CE QUE NOUS DONNONS
LE MOVEN-CONGO AYANT AU SUD LA RIVIÈRE SANOHA POUR FRONTIÈRE AVEC UNE BANDE DE TERRITOIRE DONNANT ACCÈS SUR l'atlantique AU-DESSUS DE LIBREVILLE.
C'est alors que les journaux commencèrent à publier des cartes représentant les énormes cessions territoriales en projet.
, , . . . L'opinion française fut stupéfaite
L opmion mise ,11 ' , . ,
, . .^ et douloureusement surprise de ce en présence du fait , , . „„ ^
nu on lui annonça. Llle commença accompli. , , " ~ . , ,, *
a trouver tout a tait étrange 1 attitude de son gouvernement et ses efforts continus pour que la vérité sur les négociations ne soit connue qu'après que des engagements fermes ont été contractés.
M. Caillaux sentit le besoin de rassurer l'opinion qui s'émouvait. Dans son discours d'Alençon, le 24 septembre 1911, il déclara :
Qu'il s'efforce de régler la question marocaine avec l'Allemagne <( de telle façon que la France ait sa pleine liberté d'action
LES CAUSES a55
dans une contrée qui touche aux parties essentielles de son empire africain » .
Le président du Conseil refit k nouveau sa théorie :
Les affaires — et à la vérité il s'agit d'une affaire qui se débat — ne sont bonnes que quand elles sont à l'avantage des deux parties qui contractent. (Voir Le Matin, 25 septembre 1911.)
Le 12 octobre 1911, on apprit que M. Cambon avait paraphé la veille le document relatif au .Maroc.
L'accord marocain donne, à la France : le protectorat politique; aux puissances : la liberté économique; à l'Allemagne : une compensation à déterminer » , constata Le Journal (12 octobre 1911).
On enregistra ainsi une première et considérable reculade, par rapport aux assurances de M. Caillaux. Nous ne voulions céder un morceau de Congo qu'en ayant les mains absolument libres au Maroc à tous les égards. Or, alors que, dans l'accord de 1904, nous avions accordé à l'Angleterre la libre concurrence commerciale au Maroc pendant trente ans seulement, l'Allemagne a obtenu pour elle et pour toutes les autres puissances, donc y compris l'Angleterre, sans limitation de durée, tous les avantages du régime d'internationalisation économique, de telle sorte qu'eu réalité la France s'est engagée à ne tirer aucun avantage économique qui lui soit particulier de son protectorat marocain. Tout cela fut concédé à l'Allemagne, contrairement aux promesses faites par M. Caillaux, contrairement aux volontés de l'opinion dont on se cacha soigneusement. Comme le remarqua très justement M. Sembat dans L'Humanité : « Il s'agit à la rentrée de mettre la Chambre et la France en présence du fait accompli. « (Cité par Le Matin, 13 octobre 1911.)
35€ LA CRISE FHAX^ÇAISK
Or, bien que la France eût perdu la partie au Maroc sur un point essentiel, elle consentit néanmoins à discuter la cession des terres congolaises.