DEUXIÈME PARTIE
L'Adaptation
L'organisme troublé dans ses conditions d'existence tend naturellement à s'adapter : c’est la loi même de la vie. S'adapter, c’est approprier son activité aux conditions nouvelles pour tirer d'elles le meilleur parti. Comme on a vu, la crise qui, depuis vingt-cinq ou trente ans, sévit sur l’agriculture n'est pas autre chose qu'une rupture d'équilibre entre le prix de vente et le coût de production. Tantôt le prix diminue, tantôt les frais augmentent, au moins ceux de main-d'œuvre ; tantôt enfin, et c’est le cas le plus fréquent, les deux phénomènes coincident, écrasant de leur poids combiné l'agriculteur routinier et dépourvu d'initiative. Pour résister, on devait tout naturellement songer à porter son effort sur les produits qui ont à peu près conservé leur valeur marchande et sur les méthodes et les procédés qui permettent de réduire le prix de revient à l'unité, de diminuer les dépenses, surtout celles de main-d'œuvre, et à organiser la vente pour tirer des denrées le meilleur prix possible en l’état du marché. C'est en effet ce qui s’est passé. D'où un triple aspect de l’évolution : orientation de l’agriculture vers les produits demeurés rémunérateurs, comme la viande, le lait, les légumes ou la volaille ; réduction des dépenses, principalement en salaires, par le perfectionnement des méthodes et l'extension du machinisme:; enfin organisation de la production et de la vente sur la base de la coopération. D'ores et déjà, du reste, nous pouvons dire que les deux premiers traits sont les plus marqués et les plus achevés ; le dernier n’est encore qu'ébauché.
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