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maine, représentaient en 1908 une valeur de 68 141 000 L.. Là dessus le blé seul comptait pour 45 371 000 L.. Si l'on voulait mesurer les progrès de l'importation par l'augmentation des valeurs, on s’exposerait à de bien grossières erreurs. Depuis les environs de 1875, les entrées de froment ne se sont accrues que de quelque 10 ou 12 millions de L.. En réalité, les quantités introduites ont plus que doublé : en 1871-75, la moyenne annuelle était de 50 495 127 quintaux (ewts) (grain ou farine convertie en équivalent de grain); en 1904-08, elle s’est élevée à 113 982 991 quintaux (245 Ibs. de grain, 35 Ibs. de farine par tête) 1. Il y a 30 ans, le blé indigène formait encore 48 o/o de la consommation nationale ; aujourd'hui, il n'en représente même plus 19 o/o. La part du froment importé est passée de 52 à 81 0/0. Une bonne part (18 648 658 cwts en 1904-08 contre 6 738 170 en 1871-75) pénètre dans le pays sous forme de farine ; le blé est traité avant l'exportation ; la farine seule est expédiée : son prix de transport est le même que celui du blé et, comme sa valeur est plus grande, il en grève moins le prix. Les issues, le son restent au pays producteur. C’est une des raisons pourquoi l'élevage des porcs est demeuré stationnaire. D'autre part, ces envois de farine ont contribué à la ruine à peu près complète de diverses industries connexes à l’agriculture et, tout d'abord, de l’industrie meunière. Jadis, il y avait dans le Royaume-Uni environ 8 000 moulins, dont 7 000 travaillaient pour l'alimentation humaine, un millier pour la consommation animale. Aujourd'hui, c’est à peine s’il en reste 809 des premiers ; les seconds, par suite de transformations et comme conséquence de l’évolution agricole, sont devenus plus nombreux : on en compte quelque 1 200 ?. Au reste, les moulins actuellement en activité ne sont généralement pas ceux d'autrefois. Les anciens petits moulins ruraux chôment à peu près tous. L’Essex en compte à lui seul
(1) Agric. Stat. 1908, pp. 293, 297, 338.
(2) Tariff Commission, loe. cil., $ 1177.
200 ou 300 inactifs 1. Par la force même des choses, l’industrie meunière s'est transformée et concentrée. Les minoteries modernes, vraies usines, très puissantes, sont installées dans les ports, où débarquent les blés étrangers : elles sont allées, comme toutes les industries, au devant de la matière première. Certes, dans la disparition des petits moulins, très préjudiciable à la main-d'œuvre rurale, les perfectionnements techniques ont bien joué leur rôle ; les cylindres ont remplacé les meules séculaires ; la capacité, la puissance des minoteries en ont été accrues 2. Et, devant cette concurrence insoutenable, les petits meuniers, mi-agriculteurs mi-artisans, ont dû, comme beaucoup de leurs frères français, fermer leurs portes. Cependant la cause principale de la transformation opérée, c’est le déficit de la culture indigène. Aujourd’hui, toutefois, les grands moulins des ports paraissent jouer un rôle plus actif et, depuis quelques années, les importations de farines sont en décadence #. Mais à la ruine de la petite industrie meunière ne s'étaient pas limités les effets du déficit agricole : les moulins de la cote n’expédient pas vers l'intérieur le son et les issues ; ils les dirigent, les transports maritimes étant moins coûteux que les transports terrestres, sur le continent #. Et cette pratique a pour effet de renchérir encore ces aliments précieux pour l'élevage des porcs. D'autre part, l'industrie de l’amidon a émigré. Jadis Belfast possédait 8 fabriques ; depuis une douzaine d'années, il n’en reste plus qu'une. Celle-là, même, qui, il y a vingt ans, traitait 68 tonnes de blé par semaine, aujourd'hui n’en traite plus que 35 à 40. Dans une autre fabrique, à Glasgow, la concurrence a
(1) Id., $ 884.
(2) Id., $ 1177.
(3) Les importations de farines se sont élevées en 1871-75 à 5 390 536 cwts en moyenne par an 1896-1900 à 21 101 144 — ou — 1904-08 à 13 427 045 — — —
(Agric. Stat. 1908, p. 293).
(4) Tarif Commission, loc, cit,, $ 1177.
diminué de moitié le nombre des ouvriers !. Ainsi l'abandon progressif de la culture du blé devait ruiner les industries dont le froment est la matière première. Perte de capital, perte aussi de travail, qui ont leur place toute marquée au passif de l’évolution, place d'autant plus large qu'il en est souvent résulté pour l’agriculture elle-même une gêne et une entrave.
Les autres céréales ont été moins délaissées. Leur importation cependant a pris des proportions énormes. Pour l'orge, elle s’est élevée de 11 049 000 cwts en 1871-75 à 21 256 000 en 1904-08. Pour l’avoine, qui continue à prospérer en Angleterre, mais dont la consommation par un bétail plus nombreux, plus nourri, augmente rapidement,.elle est passée de 11637 000 cwts à 14 247 000 ewts. Mais on se ferait une idée assez inexacte des faits, si l’on oubliait que le maïs concurrence très vivement les céréales supérieures. Le Royaume-Uni en produit peu ; le maïs est resté chez nos voisins l’objet d’un préjugé : il donnerait de moins bonne viande. Cependant son bon marché a vaincu les résistances et, aujourd’hui, c'est après le blé le grain dont l'importation est la plus considérable : de 19 663 000 cwts en 1871-75, elle est montée à 44 181 000 en 1904-08. Et ses progrès ne semblent pas encore près de s’arrèter 2. Nous ne saurions enfin abandonner le chapitre des grains sans signaler qu'il à été importé en 1908 environ 3 905 000 quintaux d'issues de toute espèce destinées à l’alimentation du bétail ?.
Malgré l’évolution toute favorable à l'élevage, les achats de viande de boucherie sont, en valeur, supérieurs à ceux de blé eux-mêmes. Au cours de l’année 1908, ils ont atteint la somme formidable de 47 710 001 L. (1 192 750 025 francs) pour 20 722 000 cwts.. Le bétail vivant, difficile, coûteux à transporter, représente à peine un huitième du total : 2 519 000
NTA ES 807.
(2) Agric. Stat. 1908. — p. 294.
(3) Id., pp. 329-330.
cwts. Au reste, si les arrivages de bovidés se sont maintenus jusqu’en 1907, ceux d'ovidés et de suidés ont décliné sensiblement. La période de 1871-75 vit introduire 215 990 bêtes à cornes en moyenne par an ; le nombre s’en éleva à 549 818 en 1896-1900 ; et, dans les cinq dernières années, il est retombé à 506 206. Pour le bétail ovin la chute est plus ancienne : le maximum des entrées fut atteint en 1881-85 avec 974 316 têtes ; la moyenne de 1904-08 fut seulement 168 537 : elle s'abaisse tous les ans. Quant aux pores qui arrivaient autrefois en grand nombre (74 040 en 1871-75), les années ne sont pas rares aujourd'hui où l’on n’enregistre aucune entrée. Depuis 1905, il n’en est pas débarqué un seul. Et cela confirme bien ce que nous disions au début de cette étude : la concurrence des pays neufs ne s’est guère fait sentir que sous la forme de viandes abattues. Mais les arrivages de ces viandes ont pris des proportions considérables. De 3 134175 cwts en 1871-75, ils sont passés à 17 384 366 en 1901-05, à 19 103 183 en 1908. Cette augmentation appelle quelques remarques. Il est curieux que, pour le bœuf comme pour le mouton, elle a exclusivement porté.sur la viande fraiche, importée sur des navires à installation frigorifique. Les salaisons, les viandes conservées sont l’objet d’une visible défaveur ; elles n’ont d’ailleurs jamais été goûtées par le consommateur européen. Aussi l'essor des importations date-t-il seulement de 1876 : les arrivages de bœuf frais sont subitement passés de 34 943 quintaux en 1875 à 172 268 l’année suivante, pour atteindre 5 611 441 cwts en 1998, par une progression régulière. Quant au mouton, les entrées de viande fraîche ne sont relevées séparément qu'à partir de 1882. Cette année là, elles n'étaient encore que de 189 847 quintaux ; deux ans après, elles s’élevaient à 503 194 et, en 1908, elles se chiffraient par 4385 771 quintaux !. De toutes les importations de viandes mortes, les plus impor-
(1) Sur toutes ces données statistiques v. Agricultural Stat., 1908, pp. 285 sq... — Cf. Appendices, infra.
tantes sont celles de porc ; elles s'élèvent aujourd'hui à 7 millions 1/2 de quintaux et leurs progrès, pour avoir été moins rapides que ceux des importations de bœuf ou de mouton, n'en ont pas moins été réguliers jusqu’en 1900 tout au moins. Depuis lors, un léger fléchissement s’est fait sentir. Au total, l'Angleterre importe aujourd’hui environ 1 100 000 tonnes de viande morte ou vivante (cette dernière convertie en équivalent de poids mort), soit, par tête, plus de 55 Ibs.. Il convient d'observer d’ailleurs qu'une petite fraction (10 000 à 15 000 tonnes) est réexportée. Sous cette réserve, les importations, qui, voilà 30 ans, représentaient 15 0/0 de la consommation, en forment aujourd'hui près de la moitié (45 0/0).
Nous ne pouvons évidemment pas passer ici en revue tous les articles d'importation. Il en est encore trois cependant qui méritent au moins un rapide examen, parce qu'ils sont ceux vers la production desquels s’est orientée l’agriculture nationale, nous voulons dire les produits de laiterie, les produits de basse-cour, enfin les fruits et les légumes . Ce sont au reste les plus importants. De lait, de beurre ou de fromage, le pays a importé en 1908 pour 34 489 000 L.. Le beurre à lui seul forme les deux tiers de cette importation : 24 081 000 L.; le fromage en forme un cinquième : 6 684 203 L.. Depuis 1871-75 la moyenne des arrivages annuels est passée de 11 420 650 L. à 33 283 570 L.. Si au lieu des valeurs on considère les quantités, on voit que les importations de beurre sont passées de 1 737 000 quintaux en 1886-90 à 4 229 423 en 1904-08 et que la moyenne des entrées de fromage s’est élevée en 35 ans de 771 000 cwts à 2 462 818 !. Le lait ne figure à l'importation, du moins à l’état frais, que pour des quantités peu importantes ; nous savons déjà que les laitiers anglais ne redoutent guère la concurrence étrangère ; en revanche ils souffrent vivement de celle qu'ils se font eux-mêmes.
Parmi les produits de basse-cour dont l'importation totale
() Agric. Stat., 1908, pp, 290-1. — Cf. Appendices, infra,
s'élève aujourd’hui à 8 117 791 L., la première place revient aux œufs (7 183 112 L.) dont on a fait entrer 2 185 208 milliers en 1908. Malgré les progrès faits par l'élève de la volaille, les achats à l'étranger se sont rapidement élevés de 602 863 milliers en 1871-75 au chiffre qu'on vient de voir et qui représente 49 œufs par habitant. Les importations de volaille sont bien moins considérables. Cependant, elles ne laissent pas d’augmenter régulièrement f.
Enfin, nous ajouterons que, déduction faite des oranges et des citrons, que le pays ne produit pas et dont l'importation ne présente par suite aucun intérêt pour notre étude, les entrées de fruits ont quintuplé en 25 ans. De 1 798 000 boisseaux en 1871-75, elles se sont élevées à 9 086 000 en 1896-99. Depuis 1900, le Board of Trade en recense, non plus la quantité, mais le poids, en sorte que les données ne sont plus comparables à celles des années précédentes. Toujours est-il qu'à elles seules les pommes représentent la moitié de l'importation : on sait déjà qu’en Angleterre on en fait une consommation énorme et qu'elles sont la base des confitures les plus diverses. En valeur, et si l’on y ajoute les noix et les amandes, ces importations forment un tolal de 7 628 299 L.. Quant aux légumes, pommes de terre pour la moilié, ils représentent un chiffre d'importation de 4 318 976 L. par an en moyenne ?
Par cette revue rapide des articles qui forment à peu de chose près les huit dixièmes des entrées, on voit que l’Angleterre n'importe pas seulement les denrées dont l’agriculture se détourne, mais celles-là même vers la production desquelles l'évolution l'oriente insensiblement : les seuls achats de produits animaux destinés à l'alimentation atteignent 96 millions de L. (2 400 millions de francs). Voici d'autre part, en quelle mesure la production indigène et l'importation con tribuent à l’approvisionnement total du pays en articles dé. consommation humaine (1904-08) :
() Agric. Stat., 1908, p. 292. — Cf. Appendices, Infra. (2) Id., pp. 300-301. — Cf. Appendices.
Approvisionnement Produits indigènes Produits importés
Total Total Pour - Total Pour- == — centage = centage
Blé (grain 5 ou farine convertie) Cwts. 142 840 000 28 857 000 20 113 983 000 80 Viande (morte et bétail conte Cwts46.953 000%25:315 000":54 21 638 000 46 Beurre. Cwts.-. 6 849.000. 3 211 00043 3 638 000 57 Fromage ! Cwts. 3 886 000 1 366 000 35 2 520 000 65 Produits de basse-cour L. 19 818 000 11 700 000 59 8 818 000 41
Qu'on veuille bien songer maintenant qu'à tous les produits dont nous venons de faire le relevé, il faudrait ajouter les sucres, les vins, les fruits, les légumes, quantité de denrées tropicales etc., et l’on concevra que l'Angleterre n'est pas loin d'importer une moitié des objets de toute nature nécessaires à son alimentation 2.
(1) Il serait hasardeux d'affirmer que les proportions assignées à la production et à l'importation du beurre et du fromage sont rigoureusement exactes. Les chiffres donnés au texte sont les moyennes calculées par la Royal Statistical Society pour 1899-1903. Or, depuis cette époque la production du lait s'est accrue. En prenant pour base de calcul le taux de la consommation individuelle (15 gallons de lait, 10 1/2 Ibs. de fromage, 18 1/2 Ibs. de beurre) et le taux de conversion (1 Ibs. de fromage pour 1 gallon de lait; 1 Ibs. de beurre pour 21 pints) on trouve, après déduction des importations, un excédent de 80 millions de gallons de lait. Ce qui prouve que la consommation individuelle a augmenté. Sous quelle forme ? C'est impossible à dire. En tout cas il est probable que la fabrication du beurre et du fromage a augmenté. D'autre part, les importations de fromage ont légèrement fléchi ; celles de beurre ont fortement progressé. Compensation faite, il apparaît donc que la proportion des importations des produits de laiterie est restée constante.
(2) Si l’on voulait se faire une idée générale de l'insuffisance de la production agricole du Royaume-Uni, il faudrait tenir compte des matières premières importées quoique pouvant être produites dans le pays. Ainsi l’on fait venir d'outre-mer 75 o/o de la laine ouvrée en Angleterre. Pour les autres matières, les renseignements fournis par la statistique ne permettent pas d'établir la proportion.
Un dernier point reste à examiner : quels sont ses fournisseurs ?
L'Europe centrale et occidentale ne joue dans l'approvisionnement des Iles Britanniques qu'un rôle secondaire, à peu près exclusivement limité aux articles fins, fruits, légumes, produits de laiterie et de basse-cour. C'est des pays neufs, Amérique du Nord, Argentine, Russie, Inde et Australasie, que viennent en masse les produits de consommation couante. À elle seule, l'Union Américaine envoie en Angleterre deux cinquièmes de la viande, une bonne partie du blé, sans parler des autres céréales ni des fruits ete. Mais une évolution se dessine ; les centres expéditeurs se déplacent lentement vers les pays plus nouvellement mis en valeur. C’est ce que nous voudrions montrer ici. Nous n'entrerons du reste pas dans le détail, trop lourd de chiffres, trop embarrassé de comparaisons. Les grandes lignes de l’évolution retiendront seules notre attention. On trouvera plus loin les statistiques justificatives.
L'Angleterre devint importatrice de céréales au moment même où la colonisation prenait dans les vastes plaines de l'Amérique du Nord un essor définitif. Dès le début, les Etats- Unis figurèrent au premier rang de ses fournisseurs. L'Europe occidentale et centrale, la France, la Prusse, contribuaient cependant pour une part notable à son approvisionnement. Mais de moins en moins elle eut des excédents disponibles. Avec le développement de ses voies ferrées, la Russie devint à son tour largement exportatrice. Odessa, sur la Mer Noire, Dantzig, Kœnigsberg, sur la Baltique expédièrent des blés en quantités considérables. Longtemps le froment du Far-West et des Terres Noires figura pour près des trois quarts à l'entrée des ports anglais. En 1876-80, il formait encore les deux tiers de l'importation (blés des Etats-Unis 53,3 0/0 ; blés russes 12,7 o/0o). Aujourd'hui sa part dans l'alimentation britannique décroît sensiblement. Avec des fluctuations dues à l'abondance variable des récoltes, les im-
portations de blé russe ne semblent pas avoir augmenté depuis une vingtaine d'années ; elles marquent même depuis 1905 un recul sensible. Le développement du commerce des blés américains est arrêté depuis 1900. A la fin du siècle dernier (1896-1900), ces blés figuraient aux entrées pour 59,7 0/0. Aujourd'hui leur part relative est réduite à 13 o/o (15 831 000 cwts). L'extension du marché britannique et l'insuffisance de la production indigène profitent surtout à l'Argentine, au Canada, à l'Inde et à l’Australasie. Avant 1874, la douane ne recensait même pas séparément les arrivages d'Argentine. Aujourd'hui (1904-08), ils représentent 20,9 o/o des importations et, en 1908, ils ont atteint 31 837 000 cwts (33 o/o). C’est seulement depuis 1890 que le commerce des blés de la Plata s'est développé ; mais il a marché à pas de géant. Les arrivages du Canada sont plus anciens, mais moins abondants ; ils représentent cependant 11 0/0 des entrées. En Australasie et aux Indes, les récoltes sont très irrégulières. Des sécheresses épouvantables y sévissent de temps à autre qui détruisent moissons, bêtes et gens. Cependant les progrès de la colonisation et de l'irrigation leur assurent fréquemment de gros excédents, qu’absorbe le marché anglais. Les envois de l'Inde sont passés de 705 000 ewts. par an en 1871-75 à 16 451 000 en 1904-08. Ceux d’Australasie de 1088 000 cwts. à 9 300 000. Malgré l'importance des arrivages de la Plata, la part relative prise par les colonies anglaises dans l’approvisionnement de la métropole s'accroît plus vite que celle des pays étrangers. En 1871-75, elles ne fournissaient guère que 5 519 000 quintaux, soit 5 o/o du blé consommé en Angleterre. En 1904-08, elles en ont envoyé 38 393 000, soit 26,8 0/0 de la consommation totale, cependant que la part contributive des pays étrangers est passée de #4 à 53 0/0. Les importations de blés coloniaux ont augmenté de 32 874 000 cwts. ; celles de blés étrangers de 30 614 000. Nonobstant, les blés coloniaux ne représentent guère plus du tiers (34 0/0) de l'importation.
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Pour ce qui est des autres céréales, il suffira de remarquer que les achats en Russie sont restés pendant quelques années stationnaires et qu'ils manifestent aujourd'hui une tendance marquée à décroitre. La Roumanie, l'Union Américaine, la Turquie même satisfont aux besoins croissants. La plus grande part cependant des grains importés vient toujours de Russie : 41 0/0 (orge) et 44 0/0 (avoine) !. Quant aux colonies, leur part contributive est insignifiante.
Sur le marché de la viande, les Etats-Unis conservent mieux leurs positions que sur celui des céréales. Ici encore, cependant, une évolution se produit que mettra en évidence l'examen rapide des chiffres :
Importation de Viande et de Bétail 2 (En équivalent de viande) Milliers de tonnes.
Etats-Unis Hollande Danemark Canada Australasie Argentine Importa-
— tions totales 1811-19 0 0000 00107 3,9 11,4 — 239,1 1870-00. 28279 %28020;10,"17,0 84075 6,5 0,1 397,6 1801-8544 220207008005 022516 2060/0000 3,2 447,9 1886-90.... 328,6 34,2 43,6 45,3 36,2 17,2 546,5 1891-95. 0028 5 PA 07) 145,9 148,81087.10007:9 688,1 1896-1900... 565,9,241,2" 64,2: 69,50 144,8 92,3 988,7 1901-06 025580 TA 82/2 ETS IAE SM ANUS 1904-08.... 451,7 44,9 96,5 116,6 137,5 217,9 1081,9
Les Etats-Unis tiennent toujours la tête : ils contribuent pour 41 o/o aux envois de viande en Angleterre. Mais en 1896- 1900, ils y contribuaient pour 57 0/0 ; leurs expéditions ont, depuis lors, diminué de 114 000 tonnes. Par contre, celles de l'Argentine qui, avant 1876, n'étaient pas recensées séparément, n'ont cessé de croître. Aujourd’hui elles représentent
(1) Une partie de l’avoine importée d'Allemagne (3 990 600 cwts. en 1908) est vraisemblablement d’origine russe.
(2) Tariff Commission, loc. cit., $ 187. — Complété à l'aide des statistiques annuelles.
20 o/o des importations anglaises. Elles consistent exclusivement en viande abattue ; celles des Etats-Unis comprennent du bétail sur pied. C’est même ce bétail qui leur vaut d’être encore les plus gros fournisseurs du Royaume-Uni. En 1908, en effet, les entrées de viande morte, en provenance de l'Argentine, ont égalé celles de viande abattue aux Etats-Unis 1. Or le commerce maritime du bétail, nous l'avons souvent remarqué, tend à disparaitre pour le plus grand profit des éleveurs argentins. L’Australasie contribue pour 12 o/o, le Canada, pour 10 0/0 à l’approvisionnement du marché de la -viande en Angleterre. L'Europe n’est guère représentée sur ce marché que par les produits danois, (9 o/o des entrées) et hollandais (4 0/0). On ne manquera pas de remarquer l'essor vraiment étonnant du commerce danois, qui se place au cinquième rang, serrant encore de près celui de pays neufs comme le Canada et les colonies australasiennes. Il consiste principalement en viande et graisse de porc. L'Amérique du Nord est encore à cet égard le plus gros fournisseur du Royaume-Uni. Mais c’est l'Argentine qui l’approvisionne en quartiers de bœuf, l'Australasie en carcasses de mouton. Les colonies anglaises ne contribuent encore que pour 23 o/o aux importations, et pour 10 o/o à l’approvisionnement total du marché britannique ; sur ce marché, les produits proprement étrangers figurent pour 36 0/0, soit plus du tiers.
Quant aux produits de laiterie, — c’est par eux que nous terminerons cette revue, — il est à noter que le beurre vient surtout de l'étranger, le fromage des colonies. Sur 4229 000 cwts. de beurres importés, 3 270 000 sont de provenance étrangère, 959 000 seulement de provenance coloniale. Au reste, ici encore, une évolution est en train de se produire : les vieux fournisseurs, en général assez rapprochés, tous situés en Europe, et dont le Danemark est le plus important,
(1) Elles se sont élevées à 5 444 086 cwts.. Les entrées de viande en
provenance des Etats-Unis ont atteint 5 517 487 000 ewts., après avoir été de 7 110 827 cwts. en 1904,
paraissent depuis quelques années perdre du terrain. Les produits de Russie (Sibérie), d'Amérique et d’Australasie, s'ils ne les supplantent pas encore, bénéficient à peu près seuls de l'extension du marché. Quant au fromage, à lui seul, le Canada en fournit les trois quarts.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur les importations de produits alimentaires, un fait très important nous apparaitra, qui se dégage de nos longues explications. De cette masse énorme de denrées, représentant plus de 5 milliards de francs, qui alimente les trois cinquièmes de la population britannique, la plus grande partie, 80 0/0 environ, vient de l’étranger, un cinquième seulement des colonies f, bien que certaines d’entre elles, comme le Canada, possèdent d'énormes étendues de terres à blé, merveilleusement fertiles, et que d’autres, comme l'Australie ou la Nouvelle Zélande, se prêtent particulièrement à l'élevage que, d’ailleurs, elles pratiquent en grand.