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ŒUFS Par 120 Par 120 Par 120 Par 120 Anglais... 12s.6d.-14s.2d. 13s. -15s. 14s. -16s.8d. 14s.-16s.8d. Français. 13s. -14s. 14s. -14s.6d. 145. -15s. 15s.-15s.6d. Danois... 10s. -11s.6d. 10s.3d.-11s.3d. 10s.3d.-11s.3d. 11s.-12s.3d. Ce qui assure une meilleure vente aux œufs français, qui ne bénéficient cependant pas d’une organisation Commerciale comparable à celle des agriculteurs danois, c’est, au dire de M. Verney Carter ?, et en dehors d'une fraicheur plus grande, la priorité historique de l'exportation française sur les marchés ‘anglais, la grosseur, le poids et la couleur, la fameuse couleur brune, de nos produits. Mais notre exportation n’est pas considérable et tend à se restreindre ?. A peine fournit-elle aux consommateurs anglais 7,59 o/o de ce qu'ils demandent à l'étranger. En 1907, le Royaume-Uni ne nous acheta que 541 088 L. sur un total de 7 134 532 L.. Encore les œufs à coquille brune de Calais ne représentent-ils qu'une minime partie de nos envois : leur concurrence n’est pas très redoutable pour le producteur anglais. Pour les œufs destinés à la consommation humaine et à la pâtisserie fine ou de luxe, ceux-ci jouissent d’un quasi-monopole. Ajoutez que, depuis quelques années, les œufs importés, et spécialement les œufs russes
(1) Zllustrated Poultry Record, nov. 1908, p. 127.
(2) Journal of the National Poultry Organization Society, august 1908, pp. 98-99.
(3) Les importations d'œufs français en Angleterre ont décrû comme suit (Bulletin mensuel de l'Office de renseignements agricoles, nov. 1908, p. 1405) :
millions de vingtaines
LS, 22,9 LSOZRSS. 7,4
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et danois, tendent à renchérir dans les pays de production eux-mêmes !, et qu'ils sont grevés de frais de transport onéreux 2.
Les importations de volailles sont certainement moins importantes. Elles n'ont pas atteint 950 000 L. en 1908. D'une part, le marché anglais est très exigeant. La volaille qui se vend à Londres doit être grosse et bien carrée, peser entre 4 1/2 et 5 1/2 Ibs., avoir la poitrine charnue et bien faite, la peau et la chair blanches, les pattes courtes et blanches. « La production de poulets répondant à ces exigences, dit M. H. de Courey, ne semble pas très difficile ; mais ceux-là seuls qui l’ont tentée savent quelles difficultés elle rencontre et l'expérience m'a appris qu'il est presque impossible de créer une industrie de ce genre dans un milieu nouveau et de lui faire donner d'aussi bons résultats que ceux qu’elle donne dans le sud-est de l'Angleterre, où elle a été pratiquée pendant des générations » 3. Peu de volailles importées, en effet, répondent à ces exigences. Les produits russes, notamment, qui prennent aujourd'hui sur le marché anglais une importance prépondérante, sont plutôt de qualité inférieure !. Ceux qui arrivent d'Amérique, d'Australie, sont conservés par le froid ; et l’on sait que la congélation, si elle empêche la vian-
(1) Verney Carter : The Egg and Poultry Trade: can we compete with the foreigner ? (Hustrated Poultry Record, oct. 1908, pp. 46-49). — Bulletin mensuel de l'Office de Renseignements agricoles, nov. 1908, p.
(2) Aperçu de quelques frets maritimes pour le transport des œufs danois :
à Parkeston.…. BE": ) Par tonne D'Esbjerg à Londres. … REPAOS, | de | à Newcastle. 1 L:,4 5.10 d. | 1016 kg.
| à Newcastle. 1L.10s. ) Par tonne De Copenhague ! à Hull ....…….. LIANTORS de MR WE 10 1016 kg.
(3) Poultry Rearing and Fattening in Ireland (Journal of the Board of agriculture. — august 1904), p. 258.
(4) Cf. E. Guedda : Poultry Keeping in Russia (lustrated Poultry Record. — nov. 1908), p. 115.
de de s'avarier, ne va pas sans nuire à la qualité. D'autre part, les pays producteurs qui, Comme la France ou les Etats- Unis d'Amérique, avaient jusqu'ici tenu la première place sur le marché anglais, voient augmenter leur propre consommalion dans des proportions telles que l'exportation marque un déclin sensible !. L’agriculteur anglais produit à proximité de son marché et à son intention ; tant à raison de la supériorité de ses volailles, ou, plus exactement, de leur parfaite adaptation aux exigences des consommateurs, qu'à cause des faibles disponibilités des pays exportateurs, il jouit, comme pour les œufs, d'un quasi-monopole.
Et cependant « la consommation grandit rapidement et les consommateurs insistent pour avoir des œufs et des poulets frais et de première qualité...... En Grande-Bretagne, il est beaucoup de régions où la demande locale excède l'offre » 2. Jugez par là des grands marchés urbains. Sous l'influence du bien-être croissant, d'une diminution sensible du coût de la vie, qui rendait disponible une plus large part du revenu de la classe moyenne et ouvrière, la consommation des produits de basse-cour, évaluée à 9750 000 L.en 1878, a doublé depuis lors et dépasse aujourd'hui 20 000 000 L. 5, Leur valeur ne pouvait pas manquer de s’en ressentir. Dans son rapport présenté le 21 mai 1908 à l’Assemblée annuelle de la National Poultry Organization Society, Mr. Edward Brown constate que « les prix obtenus l’année dernière (c'est-à-dire en 1907) sont les plus élevés qu'ait jamais connus notre industrie » #.
(CCE Robinson : Poultry on American farms. (lustr. Poultry Record, nov. 1908), p. 79. — Table poultry in Canada. (I.), p. 118.
(2) E. Brown: MNinih annual report presented at the meeting of the National Poultry Organization Society, held Thursday, mat 21, 1908. La of the National Poultry Organization Society. — august 1908),
90. — CE TEA Pratt : The Organÿz ation of Agriculture, 31 ed., Lonee John Murray, 1908 — pp. 399- 400.
(3) E. Brown : The Poultry potes in retrospect. (lustr. Poultry Record, oct. 1908), pp. 16-17.
(4) E. Brown, Journalofthe NationlHou ts organization society.loc. cit.
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Il y a seulement trente ans, en dehors de certaines régions de l'Irlande, du sud-est de l'Angleterre et de quelques comtés disséminés en Grande-Bretagne, parmi lesquels ceux de Buckingham, de Bedford et de Cumberland, l'élève de la volaille n'était pas considérée comme une véritable industrie ; elle n'était ni pratiquée en grand, ni organisée en vue du commerce. La culture du blé lui faisait tort ; et le fermier n'envisageait guère poules et coqs que Comme le casuel de sa femme. Si, avec le prix des œufs, la fermière pouvait dans l'année s'acheter une robe neuve, il n’en demandait pas davantage. Les poulets, croisés et recroisés à l'infini, abâtardis et maigres, presque sans valeur marchande, caquetaient tout le jour autour de la maison et perchaient, la nuit venue, dans quelque dépendance abandonnée, livrés à eux-mêmes, sans soin d'aucune espèce, vivant exclusivement de ce qu'ils pouvaient trouver dans les champs !. Combien d'agriculteurs chez nous en sont restés à ce système ? Mais, déjà, en Angleterre, les jeunes fermiers commençaient à entrevoir le parti qu'on pourrait un jour tirer de la volaille.
Les céréales se dépréciant peu à peu, les idées évoluèrent. On ne regarda plus du même œil dédaigneux ces poules et ces œufs qui trouvaient si facilement acheteur et qui, rares anomalies parmi les produits agricoles, commandaient toujours de bons prix. Les agriculteurs, surtout les petits, se tournerent vers l'élève de la volaille. Des concours et des expositions amélioraient les races et introduisaient dans le pays des variétés nouvelles. Les amateurs ouvraient la voie et leur exemple amenait bientôt la disparition des anciennes espèces, petites, improductives et vilaines 2. Leur influence, toutefois, ne fut pas exclusivement heureuse. Pendant quelques années, on donna trop d'attention aux caractères extérieurs et apparents,
(1) P. Anderson Graham, loc. cit., p. 132. — E. A. Pratt : The organizalion of agricullure, p. 392.
(2) Cf. W. W. Bromhead : The fancy side of poultry culture. (lustr, poultry Record, oct. 1908), pp. 27-28.
au plumage, au port, etc... Alors on cherchait surtout à produire beau et le point de vue économique était sacrifié à l’esthétique. On entretenait principalement des espèces rares, plus fragiles et moins productives que les variétés communes. C’est pour réagir contre ces tendances, que se créa l'Utility Poultry Club 1, animé, comme son nom l'indique, de préoccupations plus utilitaires et dont la salutaire action ne tarda pas à se faire sentir. Mais des méthodes commerciales défectueuses, la routine des agriculteurs, l’irrégularité de leur production, les laissaient dans un état d’infériorité marquée en présence de leurs concurrents étrangers, français, danois, italiens ou russes, qui accaparaientle marché. La population des basses-cours s'était considérablement accrue ; mais, quand il s’agissait d'en vendre les produits, on pratiquait toujours les vieux errements. « Le vieux système pour la vente des œufs était de les envoyer au marché, qui se tenait une fois par semaine, en même temps que les autres produits. Ils étaient mêlés, les frais avec les vieux, les gros avec les petits, les sales avec les propres ; en été, l'offre était très abondante, en hiver, elle était très restreinte ; les prix en conséquence étaient bas » 2. La National Poultry Organization Society se forma, en 1898, pour introduire en Angleterre les méthodes commerciales étrangères et la coopération, pour encourager et perfectionner l'élève de la volaille. Elle a déjà créé un grand nombre de dépôts où, trois fois au moins par semaine, les œufs de la région sont rassemblés, mirés, triés, revêtus de la marque sociale et expédiés sur les indications d'un office central ayant son siège à Londres #.
Au point de vue technique, on réalisait entre temps des
() Cf. B. H. Horne : The Utility Poultrg Club ; (Hlustr. Poultry Record, oct. 1908), pp. 8 sq.
(2) Discours prononcé par Lady Salisbury, à l'Assemblée de la National Poultry Organisation Society, le 21 mai 1908. — (Journal of the National Poultry Organisation Society, august. 1908) pp. 80-81.
(3) E. A Pratt : The Organization of agriculture, pp. 397 sq..
progrès remarquables. L’aviculture sur une large échelle n’est devenue possible et profitable que le jour où les couveuses artificielles furent elles-mêmes devenues pratiques et peu chères. Une sélection rigoureuse, facilitée par l'invention des nids à trappes ({rap nests), aujourd’hui très perfectionnés f, permit la formation de races supérieures de poules pondeuses. D'autre part, le souci constant de l'hygiène amena la multiplication des poulaillers portatifs, qu'on dissémine sur le domaine, répandant ainsi l’engrais partout, empêchant la volaille de gâter les récoltes et évitant le développement des maladies contagieuses parmi des animaux trop nombreux. En 1891, d'importants crédits furent mis à la disposition des conseils de comté pour favoriser l’enseignement technique. Le Northumberland fut le premier à user de la subvention gouvernementale. Des « instructeurs » itinérants donnent aux agriculteurs des leçons et des conseils, visitent les bassescours. Au collège de Reading, des cours spéciaux ont été organisés. À la toute voisine ferme-école de Theale, ils sont complétés par une éducation pratique qui familiarise les jeunes élèves avec les méthodes scientifiques d'élevage et d’engraissement ?. En Irlande, sous la surveillance des counties committees, ils parcourent les comtés et dans chaque centre agricole donnent des conférences et font des expériences. Ils sont même autorisés à faire des séries de cours, pendant deux ou trois semaines, à des enfants de quinze ans au moins, dans les bourgades et les gros villages. L'enseignement porte sur le choix des variétés les mieux adaptées au pays, ou répondant au but que se propose plus spécialement lagriculteur, sur le logement, l'élevage des jeunes poulets, la nourriture, l’engraissement, la préparation pour le marché, le triage et l'emballage des œufs, l’incubation, etc. etc. %.. Ces leçons ont
() Cf. Swerker Lundberg : The latest form of trap nest. Alustr. Poultry Record, oct. 1908, pp. 57 sq.).
(2) E. A. Pratt : The Organization of Agriculture, pp. 404 sq..
(3) Cf. Instruction in Poultry Kecping, 1908-1909 ; et Tutorial and
du succés ; les cultivateurs les écoutent nombreux et, incontestablement, elles ont exercé sur l'élevage des oiseaux de basse-cour une très notable influence.
Il reste cependant beaucoup à faire encore, en dépit des efforts de la National Poultrÿ Organisation Society, de l’instruction largement dispensée par les conseils de comté, des innombrables publications qui traitent de la basse-cour. « En combien de régions, se demande M. Verney Carter, voyonsnous faire de sérieux efforts pour réorganiser la production et les méthodes commerciales ? En bien peu, nous le craignons. En combien voyons-nous le fermier anglais vendre ses produits de basse-cour à des prix inférieurs à ceux que les articles étrangers réalisent dans nos grandes villes ? En un très grand nombre, nous en avons peur. Quand on entend conter que les œufs se vendent à raison de 1 shilling les vingt ou les vingt-deux, peut-on s'étonner que le fermier anglais dise : la basse-cour ne paie pas et il nous est tout à fait impossible de lutter avec l'étranger ? »1 Tableau un peu poussé au noir, sans doute, pour mieux frapper l'imagination des agriculteurs et les orienter plus vite dans les voies nouvelles ; mais qui n’en exprime pas moins dans son ensemble une vérité, moins générale seulement qu'il plaît à M. Verney Carter de le dire. Dans un tract publié en mars 1906, l'Irish Agricultural Organisation Society (I. A. O. S.), dont nous aurons à reparler plus longuement, expose de son côté aux éleveurs irlandais par où pêchent leurs méthodes. Les marchands d'œufs de Liverpool et de Glasgow lui ont donné avis qu'ils n’achèteraient plus d'œufs irlandais « s’ils ne sont frais, parfaitement propres, soigneusement triés suivant leur grosseur et proprement emballés à caisses perdues » ?. Au point
Practical classes in Poultry Keeping. — (Publications du Department of Agriculture and Technical Instruction for Ireland, août 1908).
(4) The Egg and poultry trade : can we compete withthe foreigner ? (Ilustr. poultry record, nov. 1908), p. 124.
(2) Cooperative poultry Socielies. — Tract de l'I. À. O. S. — Dublin, Brown and Nolan, mars 1906, p. 4.