‹ La crise et lʹévolution de lʹagriculture en Angleterre de 1875 à nos jours, essai dʹhistoire économiqueChapitre 8 sur 90 · CU · texte numérisé non relu

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Di environ par hectare.! Lorsque disparurent les barrières douanières, lorsque, par les bills de 1846 et de 1849, fut inaugurée la liberté des échanges, l’agriculture était déjà parvenue à un très haut degré de développement ; elle était bien, comme on l'a dit, la première du monde, sauf dans cette malheureuse Irlande, où le manque de capitaux et d'initiative avait entravé

tout progrès.

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Aussi bien la révolution économique de 1846 ne se fit-elle pas dans l'intérêt des campagnes. Par ses racines, elle plonge très avant dans le mouvement intellectuel et philosophique du XVIII: siècle et des premières années du XIX°: c'est un des multiples aspects de l'explosion de libéralisme qui marqua cette époque, libéralisme intégral qui ne s’appliquait pas seulement au commerce international, mais s’étendait encore à l’activité industrielle dont il balayait la réglementation touffue, et qui, débordant du domaine économique, régnait dans la politique théorique comme dans la littérature ; elle est fille de la physiocratie, sœur cadette de la Révolution française et du romantisme.? Les faits lui fournirent seulement l'occasion de se réaliser. Au temps de la politique prohibitionniste, les intérêts agraires dominaient la politique anglaise. Des 5 1/2 millions d'habitants que possédait l’Angleterre à la fin du XVII: siècle, 240 000 seulement s’occupaient

(2) Cf. W. J. Ashley: The Tariff Problem. — 2% ed., London, King and son, 1904. — pp. 1 sq..— Cobden, dans un discours du 3 mai 1843, prononcé au théâtre de Drury Lane, déclarait faire la guerre à tous les monopoles. {Cobden. — Petite Bibliothèque économique. — Paris, Guillaumin. — pp. 57 sq.)

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d'industrie, 244 000 de commerce et plus de deux millions représentaient les landed interestsA A la fin du XVIII: siècle, au commencement du XIX®, la situation avait totalement changé : une révolution industrielle, suivie d'un 1incroyable essor, avait multiplié les manufactures; la vapeur avait accru leur puissance de production; et l’agriculture avait à jamais perdu sa prépondérance. La moitié de la population au moins vivait du commerce et de l’industrie. Or les produits s’accumulaient sans parvenir à s’écouler ; les pays étrangers avaient fermé leurs portes ; le monde ouvrier traversait une crise. Reprenant l'argumentation de l’école physiocratique et d'A. Smith, on dit alors : Les produits s’échangent contre les produits; pour vendre, il faut acheter. L’étranger produit des matières brutes et des denrées agricoles ; l'Angleterre fabrique à meilleur marché les articles manufacturés. Pour écouler ceci, il faut prendre cela. Et l’on sacrifia l’agriculture à l’industrie? Les évènements d’ailleurs semblaient conspirer contre elle. De 1838 à 1841, de mauvaises récoltes consécutives avaient relevé le prix du blé. Après quelques années normales, le déficit reparut en 1846, entrainant la famine en Irlande. Le droit de douane, renchérissant le pain et les denrées de première nécessité, n’en parut que plus odieux. Cobden et John Bright en réclamaient depuis longtemps l'abolition. Devant la clameur publique, en 1846, le Parlement dut abroger les Corn Laws, sur la proposition de Robert Peel, qui jusque là, lui-même, en était resté l’ardent défenseur. Trois ans plus tard, les derniers vestiges du protectionnisme disparaissaient.#

(1) L. Brentano : Origine et Abolition des droits sur les céréales en Angleterre. — Rev. d'Economie Politique, t. VI, 1892. — p. 180.

(2) Cf. L. Brentano, loc. cit., pp. 181 et 184.

(3) Cf. Discours de Cobden prononcés le 25 août 1841 aux Communes et le 13 mai 1843 à l'Opéra de Londres (Cobden, pp. 12. sq.; 86 sq..)

(4) Il ne faudrait pas croire que l’act du 26 juin 1846 permit l'entrée libre du blé. Il maintenait l'échelle mobile, mais en modérait fortement

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