenue de respecter ce qu'elle ignorait et ne pouvait le nier; mais, lorsque cette connaissance supérieure eut disparu, Sa négation, qui correspondait à l’état defait, fut bientôt érigée en théorie, et c’est de là que procède toute la philosophie moderne.
Mais c'en est assez sur la philosophie, à laquelle il ne convient pas d’attribuer une importance excessive, quelle que soit la place qu'elle semble tenir dans le monde moderne; au point de vue où nous nous plaçons, elle est surtout intéressante en ce qu'elle exprime. sous une forme aussi nettement arrêtée que possible, les tendances de tel ou tel moment, bien plutôt qu'elle ne les crée véritablement : et, Si l’on peut dire qu’elle les dirige jusqu'à un certain point, ce n’est que secondairement et après coup. Ainsi, il est certain que toute la philosophie moderne a son origine chez Descartes; mais l'influence que celur-c1 a exercée Sur Son époque d’abord, puis sur celles qui suivirent, et qui ne s’est pas limitée aux seuls
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