‹ La crise et lʹévolution de lʹagriculture en Angleterre de 1875 à nos jours, essai dʹhistoire économiqueChapitre 17 sur 90 · VO E · texte numérisé non relu

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à l'appréciation de l'or, — tandis que l'argent avait perdu 55 0/0. Sa production, en effet, n’avait cessé de s’accroître : de 1 339 085 kg. par an en moyenne dans la période quinquennale antérieure à 1871, elle était montée à 5154551 en moyenne dans les cinq dernières années du siècle !. Son poids, qui, de 1851 à 1870, n'avait pas excédé 87,3 o/o de la production totale des métaux précieux, était de 95,2 0/0 après 1891. D'autre part, la démonétisation de l'argent avait rejeté sur le marché le métal que les Etats admettaient jusque là dans leur circulation. Enfin, par la fermeture des Monnaies, Je débouché s'était resserré. Augmentation de l'offre, diminution de la demande, il n’en fallait pas davantage pour amener sur le marché mondial une dépréciation propre de l'argent, également sensible au regard de toutes les marchandises. Pourquoi l'Inde aurait-elle échappé à la loi commune ? Une muraille de Chine l’isole-t-elle ? Des cables relient Calcutta, Bombay et, par ces places, tout le pays à Londres et aux grands marchés européens. Le contact est constant avec les pays à étalon jaune. Or, la valeur est, en son fonds, affaire de sentiment, qui subit l'influence des idées ambiantes. La dépréciation d’une marchandise, survenant sur quelque grande place mondiale, doit avoir partout sa répercussion : il se produit un de ces phénomènes d'imitation si judicieusement mis en lumière par Tarde. Un fait, au reste, est indubitable, la perte sur le change, qui implique, d’après la doctrine même que nous analysons, une dépréciation propre de l'argent. Or n'y a-t-il pas contradiction à affirmer que le métal blanc se déprécie et qu’il conserve néanmoins son pouvoir d'achat, qu'il perd et qu’il garde à la fois sa valeur ? Sans doute, le taux du change se fixe sur les grandes places commerciales. Mais, par le jeu même des transactions, la dépréciation de l'argent rayonne à travers le pays. Les fils télégraphiques

(1) D’après le Dr Soetheer et les Directeurs de la Monnaie des Etats-

Unis.

A es

sillonnent l'Inde, publiant partout le prix des céréales. Le cultivateur vend sa récolte sur le marché où règnent les plus hauts cours ; il abandonne ceux où se maintiennent les anciens prix. Ainsi, de proche en proche, de la place en relations avec Londres jusqu'aux campagnes, les cours tendent à s'uniformiser sur la base d’une valeur décroissante de l'argent.

« À première vue, écrit cependant M. Bourguin !, à ne consulter que les vraisemblances, il paraît difficile de croire, que l'argent ait perdu sa valeur vis à vis des marchandises parmi des populations aussi figées dans leurs coutumes que les peuples de l'Asie. Ce phénomène, chez les peuples qui n'ont jamais connu et employé que l'argent comme monnaie, se serait peut-être produit si l'argent était devenu beaucoup plus abondant dans la circulation ; mais, à supposer que cette loi économique püût fonctionner en Asie avec la même régularité et la même ampleur que dans les sociétés économiques développées, il faudrait admettre que les importations d'argent en Asie, en échange des marchandises exportées, ont été assez abondantes pour emplir les canaux de la circulation au milieu des masses profondes de la population asiatique sans se détourner vers la thésaurisation. » Justement, à l'inverse de nombreux pays à monnaie dépréciée, l'Inde a une

balance des comptes favorable ; elle n’a jamais cessé d’être.

créancière de sommes énormes. Tant que la frappe de la roupie fut libre, — et elle Le resta jusqu’en 1893, — il suffisait au débiteur étranger, pour s'acquitter, d'acheter de l'argent à Londres et de l'envoyer à la Monnaie de Calcutta ou de Bombay. Ainsi, pendant vingt ans, au plus fort de la baisse de l'argent, le métal vint s’accumuler dans le pays en quantités considérables, susceptibles certainement d'entraîner une

diminution de son pouvoir d'achat. Le conservatisme asiati-.

que, que nous ne songeons pas à nier, mais dont on parait exagérer les effets, a peut-être pu retarder la hausse des prix ; il n’a surement pas pu l'empêcher.

(1) Op. cit., p. 674.

Il reste à vérifier sur les faits ces conclusions. Remarquez au préalable que la hausse ne peut pas être proportionnelle à la perte totale du change, cette perte étant due pour partie à l'appréciation de l'or, que compense d’ailleurs une baisse générale des prix sur les marchés monométallistes. Elle ne peut être, au plus, que proportionnelle à la dépréciation propre de l'argent, dépréciation impossible à mesurer avec exactitude. Or, en fait, les prix sont-ils, comme le prétend M. Lacey-Everett, restés stationnaires ? Il ne le paraît pas. D'une part, M. Atkinson a cherché à mettre en relief leurs variations par la méthode des Index Numbers. Il a donc relevé les cours de cent marchandises et établi leurs fluctuations par rapport à 1871 1:

Années Niveau des prix par Prix de l'argent Cours de la

== rapport à 1871 ee Roupie RSA T Ac 100 100 100 TARDE ACRAES 89 »

or PORT PEE 105 84 »

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