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agricoles un cachet qui impressionne favorablement l’acheteur et qu'une règlementation étroite protège et facilite. Ainsi, certaines Coopératives frappent d'amende les membres qui apportent des œufs malpropres. Dans les locaux de la société, on procède à un triage minutieux des produits; on les emballe, on les empaquette avec soin. L'approvisionnement est abondant, venant de tout un canton ; les expéditions sont quotidiennes et les marchandises toujours fraiches. Ajoutez que les coopératives ont un souci marqué de la qualité, qu'elles s'efforcent de livrer des produits supérieurs et que le but poursuivi par l’Irish Cooperative Agency Society est de créer pour le beurre une marque irlandaise capable de rivaliser avec les marques danoise et française. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les produits jetés sur le marché par des sociétés coopératives trouvent de meilleurs prix que les produits similaires apportés par des agriculteurs isolés, moins plaisants à l'œil, moins beaux, moins bons aussi et moins bien présentés.
Parmi les avantages que présente la coopération pour l’agriculture, figurent les facilités de transport. Nous n'en avons pas fait état jusqu'ici, parce qu'elles profitent également aux coopératives de vente et d'achat et qu'elles devaient faire l’objet d’une étude commune. Bien entendu, les gros chargements de denrées agricoles, comme d'engrais et de tourteaux, sont transportés à tarif réduit et sous des conditions particulièrement favorables. Il y a mieux. Des compagnies de chemins de fer ont, de concert avec des coopératives, organisé des services de transport sur route : les compagnies fournissent les moteurs et assurent le service ; les coopératives édifient les dépôts et organisent.le trafic. Les dépenses sont faibles. Les tarifs sont bas. Ainsi, à la demande de la Brandsby dairy and trading Association (York), la North Eastern Railway Co. inaugurait en 1904 un service de transports reliant Brandsby à Tollerton-Station sur la ligne principale de la Cie, Aujourd'hui ce parcours est abandonné ; mais le
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service fonctionne entre Brandsby et Easingwold. Un dépôt est établi à Brandsby, un autre à Stillington, sur le parcours ; d’autres seront installés plus tard. La Brandsby Agricultural Trading Association (ex-Brandsby dairy and Trading A.) est une coopérative de vente et d'achat. Elle expédie et reçoit des marchandises. Jadis il fallait aller à la station pour les prendre ou les déposer. Les camionneurs et charretiers prenaient 9 s. par tonne et3s. 6 d. par voyage pour les chargements inférieurs à un quintal (cwt). Aux agriculteurs ayant cheval et chariot, le transport revenait à 5 s. environ par tonne. Aujourd’hui, les convois desservent les dépôts de la coopérative. Ils font mieux : ils se détournent de leur route pour prendre ou déposer les marchandises ; et leur tarif est de 35. par tonne pour les envois de plus de 3 tonnes, de 3 s. 6 d. pour les autres, y Compris une redevance de 6 d. perçue par la coopérative. Cette diminution de frais s'est traduite par une augmentation de trafic si considérable qu'on songe à construire une voie ferrée. Le principal article de ce trafic est la chaux, fort utilisée pour les amendements depuis que le prix du transport n'est plus prohibitif. Le comté de Worcester offre un autre exemple de cette ingénieuse combinaison. La Time Valley Agricultural Association, d'accord avec le Great Western Railway, a organisé un important service de transports qui met sept dépôts en communication avec Henwick-Station. Inauguré le 14 août 1905, ce service est déjà chargé d'un trafic considérable qui ne peut que grandir. On trouverait encore quelques cas analogues : le succès des entreprises déjà existantes en amènera la rapide multiplication. Des commodités de ce genre ont sensiblement contribué à rendre moins onéreux l'achat des produits que requiert une exploitation intensive, plus rémunératrice la vente des produits.
A tous points de vue, donc, la coopération a été pour les petits agriculteurs, propriétaires ou fermiers, d'un grand secours dans la crise actuelle. Mais, dans tout le Royaume-Uni,
elle compte à peine 100 000 adhérents parmi la population rurale ; elle n'intéresse qu'un demi-million de personnes. Malgré ses conquêtes récentes, qui sont fort appréciables, sir H. Plunkett disait naguère de l'Irlande — et ses observations s'appliquent avec plus de force encore à la Grande-Bretagne : — « L'achat en commun des engrais, des semences, de l'outillage et des machines, la plus simple de toutes les formes de coopération et la plus profitable, est pratiquée sur une échelle beaucoup trop petite. Dans l’organisation d'un commerce de volailles et d'œufs pour répondre à la demande du marché moderne qui est à nos portes, on a fait peu de progrès. En ce qui concerne le développement du crédit coopératif, pourquoi en sommes-nous seulement au commencement”? » Et ceux-là qui savent quel puissant auxiliaire fut la coopération pour l’agriculture danoise comprendront aisément ces regrets. Donc beaucoup reste à faire. Mais beaucoup a été fait. Et, dans la lutte contre la crise, la coopération à joué un rôle déjà important.